#rectoverso #06 | le rempart aux giroflées

VERSO Roland me dit plusieurs fois tu es sûre sans attendre ma réponse. Je suis sûre. Je vais monter. Je cherchais loin, il m’a trouvé mieux loin et haut, du pur Roland. La plus haute route d’Europe disent les panneaux qui font bégayer les haltes de ceux qui « font » le col de la Bonnette. Le paysage et le panneau, avec ça si Continuer la lecture#rectoverso #06 | le rempart aux giroflées

#rectoverso #06 | Le clandestin

Pin syjveste, prélevé en Auvergne, au début des années 80 RECTO Quand on est clandestin, a-t-on envie de dire qui on est, de révéler où on vit, comment on vit, de quoi on vit ? A-t-on encore un nom, une existence même ?  Son nom, on l’a laissé au pays avec son âme, pire avec son corps ? Retrouve-t-on son corps, habite-t-on son Continuer la lecture#rectoverso #06 | Le clandestin

#rectoverso #6 | Scène de la vie de province – La femme de trente cinq ans

Derrière ma fenêtre, je peux les voir, la nuit. La place est bien éclairée, et moi, je suis dans le noir. Je les observe. Comme eux, ils me surveillent. Ils parlent de moi, quand ils se retrouvent le samedi soir pour dîner. Entre eux. Dîners où je ne suis jamais invitée. Eux, ce sont les gens bien, mariés, commerçants, pharmaciens, directeur Continuer la lecture#rectoverso #6 | Scène de la vie de province – La femme de trente cinq ans

#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly – entrelacs

Je me lève toujours avant que le jour ne commence vraiment, quand il est encore tiède de nuit. J’aime ce moment. Les garçons dorment, leur respiration égale me rassure. Je fais chauffer de l’eau, pas pour le thé, juste pour entendre le bruit, cette vapeur qui sort de la bouilloire, c’est comme une preuve que je suis là, dans le Continuer la lecture#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly – entrelacs

# rectoverso #06 | Décompte

Quand on est caissière, faut savoir compter. Jamais su compter et quand même caissière. La caisse c’est une petite boite en fer avec tout le fourbis, billets, monnaie et tickets d’entrée rassemblé dans une boite 15X11cm. La caisse, c’est une table de camping, ouverte par tous les bouts, on peut reluquer mes jambes, zieuter dans la boite, passer derrière ou Continuer la lecture# rectoverso #06 | Décompte

#rectoverso #06 | Message reçu aujourd’hui à 8h11

You could have been moreThan a name on the doorOn the thirty-third floor in the air Joni Mitchell The Arrangement RECTO C’est l’automne. Le tramway peine dans la grande montée entre Porte de Bagnolet et Porte des Lilas. Des agglomérats des feuilles mortes encombrent les voies. Arrêt Adrienne-Bolland Trois Vigipirate arpentent le boulevard, Famas contre le ventre. Cinq, dix, quinze Continuer la lecture#rectoverso #06 | Message reçu aujourd’hui à 8h11

#rectoverso #06| un quotidien

Quand on est une mère au foyer avec cinq enfants, on pourrait dire aussi bonne à tout faire, on arrive à douter de sa propre existence. Je ne suis sûre de rien me concernant. Ma journée du lundi est comme celle du mardi. Le mercredi est pire que le mardi. Entre jeudi et vendredi je ne vois pas de différence. Continuer la lecture#rectoverso #06| un quotidien

#rectoverso #06 | les flûtistes

On ne sait jamais où ils se trouvent dans l’orchestre. Certains disent « tout au bout », cachés dans l’ombre des joueuses de basson, le corps tendu rebelle des joueuses de basson, ces chercheuses de poux dans la profondeur des chairs, leur chaos interne et la débâcle des grands rires frais, casseroles d’eau froide sur la tête quand trop de torts se Continuer la lecture#rectoverso #06 | les flûtistes

#rectoverso #06 | Il faudrait tout oublier

RECTO Quand on est gardien d’immeuble on fait partie des meubles. On appartient au bâtiment, à la cour, au parking, aux caves, aux poubelles. Il parait que je suis de la famille, c’est eux qui me l’ont dit. Les gens de la résidence comme ils l’appellent. Ils ont beaucoup besoin de moi et parfois ils me rendent la pareille. Depuis Continuer la lecture#rectoverso #06 | Il faudrait tout oublier

#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman

Quand on est personnage de roman, on respire l’air des autres. On n’existe que par les autres. À cause des autres.  On naît quelque part dans l’imagination d’un écrivain, entre deux pensées vagabondes, puis on grandit dans une forêt d’idées, à l’ombre des plus grandes. On est nourri par tout ce qui parcourt un esprit humain. Une impression, une sensation, Continuer la lecture#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman