#été2023 #12 | La petite chaise pliante qui colle aux fesses comme le silence

Le silence. Passer la porte et le sentir là comme cette masse amorphe qui vient s’échouer sur les épaules. Ne pas savoir où poser le corps dans ce mutisme hypocrite, oui parce que juste avant, il n’était pas. Choisir le siège le plus discret, chaise pliable calée dans le coin le plus anodin de la pièce, mais, oh misère, n’est-ce Continuer la lecture#été2023 #12 | La petite chaise pliante qui colle aux fesses comme le silence

#été2023 #12 | un nom d’arbre des lunettes et une 6 H 8 Licorne

Tu t’es plantée longtemps devant ce portrait que tu trouvais imposant, écrasant même. Tu as à peine connu cet homme. Il était confisqué par sa nouvelle femme et n’osait s’opposer à ses caprices de jalousie. Un paradoxe vu sa carrure à lui. Tu n’as jamais compris ce qui se tramait entre elle et ses enfants à lui, trois garçons dont Continuer la lecture#été2023 #12 | un nom d’arbre des lunettes et une 6 H 8 Licorne

#été2023 #11 | avant que je ne vous parle de son voyage

Avant que je ne vous parle de son voyage, il faut que je vous parle de sa durée. Il était prévu pour trois nuits. Trois nuits c’est le temps nécessaire dans les contes pour que le prince reconnaisse la princesse qui l’a vu partir pour des contrées lointaines et reconquis à l’aube de la troisième nuit. Trois nuits c’est le Continuer la lecture#été2023 #11 | avant que je ne vous parle de son voyage

#été2023 #12 | Il faut qu’il me parle.

Il faut que je te parle dit Jo encore une fois en regardant Doris qui regardait Jo d’une façon inquiète. Jo était un taiseux et quand il voulait dire quelque chose à Doris il se lançait rarement dans ce genre de préambule. Elle le regarda avec plus d’attention et vit qu’il reportait son poids d’une jambe sur l’autre. Ce qui Continuer la lecture#été2023 #12 | Il faut qu’il me parle.

#été2023 #12 | passeggiata

La ville est calme en ce début de matinée. Les touristes sont encore endormis dans leurs hôtels. Ceux qui ont débarqués à l’aube la découvrent avec lenteur. Sur la passeggiata, un homme est assis sur un banc,immobile, les yeux fermés, les mains jointes sur les genoux. Là, depuis des heures, comme une statue. Il ne voit rien des hommes ou des Continuer la lecture#été2023 #12 | passeggiata

#été2023 #12 | j’aurais dû partir

J’y suis allée alors que je n’aurais pas dû. Je n’y vais jamais. J’aurais dû partir tout de suite. Cette salle de spectacle, même son nom me déplaît au point que j’ai du mal à le prononcer. C’est une belle salle pourtant, grande scène, grand écran escamotable, fauteuils en gradins couverts de velours rouge, climatisée. Il y avait du monde, Continuer la lecture#été2023 #12 | j’aurais dû partir

#été 2023 #11bis | l’univers de papier

J’interroge mon personnage sur ses lectures. Je profite du fait qu’il soit d’abord un être vivant, qu’il ne soit qu’accessoirement un être de papier. Peut-être que je trompe les muses en interrogeant directement le monde réel. Je l’interroge, je lui pose quelques questions auxquelles il répond de bonne volonté. Je veux d’abord savoir ce que lisait sa grand-mère ; et il Continuer la lecture#été 2023 #11bis | l’univers de papier

#été2023 #11 | Avant qu’ils ne partent…

Avant qu’ils ne partent… Avant que je ne parle du départ de Louise et de Jean-Marie pour Bordeaux entre 1891 et 1894, il faut que je parle des usages sociaux dans la société pyrénéenne du XIXe siècle. Je m’appuie sur l’étude ethnologique d’Isaure Gratacos pour tenter de comprendre les motifs de ce départ. Ils ont une vingtaine d’années et ils Continuer la lecture#été2023 #11 | Avant qu’ils ne partent…

#été2023 #12 | Bruits

/ Bruits Alors, ça se passe toujours de la même manière, on me voit arriver appuyé sur mes béquilles, on me demande si ça va mieux, qu’est-ce que je peux leur répondre, ils me voient crapauder sur mes quatre guibolles… oh, je dis que oui, que oui, que coui coui / alors ils me proposent un bon fauteuil, un voltaire Continuer la lecture#été2023 #12 | Bruits