#LVME #01 Rue des Savonniers

Il est presque dix-huit heures le vingt-trois novembre deux-mille-vingt-quatre. Au numéro 13, un homme blanc âgé d’un cinquantaine d’années contourne un plumbago qui s’étale négligemment sur le sol de la terrasse et l’homme accède à la porte verte d’un cabanon de jardin, un panonceau indique « DANGER » et l’homme s’agenouille devant la pompe de piscine comme s’il allait entamer une prière. Continuer la lecture#LVME #01 Rue des Savonniers

# LVME #01 I Entre chien et loup

Novembre gris, entre chien et loup, les parapluies aussi sont tristes, les façades moroses, quelques ampoules flambent derrière les fenêtres en réponse au flamboiement des feuilles des tilleuls. Elles volent et dénudent les branches mouillées. Bancs de pierre ni bancs de bois n’accueillent le passant, même pas celui aviné qui oublie le confort. De l’eau, il y a de l’eau. Continuer la lecture# LVME #01 I Entre chien et loup

#LVME l Notre impasse,, en sept paragraphes au lieu de six l Natacha Devie

Tout en haut, à la jonction avec la départementale, une psychologue, son chien et son mari. Le jardin tout contre la route est caché par une épaisse haie, à l’image de la vie de la psychologue, que je ne perçois que comme une chose qui désire se cacher. La psychologue est d’ailleurs peu loquace, et nous nous le tenons tous Continuer la lecture#LVME l Notre impasse,, en sept paragraphes au lieu de six l Natacha Devie

#LVME # 01 | étages

Soir d’automne, au présent. Le vent vient de tomber. Feuilles rouges et jaunes accumulées devant l’entrée. Bientôt les cerisiers du Japon seront nus. Heure du retour après tout ce qui s’est passé dans le courant de la journée. Tout ce qui déjà forme le passé: feuilles rouges et jaunes. Il fait nuit tôt. Rentrer chez soi comme fuir le dehors. Continuer la lecture#LVME # 01 | étages

#LVME #01| crépuscule

Entre chien et loup, en novembre 1970, une lumière faible dans l’appartement du deuxième étage, sur la gauche de la façade. Elle semble provenir d’un néon apposé à un mur et qui n’éclaire un peu qu’au-dessous de lui. Une ombre de bras qui s’élèvent semble se dessiner avant qu’une lumière forte n’éclaire soudain toute la pièce et donne ainsi l’explication: Continuer la lecture#LVME #01| crépuscule

#LVME #01 | 12 h, heure marocaine

12h00 heure marocaine. Derrière le moucharabieh, elle veille. Elle tend l’oreille. Elle a secoué les tapis, laver les rideaux, fait le lit, tendu la moustiquaire. Elle a peur et elle attend. Assise sur son lit les genoux repliés entre les bras, toute recroquevillée. Si ça continue elle va fondre. Il fait chaud, très chaud, elle a besoin de se rafraîchir. Continuer la lecture#LVME #01 | 12 h, heure marocaine

#LVME #01 | Environ dix-huit heures

C’est le dix-sept juillet deux mille vingt-quatre et il est environ dix-huit heures. Dans la petite caravane à l’entrée du camping, on termine de monter l’auvent qui protégera du soleil, ce n’est pas qu’on en soit inondé mais quand même il y a des jours où l’été cesse d’être pourri ; on sue justement à tenter de tirer le grand Continuer la lecture#LVME #01 | Environ dix-huit heures

#LVME #01 | 32 jours, 1 mois et 1 jour, 4 semaines quatre jours et 768 heures

qui fume qui déambule Qui est porté qui jouent : 1,2,3 Qui dort ou fait le mort Qui revient de course Qui est couché Qui tape Qui tape Qui est pendue : cochon pendu Qui danse Qui pique Qui souffre Qui lit Qui lave et chante Ce jour-là, cent septième de l’année, vers le soir. Jour encore. Dans deux heures Continuer la lecture#LVME #01 | 32 jours, 1 mois et 1 jour, 4 semaines quatre jours et 768 heures

#LVME #01 | à bout de souffle

Un courant d’air fait trembloter le voilage blanc à galon fronceur derrière la fenêtre entrebâillée, la porte d’entrée vient sans doute d’être ouverte pour répondre à l’appel inattendu de la sonnette, deux coups brefs dont on perçoit encore le tintement lointain, le facteur, un voisin ? Le léger tissu blanc est aspiré vers l’arrière, tiré vers le plafond de la Continuer la lecture#LVME #01 | à bout de souffle