Indre-et-Loire paysages urbains

33 paysages ville avec une classe bac pro vente


Tours, lycée Victor-Laloux – séance 1, le 21 décembre 2006, classes TBPCOM 1 & 2.

But de l’expérience : du côté de l’université (équipe de pilotage Michel Lussault, prdt de l’université, Martine Pelletier, vice-prdte, Serge Thibault, Maison Sciences de l’Homme et Laurence Vet, lycée professionnel Victor-Laloux), affronter la sur-sélection qui frappe les étudiants venus de bacs professionnels. Sur-sélection qui s’exprime plus que brutalement dans les chiffres : des 115 bac pro + 127 STT + 25O STL/STI accueillis, sur 4800 bacheliers en filière générale hors IUT, 5 passent en 2ème année… Donc comprendre, et anticiper via la mise en place de cet atelier commun, où des étudiants en master géographie et urbanisme, sciences de la ville, partageront les séances d’écriture avec deux classes de vente, stages en hypermarché.

Cette première séance est au lycée, il s’agissait de faire connaissance, avant la rencontre avec les étudiants. J’ai proposé un principe narratif simple : vues immobiles avec cadres. Fenêtres sur le monde. C’est le titre d’un livre (Raymond Bozier, Fayard, 2002) que j’avais apporté : 37 fenêtres chez lui. Elles peuvent être en mouvement (train, pare-brise de voiture, bus de ville), elles peuvent être récurrentes sur paysage fixe (chambre, salle de cours). Mais le cadre conditionne la vue, et la façon dont on l’écrit. On a regardé de près Bozier : utilisation de phrases nominales (une des fenêtres devra être écrite sans verbe : d’où ces énumérations et accumulations si belles où ils et elles se sont lancés). Et tant pis si le mot bagarre s’écrit soudain comme jaguar : baguar.

Se forcer aussi à ce qu’un des textes, pour chacun, se situe dans l’univers du stage professionnel, puisqu’ils en reviennent, des hyper et galeries aux portes de la ville. Et s’il n’y a pas de fenêtre, qu’on s’assoit sur le banc devant le Xanaka, c’est cela qu’on écrira. Ou, dans le texte ou le mot facing vient dire ce qu’on fait pendant 8 heures (mettre en rayon), la perception de ce qui est en mouvement remplace la perception de ce qui est fixe. Ces textes sont riches aussi parce qu’ils ne rentrent pas dans une description urbaine saturée : on a ces villages endormis devenus satellites, ou ces trois textes (à la fin) d’un Romorantin sinistré. On a une description du monde qui s’établit sur un autre équilibre : cinétique des circulations et déplacements qui devient le point de gravité, notion dépersonnalisée du « bâtiment » opposé au vocabulaire des anciennes maisons avec cour, cabane et jardin.

Ai été surpris, et chacune des classes d’ailleurs, par l’étrange beauté presque cinématographique (omniprésence de la nuit : on écrivait un 21 décembre) des textes. La façon dont les fragments autonomes que chacun écrivait séparément refabriquaient un parcours qui était une image esthétique précise de la perception individualisée du monde (perception individualisée quand ce qu’on décrit ne l’est plus : là aussi, notre enjeu dans cette expérience). Manifestement, une confiance des deux classes envers leurs deux enseignantes, et aucune hésitation à se risquer même sans idée préalable, de leur part, de ce qui pouvait en sortir (« alors, monsieur, on écrit ce qui nous passe dans la tête ? »).

Mais, pour la première fois de ma vieille expérience, je découvre au moment de la recopie qu’à peine un petit tiers des élèves ont mis leur nom sur la feuille. On veut bien faire un truc bizarre, mais non le revendiquer comme signature. L’écrit ne nous exprime pas. Je prends acte, mais jeudi soir je leur distribuerai un tirage et leur demanderai les signatures : qu’ils comprennent que oui, ils peuvent en être fiers et que ça se signe.


