#histoire #08 | Enfin

Ce que je croyais impossible s’est réalisé. Je suis à nouveau à Venise, et l’appartement que j’ai loué se trouve dans le quartier que j’affectionne : le Castello. Je prends le temps sur le parvis de la gare Santa Lucia de croire que je suis bien revenu, alors que j’imaginais ne plus pouvoir marcher dans les ruelles, ne plus pouvoir enjamber Continuer la lecture#histoire #08 | Enfin

#histoire #09 | Correspondances

Retour – greffe. Retour – griffe. Brûlant les joues. Les organes se rebiffent, se révoltent. L’étrangère. L’incongrue. Traînant sur le sol glissant, grinçant, la grosse valise lourde de sens. Vingt années de sa vie lyophilisées dans 75 litres de bibelots, oripeaux, cartes d’anniversaire, albums photos.  Elle imagine, avançant dans ce couloir carrelé menant à la porte coulissante, un bras, une Continuer la lecture#histoire #09 | Correspondances

#histoire #09 | Voyage en caniveau

Du bas de la rue Sainte-Hélène, on voit les dernières lueurs du soir qui accrochent des luisances libérées par la borne à eau fraîchement utilisée tout là-haut. C’est l’heure où des éclats de voix jaillissent parfois sans prévenir de la porte du café. Il vaut mieux se tenir en face, là où le caniveau s’évase et où s’accumule la mousse. Continuer la lecture#histoire #09 | Voyage en caniveau

histoire #09 | après

L’autobus a quitté son arrêt, laissant derrière lui la place Saint-Sulpice. Le serveur du Café de la Mairie ramène son plateau sans rien faire tomber, le dépose sur le comptoir, échange deux mots avec le patron derrière la caisse et sort par la porte du fond pour fumer une cigarette. L’organiste file avec son nuage de notes au-dessus de lui, Continuer la lecturehistoire #09 | après

#histoire #08 (intro) I Schrödinger et porte d’après Laura Vazquez

Il y aura donc, cette avancée de cette femme vers cette porte, ses hésitations peurs et autres doutes.Il faudra dire sans dire (Robert : suggérer = faire penser (qqch.) sans exprimer). L’idéal serait une forme de silence méchant qui se dégagerait de la porte même, mais je déteste l’anthropomorphisme. Enfin, pas toujours, mais j’évite, sans m’interdire.Éviter la métaphore, aussi, autant que Continuer la lecture#histoire #08 (intro) I Schrödinger et porte d’après Laura Vazquez

#histoire #09 frontière et dignité

La petite fille hurle, elle pleure, on l’entend depuis la zone des arrivées. Sa mère, surement, la retient, essaye de l’entourer de ses bras, la petite fille continue de se débattre, et de jeter sa rage aux visages des policiers aux frontières qui l’entourent. On comprend qu’ils lui refusent, à elle et sa mère, l’accès à l’avion. Elle ne pourra Continuer la lecture#histoire #09 frontière et dignité

#histoire #09 |Transports sanitaires

#histoire #09 |Transports médicaux Ils sont deux. Ce jour-là, sans le savoir —comment le pourraient-ils, ne se connaissant pas — ils font le même trajet. Pas à la même heure, mais ce jour-là. L’un et l’autre sont conduits, en véhicule sanitaire, du CHU Pellegrin de Bordeaux aux « Tilleuls », un centre de rééducation, non loin de Tonneins, en Lot-et Garonne. Claire Continuer la lecture#histoire #09 |Transports sanitaires

#histoire #09 | Echenoz Nevers aller retour, en train en voiture

• téléchargement des docs d’appui et sommaire sur Patreon (page fixe)• sommaire général de l’atelier hebdo #09 | Echenoz aller retour Nevers, en train en voiture L’illusion de continuité et de linéarité, dans une histoire qu’on lit, est le résultat d’une architecture faite de séquences parfaitement discontinues, chacune témoignant d’un rôle et d’un écart précis au fil principal, justement pour lui donner élan. C’est parfaitement Continuer la lecture#histoire #09 | Echenoz Nevers aller retour, en train en voiture

#histoire #08 | attente

J’avance d’un pas lent, de moins en moins assuré ou plutôt mon pas gauche est déterminé, mon droit hésitant – toujours cette dualité ou plutôt une simple variabilité en moi, un léger déplacement intérieur que je ne parviens pas à saisir –, j’embrasse du regard tout le paysage, plonge dans la lumière vive aujourd’hui puis je regarde le muret en Continuer la lecture#histoire #08 | attente

#histoire #08 | Chez Fanch

La brume est tombée rapidement, la nuit m’a surpris dans le champ, absorbé que j’étais par ma trouvaille. Avec mon bâton de marche, je ne crains pas les chiens de Ker Isabel, ils aboient, mais si je gueule un bon coup, ils se ratatinent et se contentent de geindre jusqu’à ce que je m’éloigne.  Le faisceau de ma lampe torche Continuer la lecture#histoire #08 | Chez Fanch