A propos de Marie-Caroline Gallot

Navigue entre lettres et philosophie, lecture et écriture.

#L4 | Sentimenthèque en désordre, avec ou sans sel.

D’Annie Ernaux, comment dire le père du bout des mots et la femme au bout de soi. De Søren Kierkegaard, le choix pour la vie d’esthète et les ruptures de fiançailles. D’Edgar Hilsenrath, la langue qui coupe là où ça Continuer la lecture #L4 | Sentimenthèque en désordre, avec ou sans sel.

#P6 Ouvrir la fenêtre sur les pédiluves

Dimanche  Il faudrait laver la voiture. La tâche d’essence mange la peinture. Égoutter le pistolet, compter les centimes gaspillés par la négligence et l’absence d’envie de prendre soin de cet instant où l’on remplit le réservoir. Les pieds glissent sur Continuer la lecture #P6 Ouvrir la fenêtre sur les pédiluves

#L3 | Chemise blanche

Voisine.
Sa chemise est repassée. Je me demande si c’est lui qui repasse ses chemises. Oui ça se fait. Des hommes. Maintenant. On aurait pas eu idée. Impeccablement. Méticuleusement. De la même façon qu’en ouvrant le verrou, comme pour ne pas l’abimer. Venir ici en chemise blanche repassée, boutons de manchettes et tout. On n’aurait pas idée. J’ai mal aux jambes, l’infirmier doit passer, nouveaux bas de contention. Bien longtemps que je n’ai plus rien repassé. A quoi bon ?
 
Plâtrier peintre.
J’ai repeins sans poser de questions, ça se voit qu’ils ne sont pas manuels ici, m’appeler pour un mur, un seul. Oui il y avait ces tâches. J’en vois tous les jours des murs, de si près que les grosses tâches ne m’abiment plus les yeux, je reste fixé sur le grain, rouleau, pinceau, c’était rien à faire. Payé double pour un mur si petit. Sont pas bien doués, se salissent pas les mains, endimanchés tous les jours. Même ici. Mais tant qu’y a à faire, moi c’est pas mon problème. 
 
Elle.
Il ne m’a pas écouté, toujours trop pressé. Mais qu’est-ce qu’il croit ? Ah oui, Monsieur a étudié, Monsieur est plus malin que tout le monde, Monsieur ose y aller…Avoir une clé ne fait pas tout. Tu l’as eu ta clé, tu es rentré. Débrouille-toi. Habille-toi, je t’avais dit non pas comme ça.. Ces lieux endormis ne collent pas avec ton assurance. Je le sais, mais tu ne veux pas entendre les voix souterraines, les boulevards bien évidents rythment ta vie, tu t’y perds. Il ne faut pas entrer par la grande porte. C’est trop tard maintenant.
 
Bûcheron. BègueMais il pense sans heurts
 Eux… Jamais payé le bois de l’hiver dernier. Mourir d’accord, mais les autres ? Famille, héritage, je ne sais pas, va falloir que j’y aille voir.  Il ne m’a pas remarqué, c’est toujours comme ça, je sais que je me camoufle. Les bois, ça me va bien. Mais une stère est une stère. L’air trop citadin celui-là avec ses souliers vernis, sa chemise blanche et son sac en bandoulière, pas lui qui rentrerait le bois, pour sûr. 

#P4 | T’inquiète et le mauvais sang façon bistanclaque

T’inquiète…Rassurer sans y croire, façon bistanclaque, mécanique, retentissant. Négation à la trappe…Mesurer la distance avec un ne t’inquiète pas, ou mieux, mais rare, avec une petite apposition. On chasse les appositions, elles ne calquent pas assez dans l’efficacité de la langue …Imaginer Ne Continuer la lecture #P4 | T’inquiète et le mauvais sang façon bistanclaque

main courante

Main courante, haut les mains, peau de lapin, dépecer à mains nues, sous peser, faire la main basse sur le gibier, point de gibet, potence, fourches patibulaires, cadavre exposé, manette tournée, plus de baisemain, courtoisie en carton-pâte, mains trop basses, sans essuie-main, sans essuie-tout, que la suie, la soif, la sueur, pieds et poings liées, mains baladeuses, sans balade de gens heureux, ballade des pendus, retour au gibet, et pas de mainmorte, plus de main-forte pour se masturber, doigts engourdis, marionnettes en deuil, ainsi font, ne font plus rien, et puis s’en vont, les bras ballant, les mains en sang, chercher dans le noir ce sous-main qui épongerait l’encre, qui amortirait  la tranche de main qui frotte contre le papier et appuie sur la plume, tendinite de main fatiguée de chercher quoi écrire, et à qui, jeu de quilles, main habile, main qui signe, tout en bas, paraphe, signature, tampon, empreinte, endos, sceau, griffe. Main courante, mettre la main dessus, menotté, bas les pattes, animal inhumain, mains destituées, par honneur, c’est cousu main, prothèse de main, main de quidam, greffe réussie, des doigts en or,  couturières, petites mains de leurs destins, mains sur les seins, massage pour dame, pas le temps : manutention, mains  à la ligne, mains d’automate, doigts sciés, manque de main d’œuvre, pénurie de manuels, maintes et maintes fois rabâchée, savoir sur le bout des doigts, mais ne pas compter sur ses doigts, lever la main avant de parler, mains haut-parleur, au voleur, main dans le sac, pas vu pas pris. Main courante, avec manucure. Cure dents, dent creuse, le monde se divise en deux catégories, le pistolet n’est pas chargé, main lourde, lourdaud, pataud, maladroit. Main courante, coursive, coursière, course-poursuite, mains gantées, gant de velours, fer forgé, peau ridée, mains usées. Mais manucurées.