1
magasin : un carton au sol en premier plan, ensuite allée avec en visible les pieds et jambes des clients _ vue faite à la hauteur du carton
lycée : premier plan grandes grilles imposantes, groupe de personnes rassemblées derrière les grilles, sac de cours empilés les uns sur les autres
sous le pont : musique, discussions, le sol a été retourné la terre est visible _ l’herbe commence à repousser, endroit calme et la Loire coule tranquillement : elle suit son cours
en voiture : le son, il fait chaud, chauffage en marche, toujours cette route que je n’aime pas, encore quelques minutes et on est arrivés
ma chambre : au 13ème étage, vue sur le passage des trains et sur de nombreux immeubles les uns sur les autres, entassés, qui dominent la ville

2
debout devant la fenêtre, médecin femme sur un fauteuil roulant pleure peut-être sur le point d’accoucher
des ambulances avec des gens à l’intérieur devant les portes de la clinique
plein de voitures sur le parking, d’autres plus loin au feu rouge en direction d’Auchan des lampadaires, des bus, des arbres, plein d’herbe verte et de la terre, un escalier accompagné de rampe, un homme fume d’autres discutent
la nuit tombe, les lampadaires éclairent les voitures, au feu la police interpelle une voiture feu clignotant cassé à l’avant

3
fume ma clope, des gens rentrent et sortent du magasin, des voitures plein le parking, Michel ramassant les papiers et mégots qui traînent, Sergio nous fait des grimaces, Fanny qui parle avec Jo et Béa de loin -– et du pont arrive, le silence s’impose le temps qu’ils passent une mère crie après son enfant, la pose est finie je rentre (derrière la porte d’entrée au travail)

4
fenêtre d’un balcon d’un appartement : vision vue du haut, les arbres petits, les personnes comme des fourmis, les HLM deviennent moins grands, la vision vue de haut devient une vue d’ensemble, tous les bâtiments, toutes les lumières, toutes les voitures qui passent, les réverbères
baie vitrée d’un bar : des voitures garées, la terrasse, es chaises, ses tables et des personnes qui passent _ en face, des commerces, des restaurants, la rue et ces voitures en mouvement
une vue où tout est minuscule, de la montagne, des lacs, des champs, les routes, les nuages tout près de soi_ des quartiers, des villages et des villes, rien ne bouge, tout est statique sauf l’avion qui avance

5
Ma chambre donne sur la maison d’en face. Quand je regarde dehors, je vois le jardin de mon père où il y a que du poireau dedans en cette époque. Je vois la fenêtre de chambre de mon voisin. Etant petits, on se parlait tous les deux à la fenêtre afin de se raconter notre journée. Cela était sympa. Cela me manque de temps en temps. Entre nos deux maisons, il y a du grillage vert.
Il y a un parking. Dès l’ouverture, les gens se précipitent dans le magasin. Les gens ressortent, les bras encombrés de cadeaux, ils les déposent dans leurs coffres, redémarrent puis repartent le sourire aux lèvres.
S’amuser entre amis, bowling, cinéma, restaurant, alcool, étouffer de rire, blagues, rires pour ainsi finir la journée chacun chez l’autre.

6
La fenêtre de ma chambre donne sur un champ immense. Ce champ est en construction, on peut donc y voir des grues. Des hommes travaillent, montent des parpaings les uns sur les autres, ils voient d’autres hommes qui crient comme donner des ordres.

7
Sorties entre amis, boîte de nuit, alcool, danse, rire, plaisanter, s’amuser, s’endormir sur les banquettes, dispute, baguar, videurs, bar, DJ. Tous ensemble faisant la fête pour les 20 ans d’un copain. Les garçons déguisés en fille, buvant, dansant, chantant, rigolant, plaisantant, vomissant, fumant.

8
parking avec des voitures
grands bâtiments
ambulances
gyrophares
la route
les champs au loin
les visiteurs, des fourmis
de cet étage chambre 204

9
Les lumières de la ville éclairent, les voitures roulent vite, il est tard, les papiers du samedi volent, les klaxons sonnent, les embouteillages sont là, tout le monde se presse sans trop savoir pourquoi, le vent et le froid rendent triste chaque endroit, tous les endroits de nature semblent morts et froids. Des branches sans feuille : que des bouts de bois. Fenêtre de bus le samedi soir.
On voit une boulangerie et un grand sapin, un potager, de l’herbe et des buissons, une haie, du bois, une bâche et es cordes, du linge, une bassine, des enfants, du vent. La fenêtre d’une maison d’avant.
De haut, on a cette impression de supériorité, de comprendre : il y a des lumières, plein de vêtements, de gens. Les hauts des quais.
Etam, des bus, l’arrêt de bus et la route. Le devant du magasin.

