A propos de Emilie Kah

Après un parcours riche et dense, je jouis de ma retraite dans une propriété familiale non loin de Moissac (82). Mon compagnonnage avec la lecture et l’écriture est ancien. J’anime des ateliers d’écriture (Elisabeth Bing). Je pratique la lecture à voix haute, je chante aussi accompagnée par mon orgue de barbarie. Je suis auteur de neuf livres, tous à compte d’éditeur : un livre sur les paysages et la gastronomie du Lot et Garonne, six romans, un recueil de nouvelles érotiques, un récit hommage aux combattants d’Indochine.

#anthologie #37 | Âmes tourmentées

1 JE VIS New York par le hublot de l’avion Nous avions entamé la descente et crevé la couche de nuages. J’ai reconnu Manhattan, ses énormes gratte-ciels qui semblaient grimper à l’assaut de notre appareil, dont l’Empire State Building et le World Trade Center avec ses tours jumelles. Les rues formaient un quadrillage géométrique. Les eaux sombres qui serpentaient le Continuer la lecture#anthologie #37 | Âmes tourmentées

#anthologie #36 Etienne monte au coteau

À insérer entre ma #34 Le retour d’Etienne et ma #26 Les bruits et les voix de la culpabilité Après ses effusions avec Ida, l’employée de maison qui veillait sur ses grands-parents, Etienne consulta sa montre :18 heures. Le dîner à « La Maison » serait servi à 20 heures. Il avait le temps de monter au coteau. Il passa par sa chambre Continuer la lecture#anthologie #36 Etienne monte au coteau

#anthologie #35 | Etienne retrouve son village

Rond-point d’arrivée dans un village. À droite une route qui grimpe un coteau, à gauche une impasse. Voix off lui Ç’aurait été une route du Quercy. Il aurait cheminé à pied quelques kilomètres entre des platanes. Il viendrait de prendre le rond-point dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Et puis un homme descendant du coteau l’aurait salué de Continuer la lecture#anthologie #35 | Etienne retrouve son village

#anthologie #34 | Le retour d’Etienne

Dans la cuisine, elle astiquait un cuivre qui n’en n’avait nul besoin. La pâte des oreillettes reposait. Elle savait combien Etienne était friand de ces beignets légers, du zéphir, c’est moi qui raconte que quelqu’un a dit que mes oreillettes étaient du zéphir, le vent ou le tissu, je ne sais pas. Ça m’a plu, voilà tout. Elle tendait l’oreille Continuer la lecture#anthologie #34 | Le retour d’Etienne

#anthologie #33 | Chasse aux papillons

Blanches pierres clarté debout sanctuaire. Éblouissant éternel sacré tour dressée. Mollets nerveux culotte courte enfance. Pas à pas montée effort impatient chaleur été trop de souvenirs. Éclairage précision contours cylindre inviolable. Il regrimpera filet pas épuisette yeux verts aguets chasse cœur battant. Sans bruit papillon beau tellement beau. Géométries couleurs vitraux fascinant tant de souvenirs. Seul fier cachette inviolable vieux Continuer la lecture#anthologie #33 | Chasse aux papillons

#anthologie #32 | Au comice agricole

Note, les phrases en italique sont extraites de L’éducation sentimentale de Flaubert Sa nuit a été courte. Vers onze heures, Étienne arrive au comice agricole du bourg voisin. Une tradition qui perdure dans cet espace rural, un événement traditionnel et festif pour célébrer la ruralité et, surtout, la culture tout à fait locale. Les agriculteurs du coin sont tous là : Continuer la lecture#anthologie #32 | Au comice agricole

#anthologie #31 | Un mort à la table familiale

Note : les phrases en italique sont les dernières de mon texte 26 « Les bruits et les voix de la culpabilité » Étienne s’est arrêté. Il n’entend pas le « hou hou, hou » de la chouette hulotte, ni le chuintement de la dame blanche, ni le coassement des grenouilles du bassin, pas plus que les jappements du chien du voisin. Dans ses genoux Continuer la lecture#anthologie #31 | Un mort à la table familiale

#anthologie #29 | On ne me retient plus (Omaha Beach)

… et toujours on me retient et je ne peux rentrer dans ma patrie. On me tire par ma chemise, on m’oblige à m’asseoir.  … et toujours on me retient. Les habitants sont étranges, pareils à moi et si différents de moi.   Il faut être là, il ne faut pas se tromper d’endroit. Seulement là, pas vraiment à sa place, mais Continuer la lecture#anthologie #29 | On ne me retient plus (Omaha Beach)

#anthologie #28 | Cinq œuvres d’art pour mes textes

Une anamorphose En voyant cette tong échouée sur le sable si lisse, si étincelant de la plage d’Orangea, je me suis d’abord dit : quel dommage qu’elle ne soit pas une harpe, une harpa major ! La chaussure n’avait rien de ce coquillage magnifique : ni sa forme, ni sa taille, ni sa couleur, ni son éclat, ni sa bouche à la lèvre renflée qui Continuer la lecture#anthologie #28 | Cinq œuvres d’art pour mes textes

#anthologie #27 | Trois débuts

1 – Un homme, vêtu d’un blue-jean, d’une chemise blanche, chaussé de mocassins, vient de descendre d’un taxi. Il retient par l’index replié de sa main droite son blouson de cuir rejeté sur l’épaule. Au bout de son bras gauche un sac de voyage, qui en a tant vu. L’homme, que tout Chinatown de New-York appelle Gattopardo en raison de Continuer la lecture#anthologie #27 | Trois débuts