A propos de Romain Bert

J'écris pour mieux lire.

#anthologie #17 | Saint-Pol-Roux

Le dimanche 23 juin 1940, au matin dans un café de Camaret, nous apprenions la terrible nouvelle, l’horreur de ce qui était arrivé. Avant hier, vendredi, il faisait chaud, j’étais monté rendre visite à Monsieur Saint-Pol, là-haut dans son manoir qu’il aimait tant. Ce lieu me plaisait beaucoup aussi et je prenais souvent mon temps à regarder les alignements mégalithiques Continuer la lecture#anthologie #17 | Saint-Pol-Roux

# anthologie # 16 | sans contexte

Il est assis devant la table, ou plutôt gesticule. Et il parle et il parle de tout et de rien, une improvisation de tout qui a fini par se mélanger. Comme il gesticule, les mots s’emmêlent, cela tombe bien puisqu’il s’agit de voyages, d’ailleurs, d’abstraction, un tel sujet ne se prête pas à l’immobilisme. Ne peut-on parler autrement de voyages, Continuer la lecture# anthologie # 16 | sans contexte

#anthologie #15 | « Êtes-vous heureux ? »

« Êtes-vous heureux ? »… Le silence qui s’installe en guise de tentative de réponse est un gouffre… un de ses trous que l’acteur redoute sur scène… « Êtes-vous heureux ? »… La théorie de la relativité générale… vient de s’être posé la question… un des convives entre le plateau de fromages et le dessert, resservi de bon vin, levant son verre à l’assemblée pose la Continuer la lecture#anthologie #15 | « Êtes-vous heureux ? »

#anthologie #14 | c’est fait, ce n’est plus à faire

« C’est fait, ce n’est plus à faire » se prononce d’un trait, mais pas toujours. On l’emploi couramment sans la négation et sans virgule. Après une grande inspiration, sur une profonde expiration à flot continu dire le plus simplement du monde : « c’est fait c’est plus à faire ». Dans certaines variantes on y ajoute le mot « voilà » comme une sorte de Continuer la lecture#anthologie #14 | c’est fait, ce n’est plus à faire

#anthologie # 12 | une seule pour aujourd’hui

Il y a des lieux où l’on arrive toujours de nuit. Chennai par exemple. Savoir que l’on arrive par les parfums étranges qui vous assaillent dès la sortie de l’avion : des pneus brûlés et du jasmin. Autour du taxi en route pour un hôtel des informations qui se contentent d’entrer par je ne sais quelle porte du cerveau et Continuer la lecture#anthologie # 12 | une seule pour aujourd’hui

#anthologie #11 | De nuit

Je n’aime pas conduire la nuit J’en parlais encore au diner Avant de partir Les phares d’un camion rouge s’approchent de plus en plus pour coller au pare-brise Décélérer Deux phares blancs dans le rétroviseur gauche injonction à rester sur ma ligne à m’approcher des phares rouges Jusqu’à ne plus avoir de vitesse À se dégonfler. La sortie n’est plus Continuer la lecture#anthologie #11 | De nuit

#anthologie #10 | de père non dénommé

Marie Celina, numéro 4188 dans le registre de Réception des Enfants de la Patrie. Célina sa mère a trente-deux ans. Elle accouche sous le numéro d’admission des mères 3496. Le 27 mars 1816, Célina nait sous le numéro 1471. À l’âge de trente-deux ans, elle est femme de ménage. Elle habite à Paris. Elle porte, et le relevé du commissaire de police du 9e arrondissement Continuer la lecture#anthologie #10 | de père non dénommé

#anthologie #09 | Envol

Réécrit au présent le 29 07 2024 : Le jeune personnage que n’importe quel acteur jeune peut incarner descend comme chaque matin la rue qui longe le cimetière et cette rue existe toujours, s’y rendre pour repérage pour mieux appréhender ce qui s’échafaude dans sa tête depuis plusieurs matins, depuis qu’il est entré chez ce grand cimentier au service logistique Continuer la lecture#anthologie #09 | Envol

#anthologie #08 | comme un jour de pluie

La pièce où venaient d’entrer les deux personnages était une petite chambre avec son lit au milieu et une table de chevet. Le lit était défait, une couette recouverte d’une housse à motifs  bleus retombait sur le sol comme un peintre aurait installé un drapé dans une scène de nature morte. Contre le mur, il y avait un tableau, un paysage Continuer la lecture#anthologie #08 | comme un jour de pluie

#anthologie #07 | Tunnel

Comme Franz Kafka le quatre octobre mille neuf cent onze au soir, je suis installé sur mon canapé dans un début d’obscurité enveloppante. Une nouvelle lumière obscurcissante éclaire tout ce qui dans la pleine révélation du jour tendait à s’effacer. Les objets qui il y a encore quelques minutes étaient entiers, lentement se décomposent. L’accoudoir du fauteuil résiste à l’enveloppement Continuer la lecture#anthologie #07 | Tunnel