10
Une intersection donnant sur une deux fois deux voies, une longue route remplie de voitures et infinissable jusqu’aux feux, échanges de regards fuyants entre automobilistes, dans la voiture son Rn’B pas trop fort toujours à l’écoute de la voiture et de la route. Le silence, sentiment d’être seule, tout le monde chez soi, échange de regards, nuit blanche, mémoire d’abus : le matin succède au soir, on rêve plus, on prend le temps.

11
Une haie devant des carcasses de voitures empilées telles une montagne. Sur la route, des voitures et des camions circulent. La zone.
Une route, quelques véhicules, au loin une voie ferrée, les trains et une usine. Salle de pause.

12
trajet jean jaurès à chez moi _ le boulevard est éclairé car c’est l’hiver _ le bus avance pas _ j’en ai marre _ j’aimerais bien avoir mon permis
des gens sous le pont, à gauche la loire, derrière les marches, les arbres – plus loin la ville
la nuit, les gens qui défilent autour de la voiture _ loin devant, des lumières rouges et de la fumée _ les gens sont heureux car on est en plein dans la fête

13
des gens partout dans la pièce et je n’y comprends rien _ moi je dors tout le temps et des fois je mange _ je trouve ma branche très jolie, mais je m’ennuie un peu quand même et je vois la vie en vert (l’iguane d’une copine dans son aquarium)

14
1
je vois la route
une deux fois deux voies
des camions des voitures du bruit
de l’herbe juste devant
une résidence en face : c’est tout
2
comme il n’y a rien à faire pour s’occuper
dans le quartier on squatte les murs
parler de tout et de rien
on compte le nombre de voitures qui passent
3
du monde
à Carrefour on ne voyait que ça
toujours rempli
4
entre midi et deux
sur le banc dans la galerie
devant le Xanaka
5
8 heures ou 9 heures à l’intérieur : c’est vrai que quand on sort dehors le soir
on respire
6
mon quartier
rien
que des bâtiments
7
Vendôme Tours
je la connais par cœur la route
même les yeux fermés je peux y aller
8
toujours la même route
marre de la faire la route
ça fait chier qu’ils aient coupé les arbres à Monnaie : maintenant c’est tout nu, avant ça faisait un autre paysage

15
Rien ne change derrière cette fenêtre, pourtant chaque jour est différent.
Je ne me lasserai jamais de regarder la vie se dérouler derrière cette fenêtre.
Paysages qui défilent derrière cette fenêtre d’autobus. Je regarde les paysages qui s’offrent à moi : c’est génial. Je vois des maisons, je vois des villes et des campagnes, je vois la nuit qui tombe et ça m’apaise.

16
Le Velux donne sur un toit. Des pigeons vivent sur ce toit. D’ailleurs ils font vraiment beaucoup de bruit et dérangent quand on dort. Le ciel est parfois bleu, gris, blanc ou orangé. Cette vue ne change jamais (sauf quand le temps varie).
Une masse de clients marchent dans le même sens aux allures différentes. Tous ces gens ont des idées différentes, qui se lisent sur leurs visages.
Une rue qui donne sur le château, de chaque côté de celui-ci deux rues, une mairie, un parking, deux boulangeries, une église, un collège, un château d’eau, un supermarché, un théâtre.

17
1
un parking peu rempli
une route avec beaucoup d’affluence
la ville dans beaucoup de lumière
des bâtiments éclairés
la nuit mais en même temps le jour
seule mais en même temps nombreux
2
le froid qui tombe dessus
la journée qui est passée trop vite
embauché quand il faisait jour, débauché quand il faisait nuit
la coule, puis le silence
la lumière, la pénombre
nombreux, puis seule

18
un arbre qui sert de rond-point ans la cité où les enfants apprennent à faire du vélo, un tourniquet, des maisons identiques
une cour vide avec un mur en pierre autour, derrière ce mur un grand noyer où les oiseaux viennent se poser et chanter, derrière le noyer les champs : après les champs, la forêt
une rue vide avec les lampadaires peu éclairés, des bâtiments de chaque côté, au fond le château éclairé en bleu
un parking, une rue, un magasin vu de derrière, quelques voitures qui passent, d’autres qui s’arrêtent, quelques personnes qui regardent mais qui ne restent pas, car il pleut : c’est sombre et triste

19
de la fenêtre de ma chambre je vois un toit, des oiseaux, le ciel

2m1, je verrais bien un monde riche

des regards faux, des mouvements brusques : l’effet de l’alcool

foot, ballon, courir, terrain, stade

facing : réapprovisionnement, étiquettes, client, ARGENT

des personnes qui bougent, des bus qui passent, la nuit qui tombe

20
Une grande porte grillagée, du barbelé, ça fait peur. Un sale temps. Du vent, du brouillard, des matons qui passent dans cette immense cour. De cette fenêtre, il n’y a pas grand chose à voir.

