Vers une éco-poétique éthique # 07| 50 Nids pour Nini

Paul VALET bonne piste celle d’Amandine  ANDRÉ attendra L’écriture vient sans peine Comme un jeu mais sérieux Impression d’écrire acculée au mur des affirmations naïves. Dazibao en démocratie (encore) L’intolérance au Mal  immémorial est pourtant à l’intérieur imputrescible le sourire aussi L’exercice me plaît. Les  Ni sont présentés par ordre d’arrivée sans relecture immédiate comme une langue morse pour un Continuer la lectureVers une éco-poétique éthique # 07| 50 Nids pour Nini

#écopoétique #06 / Cumulonimbus

Crève sur nous ta panse gonfléeUne goutte après l’autre Multipliées par cent, mille, cinglantes.Un bail que nous n’avions pas marché ainsi Lavés de nos aridités, Oins des fautes à venir, Nos plumes détrempées se mêlant Irisés du plaisir interdit de cette dilution. Main dans main, toi grelotante, Bouche débordante de vieUne antédeluvienne saveur de pluieSequana comme unique témoin.

#écopoétiques #06 | Orage

Comment oses-tu orage les faire trembler? Murs, sols, arbres, fleurs, je te l’accorde, mais elles, comment oses-tu?

Va-t-en orage, cesse ton boucan, remballe tes éclairs et autres coups de tonnerre qui effraient les vieilles femmes, les mères, les font se réfugier en tremblant sous les cages d’escalier, sous les couvertures, sous les lits, se boucher les yeux, les oreilles, psalmodier, pleurer, gémir. Trembler. Continuer la lecture#écopoétiques #06 | Orage

#écopoétique #06(02)| mes pluies automatiques sans impératif

PHARE Les jours de pluie nous montons le phare des Baleines: l’escalier en colimaçon . Là-haut le vertige nous prend. On ne voit pas loin sur la mer à cause de la brume. Le petit phare a disparu. Mon frère râle comme à chaque fois, il voudrait manger du camembert et voir des hélicoptères. La lampe du phare est énorme, à Continuer la lecture#écopoétique #06(02)| mes pluies automatiques sans impératif

#ecopoetique #06 | souviens-toi

je roule à contre vent dans ce K-Way de marin déchiré et trop grand; mon bonnet pèse comme la fonte ; l’eau trempe ma poitrine, elle inonde ma bouche ; je vois trouble. Loin devant c’est la brume; l’air aux relents de varech et de laine mouillée fume. Les flèches cinglent, je ruisselle . Mes mains endurcies au guidon semblent Continuer la lecture#ecopoetique #06 | souviens-toi

les mardis #03 | L’enfant

L’enfant boit un chocolat chaud dans un bol de porcelaine bleue sur laquelle il est écrit son prénomL’enfant met ses vêtements, il se presse, attrape son cartable et sort de chez luiL’enfant marche vite dans la rueL’enfant arrive à l’école quand la sonnerie de la fin de la récréation retentitL’enfant monte les escaliers, Untel pousse l’enfant sans raisonL’enfant ne répond Continuer la lectureles mardis #03 | L’enfant

#ecopoetique #05 | Ermitage

Entre deux trous une maison rouge. Juillet 2015 elle avait des fleurs et des rideaux. Septembre 2024 à l’angle de la rue du général Leclerc et de la rue de l’Ermitage un volet pend. Croissance démographique post confinement: on abat. Trous sur trous la ville monte en parpaings. Plus de trous – comme dans un gruyère-, plus de propriétaires. Appartements Continuer la lecture#ecopoetique #05 | Ermitage

#écopoétique #03 | Moune en tablier

Œillets de poète, pivoines, dahlias, et roses. Lilas. Terrasse décatie, lézarde de murs. Un escalier de ciment floqué de mousse – je m’y asseyais, je l’observais . La pente du chemin de pierre court vers la route où vont mourir les chats. Le pommier a fleuri ; elle se redresse ciseaux en main: ciboulette et menthe, le jasmin dort encore. Le Continuer la lecture#écopoétique #03 | Moune en tablier

#mardis #03 | Argence

Le moment où elle s’éveille. Chez elle.
Le moment où elle s’éveille. Ici. 
Le moment où elle ne sait comment la porter, la journée
Le moment où l’on frappe, entre, Bonjour, pose café, biscottes. Part.
Le moment où il faut se lever, se hisser, se traîner
Le moment où il faut traverser la chambre, arriver jusqu’à la cuisine. Du studio.
Le moment où il est trop tôt pour téléphoner
Le moment où l’assaillent les idées
Le moment où entre la voisine. 
Le moment où seule avec cette folle Continuer la lecture#mardis #03 | Argence

les mardis | #01 | La voiture couchette

L’odeur du skai se mêlait à celle de la cendre des cendriers argentés ouverts, de la cendre froide. Au froid des vitres, des courants d’air et des rebords métalliques des strapontins, répondait la tiédeur du revêtement de formica des parois beiges. L’insomnie fiévreuse des nuits du départ combattait le répétitif rouleau sur les rails. Les vitres étaient ouvertes pour que Continuer la lectureles mardis | #01 | La voiture couchette