A propos de Claudine Dozoul

Se balade entre écriture et pratiques artistiques diverses. Animatrice depuis longtemps d'ateliers d'écriture.

#40 jours #34 | il n’est que minuit

Elle s’engouffre dans un immeuble. Une plaque en métal émaillé indique le numéro, quarante-deux. La lourde porte en bois se referme lentement derrière elle, laissant entrevoir dans la lumière du hall un escalier, large, bordé d’une rampe toute en arabesques de fer forgé. La façade est parcourue par un balcon dont une partie déborde de plantes indistinctes dans la nuit. Continuer la lecture#40 jours #34 | il n’est que minuit

#40 jours #33 | money, money

Money, money, tout se paie, tout se monnaie… Money, money, petits, petits, petits, avancez la monnaie, achetez des bribes, achetez des débris, par ici, par ici, il n’en reste que quelques exemplaires, éclats limés du paradis, mis aux enchères. Dégoût Money, money, ne donnez plus vos vieilles affaires mais grâce à l’application Trucmuch vendez-les sur internet. Ne prenez plus d’autostoppeur Continuer la lecture#40 jours #33 | money, money

#40 jours #32 | fugaces

Fugaces et incertaines les images. Celles d’un banc. Ici dans un parc à Moscou, là le long du canal st Martin à Paris. Deux hommes assis. Ici, qui ont à voir avec la littérature, là deux employés copistes. Et, une route à quatre voies, pont au-dessus d’une grande ville au Japon, les voitures arrêtées, heure de pointe, descendre au niveau Continuer la lecture#40 jours #32 | fugaces

#40jours #30 | Des voix, des corps

Derrière chaque porte close fermée à double tour cadenassée, une éraflure, une écorchure, une blessure, une peur – secrètes – accessibles par les soupirs qui suintent de la serrure. Derrière chaque porte entrouverte un désir en gestation, une envie libérée, une soif de séduire. Derrière chaque porte des corps, des voix. Il mène à l’inattendu. Qui ? L’âne ou le Continuer la lecture#40jours #30 | Des voix, des corps

#40jours #29 | Picard

J’ai choisi le catalogue Picard en souvenir d’une exposition vue à la Maison Rouge à Paris qui présentait le travail de Marco Decorpeliada (1947-2006). Il existe, à ses yeux, une correspondance entre les codes attribués aux troubles mentaux dans la dernière née des classifications psychiatriques, le DSM IV (Diagnostic and Statistical Manual – Revision 4), et les codes des produits Continuer la lecture#40jours #29 | Picard

#40 jours #28 | la pinte

Elle s’était posé cette question elle ne sait plus à propos de quoi. Mais en y réfléchissant  elle se rappelait avoir lu un article sur l’oniomanie (addiction aux achats) qui avait dû l’induire. Elle n’était pas oniomane. Elle aimait beaucoup magasiner comme disent les québécois mais ce qui lui plaisait c’était d’aller fouiller dans les boutiques de vêtements ou autres. Continuer la lecture#40 jours #28 | la pinte

#40 jours # 27 | le retour

Serait-il possible que vous soyez la Rose que j’ai connue ? Parce que votre prénom est bien Rose ? J’ai bien entendu n’est-ce pas ? Ça fait combien de temps maintenant ? Vingt-cinq ans ? Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour revenir dans la région ? On peut se tutoyer ? On se tutoyait. Tu étais partie loin ? Peut-être à l’étranger ? Tu voulais vivre au Canada, Continuer la lecture#40 jours # 27 | le retour

#40 jours #26 | coup de fil

Quand le mec au téléphone lui a raconté sa petite histoire de femme qui se faisait tabasser dans une allée du Plateau des poètes, il n’était guère enclin à la sollicitude. Il a pensé règlement de compte entre ivrognes, il a pensé font chier ! Il rentrait de congés et espérait pouvoir reprendre le boulot tranquillement. Il avait un tas d’anecdotes Continuer la lecture#40 jours #26 | coup de fil

#40 jours #25 | une longue colonne de fourmis noires

http://plateaudespoetes.toile-libre.org/visite.htm#nogo Béziers : frappée, étranglée et sans doute violée, une femme décède au plateau des poètes Midi Libre (mai 2022) Le Plateau des poètes fermé pour cause de crime… Son Plateau… Son jardin… Son enfance… Son innocence… Coule l’eau de la fontaine. Le sang a coulé. Les arbres gardent toute leur dignité. L’ignominie est humaine. La lumière se dessine en Continuer la lecture#40 jours #25 | une longue colonne de fourmis noires

#40jours #24 | meurtre

Une femme assise en tailleur devant une supérette. Avachie, le teint pâle, le regard fixe, un filet d’écume au coin de la lèvre. Morte. Les pompiers. Les flics. Les réseaux sociaux. Une enquête. Débriefing. Le légiste conclue à un empoisonnement par piqûre. Pas de papiers mais un QR code tatoué à la cheville, une montre connectée avec traqueur d’activités sous Continuer la lecture#40jours #24 | meurtre