Le monde va comme il peut. Pour d’autres, le monde brûle et l’on regarde ailleurs.
Il y avait un méchoui ce soir chez les forains amis de mes grands-parents. Sur les auteurs de Nice. Moi je commençais à chercher mon âme sœur. Il y avait Charlotte ce soir-là. Et j’étais très amoureux. Elle est très belle et elle a appris à lire et écrire grâce à ma grand-mère. La Talaudière on est une petite bande. On est invité à la Talaudière chez un DJ. Il avait un chien de combat. Il était rasé. C’était un ami du publicitaire que je le connaissais par Yohan. On était avec JP et D. On parle de politique. Ils me parlent de Chevènement et je leurs explique que j’ai été formé par SR. Mon ami et moi avons fait beaucoup de chose. JC je l’appelle. JC est un fils de pompiste. Je le suivrai et je l’enterrerai normalement. Il est sous curatelle et à 1O Euros par jour surtout qu’il a du tabac à acheter. Il est « Diogène » il ne supporte pas le propre. Il s’enferme. Il ne peut vivre que dans l’accumulation de saleté. Une fois à Saint-Etienne je suis allé dans une soirée d’artiste. Il y avait toute la gaieté lyrique de la ville. On a parlé de polars Suèdois. Ils étaient tous déformé. Une soirée je suis allé dans un théâtre Raciste. Ils imitaient tour à tour les chinois, les noirs. Bref. Il y avait le petit M. et je commençais déjà à être fatigué.
Le réel c’est Lyon. C’est la région Rhône-Alpes. C’est ton ancienne amie qui vient te dire bonjour. Et elle la femme avec qui tu es qui boit du Whisky en parlant du Vinatier. Le Vinatier c’est là où on travaille. C’est l’Atelier. C’est des échanges entre nous. C’est d’un côté être capable de parler d’Art et de l’autre la pauvreté que l’on sens presque. C’est la Merde durant des années. Et c’est ça que l’on ne veut plus. Alors on ne cesse d’écrire sur ces moments jusqu’à ce qu’il n’en reste pas. Depuis il y a le travail dans l’édition, les bibliothèques. Choisir le livre comme travail.
Celle que je voulais comprendre /Aedelsa
Dans le hall du Musée des Beaux-Arts C. est devant moi et on descend à la chapelle où sont rassemblées les sculptures. Je regarde brièvement les œuvres. « Ah oui, c’est une statue de Rodin. » Les autres je ne les connais pas bien que je fasse appelle à mes souvenirs. Elle s’est retournée vers un personnage en bronze. Elle me fait signe du bras en parlant à voix basse, « viens voir, viens » La statue s’appelle la folle danseuse ou la vierge folle. Une femme qui danse sans réfléchir, sans s’inquiéter du monde autour. Son regard est heureux figé, perdu, son corps opaque brut est offert en spectacle. Une femme devenu folle, peut-être. Elle oublie tout avec ce regard qui sourit. Sa folie la danse : « la vie m’a trahie ». On remonte difficilement les grands escaliers de marbre. C. me parle de Rose la femme de Rodin. Elle me parle du livre La Statue intérieure. Où trouver cet ouvrage maintenant ? Tout se confond dans ma tête, C. m’avait aidé, j’avais été plusieurs années cette danseuse folle, si on peut dire, la folie, se perdre. Je la voyais elle aussi à travers cette statue. Folle à son tour, sans que je ne puisse rien faire. Il n’y avait désormais plus rien à faire, attendre, être présent quand elle dessinait de trop près son suicide.
On se retrouve dans le jardin. J’allume une cigarette, je baisse la tête, elle est en jupe noire courte. « Tu gardes le silence ? C’est pas dans tes habitudes » Des images et des paroles défilent, de l’angoisse. « Tu dansais beaucoup avant que l’on se connaisse ? » Silence.
« Je ne pouvais mettre en mot aucun sentiment. Trop de souffrance. Ni réponse à mes questions, ni écho à mon mal. Triste comme enfermée sans avoir choisi, je dansais, j’oubliais dans l’ivresse souvent. Maintenant tu es là et je te parle. Cela m’apaise. Sinon tout s’entrechoque à l’intérieur, mais tu m’écoutes. » Je ne le ressentais que trop. Je savais que depuis des années elle n’avait fait que vagabonder dans un univers presque vide. Je savais aussi que nous comblions ensemble nos années de vies perdues. « Et toutes ces toiles, ces sculptures sont là pour nous faire rêver aussi. Ecoute-les c’est possible. » J’aurais aimé qu’elle le croie. Nous on se comprenait par le regard. Quand elle n’était pas là, je disparaissais et c’est seulement quand elle me parlait que je me retrouvais. Je continue de la voir, comme si elle était le modèle de l’artiste, 90 ans plus tôt. Cela pouvait être elle, enfermée dans son passé, dans sa tête. C’était aussi peut-être moi. J’aurais voulu mourir pour elle mais ce n’était pas une très bonne idée. Je descends vers la statue en courant et je parle doucement, « tu es libre et je suis à toi pour l’éternité ! L’éternité ? » je chute, je me retourne, le visage tuméfié. C. a le regard fixe. Cela aurait pu se passer comme ça, police, pompiers, pavillon psychiatrique. Quand on est enfermé et que l’on veut s’échapper, on risque de tomber. Je gardais cette violence en moi, je voulais la saisir dans toutes ses nuances. Nous étions soudés, mais le malheur nous a séparés.
Je vais à Bibliothèque Diderot. Je vais écrire. J’ai des cahiers sur lesquels j’écris. Je lis des revues de littérature. Je viens de sortir Passants. L’ouvrage à été mal reçu. J’ai eu un papier dans la Quinzaine Littéraire. Pourtant certains me disent de continuer, que cela à intéressé des gens. Des livres des livres des hommes et des femmes. La folie m’envahit. Elle ne m’a jamais vraiment quitté. Parfois on peut entendre Déviance. Je fais les ateliers de Kaddour. Aujourd’hui je ne sais pas où il se trouve. C’est ces médicaments que j’ai toujours avec moi. Le responsable c’est la drogue.
Dans ma tête MORT MORT MORT … Comme dans Shining, je me souviens. Sur le papier TUER TUER… Puis Psychanalyse, réussite. On oublie tout, on est arrivé. Et ça recommence. C’est comme morceaux de malheur dans lesquels on puise sans cesse. Etre plus léger. Mais comment alors que l’on parle du cerveau.