A propos de Eve F.

Rédige des assignations et des conclusions, défend le veuf et l'orpheline, écrit sur le Droit et son envers, la Justice et ses travers, le bien-être et son contraire, les hommes et pas que, le bruit du monde et ses silences, aussi.

#anthologie #16 | La passe sans porte *

Elles sont deux. L’Une est dans un lit, pelotonnée dans de chaudes couvertures, telle une enfant presque endormie, la tête déjà lourde sur l’oreiller, le souffle lent et sifflant. Elle l’attend. L’Autre arrive, essoufflée, s’assoit, fébrilement, sur un tabouret tout près d’Elle, penche sa tête pour mettre ses yeux dans les siens, prend sa main. C’est la première fois que Continuer la lecture#anthologie #16 | La passe sans porte *

#anthologie #15 | Le poing levé, je crie ton nom, liberté.

Moi, à ta place…. qui parle là ? qui ne sait pas que des mots comme ceux-là, en face de moi, sont…c’est pour toi que je dis ça …dangereux… s’entrechoquent, cognent contre mes tempes, se noient dans ma boite crânienne… le cerveau gauche n’arrive pas à contrôler… le droit est perdu dans un tsunami, le reptilien fait mine de rien, n’en Continuer la lecture#anthologie #15 | Le poing levé, je crie ton nom, liberté.

#anthologie #14 | Je n’oublierai jamais… quoi qu’il en coûte

Elodie, range ta chambre, on ne peut plus mettre un pied par terre, et tous ces livres qui trainent là, ça fait dix fois que je te le dis. Elodie n’en peut plus de cette injonction intrusive sur son territoire, une petite pièce avec un lit, une vieille armoire, son bureau en bois de l’école primaire, des étagères, un papier Continuer la lecture#anthologie #14 | Je n’oublierai jamais… quoi qu’il en coûte

#anthologie #13 | Mille sabords !

Les retardataires sont toujours essoufflés. Ils accourent, quelques secondes avant que le ventre béant du bateau ne se referme à grand renfort de mouvements de câbles et de poulies géantes, vers la rampe d’accès qui sert pour l’embarquement des passagers et aussi à entasser les voitures dans la cale. On monte au premier étage par un escalier extérieur, en métal Continuer la lecture#anthologie #13 | Mille sabords !

#anthologie #12 | Les nuages dans le ciel, l’eau dans la bouteille*

Pas envie de plonger dans les eaux profondes des souvenirs, des escapades, des échappées, belles, même tristes, belles. Ou peur d’y rester ? Ce serait tellement plus facile en ce moment de rester au fond plutôt que se coltiner le présent, le réel du vivant de l’instant. Alors le passé mort et enterré ? Pour F. B. déterrons. Mais vite fait. Il Continuer la lecture#anthologie #12 | Les nuages dans le ciel, l’eau dans la bouteille*

#anthologie #11 | Larguer les amarres

Deux heures que suis ici à les embrasser, les écouter, leur parler, les regarder jouer avec les cadeaux que je leur ai apportés les faire sourire et rire aussi Passé trop vite ce temps avec elles Maintenant m’enfuir de cette salle aux murs jaunes pâles mal éclairée de ce couloir où je ne dois pas croiser leur mère de ce Continuer la lecture#anthologie #11 | Larguer les amarres

#anthologie #10 | Si c’était pire avant, que c’est bien pire après

Plus que quelques heures, peut-être les plus difficiles. Surtout ne pas se focaliser là où ça fait mal, d’ailleurs ça fait mal partout, penser à autre chose. Faire diversion. Alors elle part dans ses souvenirs. Mémoire encore vive du premier mois, elle se doutait qu’il se passait quelque chose, là, dans son ventre, dans ses seins. Elle en souriait, personne Continuer la lecture#anthologie #10 | Si c’était pire avant, que c’est bien pire après

#anthologie #09 | La cabane

On était tous contents de partir en vacances. Les enfants avaient préparé leurs affaires de plage, moi celles de plongée, il n’y avait que Marie qui souriait peu depuis quelques temps et ce matin, manifestement, elle trainait des pieds pour m’aider à tout caser dans la voiture, alors que je savais que ces deux semaines au soleil allaient lui faire, Continuer la lecture#anthologie #09 | La cabane

#anthologie #08 | Roule ta bille

[…] Il s’avance prudemment car on n’y voit pas grand-chose. Pour quelqu’un comme lui qui a oublié ses lunettes avant de s’aventurer là, on n’y voit même rien. Il sent rapidement que le sol bouge sous ses pieds, il tombe et découvre, sous une lumière éblouissante qui jaillit de néons multicolores suspendus au plafond, qu’il est assis sur un tapis Continuer la lecture#anthologie #08 | Roule ta bille

#anthologie #07 | Pleins phares

Passer son tour. Parce que trop d’ombres, pour l’heure, ici, aujourd’hui, pour parler de lumière. Même tamisée. Même en filtrant, en contournant, en tentant des détours et des nécessaires surdités, en s’échappant. Vers hier, ou très loin. C’est sans compter sur la rapidité de l’ombre. Sa ténacité. En ce moment, partout, des ombres font trop d’ombre à la lumière. Lumière Continuer la lecture#anthologie #07 | Pleins phares