DU MONDE
Un monde qui rackette ses hommes ne permet plus qu’on lui fasse la cour.
ÉCRIRE AVEC CLARICE LISPECTOR
Racine. C’est ne jamais être en retard, parfois rattraper le retard : écriture, journal télévisé. C’est n’être attendue par personne, ne rien attendre des autres. Une musique en boucle. Brouillon. Communauté. C’est le jour en petits morceaux. Permissions : ne pas aller au bout, régresser, l’approximatif, dédoubler les heures, les plis. Parfois, coupables, la pleine lune, les pieds chauds, le chocolat. Immobiles : les ombres, les routines, les repères, les limites. C’est observer les nouvelles pousses sur les plantes vertes, chasser les insectes. C’est le corps à moitié dans l’équilibre, et dans ses gestes. C’est le jour sans les courtoisies. Bruits : bâiller, les inquiétudes, le passé, la poussière.
DE SOI-MÊME, ET D’ÉCRIRE
Extrait d’un fragment écrit dans le cadre de mes cent jours d’écriture.
Ça éclate, entre les lattes les cheveux blancs, un ballon rebondit dans une flaque, la ville sur tes manches. Ça éclate, le baratin, rouler des parenthèses sur l’autoroute, tes joues déchirées. Ça éclate, rendre la monnaie, et chasser les mouches, tu verras quand tu seras grande. Ça éclate, donner le sein, la chaudière en panne, tu voudrais voir la mer. Ça éclate, statuette dorée, brûler les preuves, si tu savais. Ça éclate, le grincement de la fourchette sur l’assiette, et tes trophées sur la cheminée, graisser la nuit. Ça éclate, le ciel dedans le fil barbelé, bricoler quelques rêves, munitions. Ça éclate, asseoir les griffes, chamallows grillés, je te l’avais dit.
— à suivre —