A propos de Marie-Caroline Gallot

Navigue entre lettres et philosophie, lecture et écriture.

autobiographies #04 | petit-carnet-classeur-à-anneaux- clic -clac -et-carreaux-toujours- trop-petits pour envoyer des cartes postales.

Le carnet d’adresses à cartes postales. On n’envoie plus de cartes postales. L ‘écriture dépassait les petits carreaux, un petit carnet d’adresse n’est pas un cahier d’écriture à grandes lignes, comme à l’école. A croire que le carnet d’adresse n’était pas conçu pour les écritures maladroites et à grosses lettres de l’enfance, il fallait se forcer à serrer, pour que Continuer la lectureautobiographies #04 | petit-carnet-classeur-à-anneaux- clic -clac -et-carreaux-toujours- trop-petits pour envoyer des cartes postales.

autobiographies #01 | quatre coins

Verre de vin coupé à l’eau, pour enfants. En rentrant, clapiers odorants, odeur familière des cours fermées qui retiennent, mêlées , les effluves de fumier, de foin et de farine, ces relents sourds et substantiels qui habitent la cour de ferme. Verre Arcopal® à numéro, renverser le verre pour se donner un âge, après avoir bu le vin coupé à l’eau, Continuer la lectureautobiographies #01 | quatre coins

#L11 | plaisirs, scies

Ce n’est pas gai. Mais mon cher, le bonheur n’est pas gai. Bribes de cinéma. Le Plaisir. C’est peut-être ce qui sera retrouvé, à la fin, à la recherche du plaisir perdu, mais sans temps. Pour l’instant le plaisir n’est plus. Quête insoluble ? Ce n’est pas une trame tout confort avec générique, personnages, action, perturbation, résolution. Non, c’est une ligne à sursauts, corde à Continuer la lecture#L11 | plaisirs, scies

épuisement du coin

Il essaye de s’installer dans les odeurs du lieu, elles ne sont plus exactement les mêmes. Il hume si fort qu’il parvient à peine à transpercer le pesant renfermé qui masque ce qu’il cherche à retrouver en rentrant là, à nouveau, après toutes ces années. Ce qui fut son coin, à elle. Briser la coquille qui renferme sa voix tue depuis si Continuer la lectureépuisement du coin

autobiographies #02 | couches, poubelles et Chocapic

Pierre est dans la chambre d’hôpital d’à côté, il ne veut pas pisser couché, c’est quand même pas Dieu possible qu’on ne comprenne toujours pas, ces bonnes femmes en uniforme, elles sont gentilles mais sur la pisse, pas moyen. Il sonne, ce n’est jamais le bon moment, on a des priorités monsieur, l’Urinal est sur votre table de nuit, cessez Continuer la lectureautobiographies #02 | couches, poubelles et Chocapic

Convocation Velléda

Elle était inscrite sur le tableau Velléda® de la petite gendarmerie du coin. Antonomase  au mystère oublié. On effaçait les racines des noms avec le Velléda®, histoire sans intérêt sûrement venue d’un expert en marketing de chez Bic®. Bic® rase tout : les poils, les druidesses et même la poésie. La Velléda n’est plus qu’un feutre effaçable à l’odeur inimitable, toluène et xylène, puis, toxicité Continuer la lectureConvocation Velléda

#P9 Au nom du père, du fils, du singe et du vélo.

A vue d’œil le format est de quatre centimètres sur six, ou peut-être un peu moins. Comme les photos qui sortent du Polaroid®, c’était possible, mais on ne peut pas sortir la photo pour vérifier la date et voir si cela coïncide avec ce qui est écrit sur Wikipédia à propos des Polaroid®, ni savoir quel serait le modèle de Continuer la lecture#P9 Au nom du père, du fils, du singe et du vélo.

#L8 Volets

Les filles du coin ne ferment pas les volets pour dormir, parce qu’elles aiment être réveillées par le jour, ne pas traîner au lit, fermer les volets serait s’enfermer un peu plus dans le coin et risquer de louper le jour, la rosée, les premiers oiseaux, avant que les tracteurs ne passent, quand on n’entend que les vaches qui meuglent Continuer la lecture#L8 Volets

#P8 le pendu

Tu étais mort à cause de la mine. Pas plus de détails. Histoire de famille bien concave. Alors l’envie de creuser, pioches, pelles, pics, lampes à huile. Connaître ton corps d’aïeul, ce corps d’ailleurs, jamais connu, juste pendu. Salle des pendus, ironie du sort. Vestiaires de ta vie. Il ne reste qu’une immuable photo sur le meuble Mado. Jamais un Continuer la lecture#P8 le pendu

#L5 Fendre.

La langue coupe là où ça fait mal, comme sa hache fend le bois, mécaniquement, elle résonne à intervalles réguliers, plus personne n’y prête attention, horloge sauvage, il n’y a qu’en partant du coin qu’on réalise qu’elle existait, que la langue avait tranché, qu’il fallait écouter, qu’on aurait pu penser la taille des bouts de bois, se figurer la manière de Continuer la lecture#L5 Fendre.