21
une petite fenêtre, une marre, pelouse anciennement des chevaux, à présent des immeubles
paysage triste, de la fumée, usines, es avions, des trains de marchandise
toujours le même paysage : l’aller et le retour sont identiques, même paysage, les gens habituels dans le bus, odeur du café et haleines puantes du réveil
une porte fermée, des fenêtres, des barreaux, un évier, des lits superposés, un grillage immense : une puanteur, de la haine
un stade, des poteaux, une piste, des voitures qui roulent, une tribune, il pleut, de la boue, des arbres, un grillage blanc
lampadaire éteint, nuit calme, des étoiles, un froid, plus rien ne bouge, statique : la rue est vide

22
Le bâtiment est aussi blanc que les blouses des infirmières. L’odeur on la connaît. Dehors il fait froid, la neige va sûrement arriver à recouvrir l’ensemble du parking. Après quoi, tout sera blanc jusqu’aux véhicules transportant les blessés. Seules gyrophares apporteront de la lumière et de l’espoir aux malades. (HÔPITAL)
Les animaux sont prisonniers, ils se ressemblent car ils dégagent ce même regard triste. Ils mangent lorsque l’homme décide et peuvent garder leur progéniture si la grandeur de la cage le permet. Ils vivent pour donner de l’attractivité aux hommes. Les animaux se déplacent toujours en groupe, la peur de se retrouver seuls les effraient. (ZOO)
Les gens sont stressés, la plupart ont un regard sévère. Ils se poussent les uns, les autres. Les plus jeunes cèdent leur place aux plus âgés. Le bruit des cartes de bus qui valide les entrées des passages retentit souvent. Le chauffeur reste tout de même souriant. (DANS LE BUS)

23
Fenêtre de chambre. Devant la vue est moche, les bâtiments se montrent droits, immobiles. Le vent souffle dans les branches du peuplier qui se balance. L’herbe au sol est loin d’être verte, tellement balayée par les coups des jeunes footballeurs.
Le temps s’écoule et la nuit tombe, seule l’imagination peut le dire : l’impression de temps arrêté. La vue dans mon lieu de stage.

24
Cabane au fond de mon jardin, où mon père travaille dès le lever du soleil. Terrain vague derrière chez moi et les vignes au loin. Un grand arbre sur ma gauche, où les feuilles tombent en automne
7h30 en hiver, je gratte la gelée du matin, me dirige vers l’école avec des personnes qui n’avancent pas. Un feu rouge qui dure trop longtemps et j’arrive en retard à l’école car il n’y a pas de place le matin.
Fin de journée, des gens dans la rue Nationale, fatigués, amende de 11 euros à cause du parcmètre car le temps est dépassé.
Des voitures qui brûlent sur un parking e quartier : les pompiers et les CRS autour pour constater.

25
Il y a du brouillard, les feux illuminent la route, les bandes blanches introuvables, les panneaux, les ronds-points, la buée, la bonne voie de circulation et les bandes de bus.

26
La nuit qui tombe, des voitures qui passent plus ou moins vite, du vent, il fait froid, quelques lumières rouges orange vertes, le temps qui passe, les minutes qui défilent.
Une balançoire, des enfants qui jouent, un ciel bleu, des fleurs, du soleil aperçu d’un toit de maison, du grillage.
Des personnes au loin qui courent sur un stade, un gymnase blanc, un parking à moitié rempli, il est 10h45, envie d’aller dehors. Quelques personnes fument, d’autres discutent.

27
7 heures, brouillard, je ne vois pas le sol, j’aperçois des taches jaunes, les lampadaires du haut du 5ème étage le brouillard est compact et forme un bloc, au-dessus le ciel est clair.
Froid, il fait très froid. Les mains mouillées après avoir essuyé la buée sur le pare-brise de la voiture et la température ne monte pas, car le bouton est cassé.
Stage. Les gens passent devant et n’entrent pas. Je m’ennuie.

