Je n’écrirai jamais un roman qui ressemble à un guide touristique, même si une histoire a besoin de lieux pour s’ancrer dans le réel. Dans mon roman, seuls les lieux géographiques nécessaires à l’intrigue seront évoqués, des lieux que je connais bien.
Je n’écrirai pas de saga. C’est trop long, demande trop de documentation. Et puis j’aime les textes concis.
Mon roman ne sera pas de science-fiction. Extrapoler sur les données de la science pour décrire un état futur du monde demande une imagination et un courage que je n’ai pas. Notre monde actuel est déjà bien assez angoissant. Je préfère me cantonner à l’ici et maintenant. D’ailleurs, je lis très peu de science-fiction
Mon roman ne sera pas une dystopie. Ce genre est bien trop inquiétant et glauque.
Je n’écrirai pas non plus le roman de ma vie. Toutes les vies sont des romans, alors pourquoi la mienne plutôt qu’une autre. Je suis néanmoins consciente que certains des épisodes de mon existence, alimentent, ça et là, mes histoires. On ne peut écrire un roman qu’à partir de ce que l’on est et de ce que l’on a vécu, enrichi de son imaginaire.
Je n’écrirai jamais de roman dans une langue étrangère, je ne connais que ma langue maternelle. J’ai déjà suffisamment de mal à l’utiliser correctement.
Je n’écrirai pas un roman philosophique, ni un roman à thèse, c’est bien trop compliqué pour moi.
Je n’écrirai jamais un roman mal foutu. J’ai besoin d’une forme, d’une structure pour déployer mon écriture. Même si je peux m’autoriser des respirations, des digressions, privilèges de celui qui écrit et reste maître de son texte.
Je n’écrirai jamais un roman sur une question que je ne me pose pas. J’écris pour trouver des réponses aux problèmes que je rencontre, pour mieux me connaître.
Je n’écrirai jamais un roman dont je ne connais pas la fin, même si, au cours de l’écriture, celle-ci peut changer. Le roman commencé devient alors un autre roman.
Je n’écrirai jamais un roman dans lequel la nature est absente, elle est mon univers premier.
Je n’écrirai pas non plus un roman où les personnages sont des archétypes. À vrai dire, c’est une question qui ne me vient pas à l’esprit.
Je n’écrirai pas un roman sans amour, sans sexe, sans cuisine, sans odeur, sans beauté et sans laideur, sans mauvais sentiments et sans grands sentiments, tout cela fait partie de la vie.
Je n’écrirai pas un roman si compliqué qu’il faudrait prendre des notes pour s’y retrouver. Même si j’admire ceux qui sont capables d’en écrire.
Je n’écrirai pas de romance, ni de littérature destinée au jeune public, ni de bande dessinée. Je laisse ces genres aux spécialistes
J’essayerai seulement d’écrire le roman que j’aimerais lire, qui peuplerait ma vie, qui l’enchanterait de la musique de ses phrases qui surgissent, qui coulent et qui parfois m’étonnent.
Je n’écrirai jamais un roman sans plaisir, car j’écris par plaisir.