
Non, je ne serai pas toujours celui qui fait classique.
Evidemment que je peux distinguer deux sources d’inspiration à mes Disparités de disparitions. Et c’est même très clair, il y a tout ce qui remonte de mon enfance occitane, celle qui trimbale des lavoirs où parlementent des femmes, des forges enfoncées dans la pierre, des barrières d’octroi fantômes. Mais il y a aussi tout ce qui remonte de mon enfance Baabudu, celle qui trimbale des arbres à palabres d’hommes, des forges au grand jour, une barrière d’octroi encore active quand j’allais à Tambacounda.
Mais non, je ne les opposerai pas terme à terme comme s’il fallait construire un nouveau palais avec des atlas d’un côté et des cariatides de l’autre. Ou un genre de damier alternant le blanc et le noir. Ou encore un tressage secondaire à base de rural et de ville approchée.
Et qu’on n’attende pas non plus de moi que je vienne abouter de sombres rôles remontant à un passé lointain à des formes d’équipement à peine laissés en arrière par la marche en avant. Bien sûr que j’ai eu plaisir à dessiner les dernières cabines téléphoniques de Vienne et le lavoir transitoire du vieux Cahors. Mais je n’écrirai pas pour autant d’histoire reconstituant ce qu’ont pu être les soirées de cet arrière-grand-oncle qui allait chanter pour les moribonds de Croix-Daurade. Ou les rêves de cet arrière-grand-père qui enchaînait les nuits de contrebandier et les journées de maréchal-ferrant.
D’ailleurs, les cabines de Vienne, à la base, je les ai photographiées. Mais qu’on ne compte pas sur moi pour alterner photos et texte à la façon d’un Trassard. Je lui laisse cette manière de faire, le pauvre. Moi, je dessine. Mais ce n’est pas pour autant que je vais te faire une page d’écriture, une page de dessin. Non. Du dessin, il y en aura mais quand ça me viendra. Et peut-être des télescopages de dessins ou des rosaces de dessins. Et pourquoi pas ?
Il y aura bien un genre d’introduction et un genre de conclusion. Mais rien à voir avec ces grands porches qui vous préparent aux hauts plafonds ou qui vous consolent de leur perte. Non, pas quelque chose d’ample, de trop documenté et surtout pas de docte.
« et surtout pas de docte »
Merci Philippe