28
le stage : sans paysage
le magasin : tôt le matin
des rayons : avec des gens sans impression
des produits, et quand c’est fini
c’est déjà la nuit

29
Ma chambre donne sur la route du bourg et derrière la route se trouvent un cimetière puis des bois. (FENÊTRE DE MA CHAMBRE)
Le soir toujours des phares, des pleins phares, puis le château, l’église illuminée, après : le noir, ou encore des phares. (MON PARE-BRISE)
La route, les voitures, les maisons, des champs et puis les gares, des usines et puis un très grand noir, le jour et encore un grand noir, c’étaient deux tunnels et puis des gens impossibles à identifier. (DANS LE TRAIN)
Le soir, que des lumières. Une ville vide et puis un pub, un parking où on s’arrête pour découvrir le pub. (ROMORANTIN)
Je sors, il fait nuit. Le parking vide après le porche et nos voitures à côté de la benne à ordures. (MON LIEU DE STAGE)
Le soir sortie de boîte, la gueule en vrac. Mal rasé, et je suis fatigué, les yeux explosés. (LA SALLE DE BAIN)

30
Chaque matin du brouillard, la nuit, le froid. Un grand sapin, des guirlandes. L’herbe gelée, la lumière du voisin, d’étranges ombres.
En face un restaurant, plus précisément une pizzeria. Une devanture orangée, des lettres vertes. Vers 17h, la ville s’éclaire, les décorations de Noël s’illuminent, clignotent parfois. Les vitrines du magasin se reflètent dans celles du restaurant, très joli.
Devant, de nombreuses voitures, à la même heure je croise souvent la même, une rouge. Le matin, les feux tricolores, les phares des voitures, les lumières des maisons, en réalité que de clarté dans cette pénombre.

31
Quelques lumières dans les immeubles, le jour se lève.
Toujours le même trajet, les mêmes personnes, le radiateur au pied, les feux, les voitures qui passent.
En face, le magasin Soho. Plusieurs personnes passent, d’autres entrent et repartent avec des achats. Des personnes mangent et parlent.
La pharmacie à l’angle de la rue. Des enfants jouent dans le parc, des voitures roulent à vive allure. L’église, le manège ne tourne pas, des gens dans la rue, habillés chaudement. Vendeur de bonbons, les rues couvertes de neige.

32
Cour de l’ancienne maison. Arbres, garage, allée en cailloux, petite cheminée blanche. Un peu plus loin, champ vert avec trois arbres. Et encore plus loin une forêt.
Les lumières, les phares des voitures. Les illuminations de Noël, les gens, les tunnels où les pierres défilent.
Une étendue d’eau, des vagues, le soleil qui se couche et qui se reflète sur l’eau. Des oiseaux qui passent, des gens qui se promènent et qui sourient.
Un chemin blanc tout abîmé, une ligne d’arbres mal plantés, un terrain de basket détérioré, un vieux terrain de foot et l’internat des garçons, cet immonde bâtiment gris.
Une rue, un magasin en face. Des gens avec leurs pochettes qui se promènent, qui regardent, des voitures qui défilent.
Une allée piétonne, une trentaine de magasins, trois pubs, une dizaine de bars, un Mac’Do, un E. Leclerc, un Bricomarché, un Gifi. Enfin, deux zones commerciales, sans oublier un Décathlon où Christopher me fait signe : ça c’est Romo.
Derrière mes lunettes : des tables et des chaises, en face Maud, Déborah, Virginie qui discutent, et puis l’autre Maud.

33
Une cour, un mur, un portail
Une rue, un champ, une cabane
Un étang, une ligne de chemin de fer, des bois

Un chemin goudronné
Des arbres verts
Un terrain de basket
Un grand bâtiment

Un tunnel
Un bruit assourdissant
Les rails, un wagon
Des passagers
Des discussions
De la lumière artificielle

Le stage
Magasin
Clarté du soleil
Dans la journée des gens qui marchent
La nuit, le soir, la sortie, de l’air
Et des lumières magnifiques, c’est Noël

Romorantin
Désert
20 000 habitants
Personne ne se promène
C’est triste
Que des magasins en liquidation


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 8 janvier 2007
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