#anthologie#21/ le dernier enregistrement (3) et quelques notes « mode d’emploi »…

Posté le 11 juillet 2024 par Carole Temstet — 4 commentaires ↓ C’est la seule photo que j’ai de toi avec ton  violon, ton instrument. Tu le tiens verticalement (1). On  t’ a surement posé là. Pour la photo de la fête (2). Tu es accompagné des autres membres de l’orchestre (3)  de musique orientale. Tu viens sûrement de terminer la dernière « Nouba »(4) et les convives sont  bien fatigués de Continuer la lecture#anthologie#21/ le dernier enregistrement (3) et quelques notes « mode d’emploi »…

#anthologie #14 | comme tu veux

« Fais comme tu veux », dit-il. La phrase tombe, sèche et tranchante, dans l’air déjà saturé de sous-entendus. L’intonation, elle n’est pas à prendre à la légère, malgré le ton de la plaisanterie, mais une plaisanterie qui porte en elle cette pointe d’ironie, si subtile qu’elle pourrait presque passer inaperçue. Elle est là, indéniable, une ironie qui se déguste Continuer la lecture#anthologie #14 | comme tu veux

#anthologie #21 | paratexte et bad pages

je ne saurai jamais pourquoi Sherlock Holmes, cet ami véritable dont la compagnie me manque, s’est érigé en juge et transformé en bourreau. J’ai été son complice. J’emporterai avec moi ce lourd secret. Pourquoi avons-nous assassiné les frères Moriartini ? Pour éviter, certes, cette humiliation à la justice d’être une nouvelle fois un jeu d’escrime illusoire contre le crime (1). Mais mon Continuer la lecture#anthologie #21 | paratexte et bad pages

#anthologie #13 | le jardin d’enfants

On l’appelle le jardin d’enfants ou le parc. C’est selon. Selon quand, selon qui. Ou le jardin, tout simplement. Inutile d’arriver trop tôt. Avant quinze heures, une vieille dame assise sur un banc, tout au plus. Le matin, on peut voir quelques collégiens en train de se balancer ou de tournicoter. Déposés par le bus de 8 heures, ils n’ont cours qu’à partir de 9 heures. C’est l’après-midi qu’il vit. Mères avec poussette ou enfants plus grands. On a garé la voiture le long du jardin, ou on est venu à pied. Au toboggan avec maisonnette en bois, un couple surveille des jumeaux. Faux jumeaux. Maigres. Curieusement maigres. Parce que deux dans le ventre? Le garçon a les gestes désordonnés. Avec les années, les écarts se creusent. Il n’ira jamais au lycée. Il joue de la batterie, suit un scolarité normale en primaire. Arrivé au collège, c’est terminé. Il ira avec les ULIS. Un couple de grands-parents. Leur banc est près des balançoires. Le garçonnet se promène en tirant une corde à laquelle est accroché un camion en plastique. Continuer la lecture#anthologie #13 | le jardin d’enfants

#anthologie #19 | Images fugaces d’un temps qui n’est plus

En Alsace, DMC Dolfus Mieg et Compagnie, le fil, les cols de chemise, la broderie, associés aux petites maisons dans la cité ouvrière, dans une ruelle une petite fille en robe blanche un ours dans les bras une affiche bleue avec une cigogne et un clocher à l’arrière plan, Ils y travaillent comme employés, contremaitres, ouvriers, chef d’organisation, à la Continuer la lecture#anthologie #19 | Images fugaces d’un temps qui n’est plus

#anthologie #12 | 3 fois entrer dans la ville

12 : 3 fois l’entrée dans la ville D’ici le ciel semble en guerre, lutte de corps gazeux, muscles de coton contractés, les nuages s’entretuent. L’appareil les transperce. J’aperçois le fleuve brun-bouillon, serpentant entre les palmeraies. La ville est encore invisible. J’amorce la descente sur son anonymat. Elle n’appartient encore à aucune histoire à raconter. C’est une ville avec laquelle Continuer la lecture#anthologie #12 | 3 fois entrer dans la ville

#anthologie #17 | Alejandra

Elle m’écrivait qu’un bleu profond jusqu’au sommeil hisserait cet amour de l’autre côté des barreaux des fenêtres de la folie. Et qu’un regard semblable au mien raviverait la couleur exténuée de toute chose. Elle l’écrivait sur des post-its. Elle les laissait bien en évidence sur la table du salon, parmi les bouteilles et les miettes. Je me souviens de ses Continuer la lecture#anthologie #17 | Alejandra

#anthologie #16 | Une femme de chambre

Elle est comme une femme de chambre. Elle attend qu’il revienne. Le facteur est passé ce matin. Il faudra payer le loyer. Avant elle savait faire. Avant elle marchait jusqu’au bureau de poste pour envoyer un chèque avec le petit coupon vert et blanc. La quittance de loyer. Elle s’en souvient. Elle gardait précieusement toutes celles de Vincent quand il Continuer la lecture#anthologie #16 | Une femme de chambre

#anthologie #19 | Fragments

le propriétaire de ce château traversant la belle pelouse verte dans une voiture de golf. En contrebas, un mur de pierre prenait le soleil de fin de journée. Des vignes non loin. mon père hurlant comme un fou au pied du sapin de Noël. Son visage déformé par la colère. une ruelle proche de la mer quelque part près de Continuer la lecture#anthologie #19 | Fragments

#anthologie #10 | Pisser sous le noisetier

Il a 19 ans, il part en Allemagne faire son service militaire. Il est éleveur de vaches laitières dans le département de l’Eure, comme son père et son grand-père avant lui. Plusieurs générations vivent ensemble, sa mère, son père, ses grands-parents, même après l’arrivée de sa future épouse. Il a 24 ans, il a son premier enfant, le garçon qu’il Continuer la lecture#anthologie #10 | Pisser sous le noisetier