1 | Du monde
L’état du monde? Désespérant, si nous cessons d’espérer. Et d’agir. Ensemble.
2 | Le réel, le réel, le réel, encore le réel
11h-17h samedi 4 juillet 2026
Chaleur, malaise, gorge sèche, vite le ventilateur
Le vent qui a viré au sud secoue les feuilles de la glycine, les cigales crissent, un coq chante
Flottement, attention, attente. Est presque là l’instant où sauter dans l’écriture. Presque.
Une silhouette, du bleu et du blanc sur fond vert, aperçue entre les volets bleus entrouverts, un doute sur sa direction, tuyau d’arrosage ou compost?
Avoir sauté, mais sans doute dans le petit bassin. Qu’importe, mimer la brasse. Agenouillez-vous le reste viendra ensuite (Pascal). Ecrivez, le texte viendra.
Sonnerie du téléphone, travail interrompu.
Le monde à soi a disparu
Essayer de donner le change, n’y pas parvenir
Tristesse. La respiration se fait haute.
Ne me secouez pas…
Sourire en voyant un chat allongé au frais sur un canapé, sentiment de légèreté en présence de qui vit sans souci, totalement dans la sensation du repos du corps, détendu
Les yeux lourds comme d’avoir pleuré. Il existe des orages sans pluie
Plaisir de la discussion
Sans les lunettes, le paysage devient tableau pointilliste, ombre et lumière
Se perdre sur internet, un entre-deux avant de reprendre l’écriture.
Sentiment de n’avoir pas sauté. Avoir appris à ne pas s’en angoisser, à ne pas en prendre prétexte pour ne pas recommencer à essayer. La reprise, comme bâton de marche sur lequel s’appuyer. Avec détermination. Ne pas savoir ce que cela donnera (ou pas) mais reprendre. Résolument. Sentir que les différents exercices de la chronique se mélangent. Ne pas s’en offusquer.
L’air du ventilateur, son ronronnement, un léger mal de crâne
Des flocons de lumière sous la glycine. Arroser avant de partir. La menace
omniprésente des incendies.
Jambes nues dans le jardin. Penser à Gilles Deleuze. Un philosophe citadin peut-il parler avec savoir de la tique?
Refaire une valise qu’on n’a pas eu le temps de défaire
Retrouver la migraine corrélative à la chaleur. Le système homéostatique s’arrête-il au sommet du cou?
3 | Écrire avec Clarice Lispector
J’ai oublié le nom de la toile. J’ai oublié à quoi elle ressemble. Je me demande si l’on voyait ses couleurs. Colorée elle l’était. Mais dans le film peux-être pas. Pourquoi me semble-t-il qu’il pourrait être en noir et blanc. Lui est assis par terre ou debout . La toile est au sol et entre ses mains, ses mains qui la tiennent, à pleine main, la toile est lourde, le format grand, et l’homme la soulève, la plie, la plie et la replie. Peindre, c’est plier. Créer serait plier. Obsessionnellement. Un homme dans la force de l’âge, adulte, plie une toile, sa vie c’est plier, peindre entre les plis, encore et encore déplier, refaire les gestes de la mère, les gestes tant vus, tant répétés, ces gestes de la repasseuse, ces plis des jupes, des tabliers, qu’il fait et refait, inlassablement, obstinément, il oublie tout, il n’est que geste, conjuration, appel, exhortation, prière, geste, geste pour retrouver, lui ce grand enfant, ce fou, cet homme dans la force de l’âge qui ne progresse pas, ne fabrique rien, ne produit rien, qui répète, empêtré dans l’enfance, qui reste là, à répéter ce qu’une autre, tant d’autres, faisaient, elles qui produisaient quand lui piétine. Obstinément. Impérativement. Et à courir ainsi, il s’est envolé, à piétiner, il a sauté. Fou il aurait été, s’il s’était arrêté. Mais il a continué, obstinément et ces toiles dépliés elles sont là qui se répondent, ne se répètent pas non, se reprennent, la reprise comme ses vêtements reprisés, ses toiles aux grands plis de couleurs, que seul lui, Simon Hantai, pouvait créer, parce que sa nécessité à lui et à nul autre, cet homme assis ou debout qui prend sa toile à pleine main, cette toile, là, sur le mur du musée, qui nous hypnotise.
4 | De soi-même, et d’écrire
J’ai multiplié les bureaux. Les uns après les autres ont été recouverts de livres et sont devenus inutilisables. Le bureau, la position dos droit sur une chaise, ne me conviennent peut-être pas. Ou alors après. Quand a été écrit ce qui devait l’être. Le bureau est synonyme de travail, de méthode. Lieu familier, maîtrisé. Pour le travail. L’écriture n’est pas travail. Axiome absurde. Performatif. Et stérile à la fois. Écrire sur le lit, en position semi allongée. La table de travail : l’ordinateur. Des dossiers bien rangés. Des projets en cours il y n’y en a pas. Des projets abandonnés, peut-être. Faute d’avoir su les mener au bout. Passer de l’écriture libre, du premier jet à un manuscrit, pour l’instant voilà qui achoppe. En cours, la participation quotidienne à l’écriture d’haïku (merci Juliette). S’en tenir à la métrique comme colonne vertébrale. À la publication quotidienne, sur le groupe Facebook. Deux manuscrits très avancés mais pas, comment dire, organisés, achevés. Projet pour l’été, cet atelier. Sans savoir si cela mènera à un autre manuscrit jamais achevé ou s’il pourra être relié à celui mené durant les derniers mois. Ce manuscrit (mené à partir de ateliers du mardi et de l’atelier construire de cet hiver, mais aussi d’une écriture personnelle) : un dossier dans mon ordinateur. Le cadre (temporel, ça commence quand et finit quand?) (Spatial : le hameau seul, la ville aussi, l’autre ville, celle d’où l’on part?) (Qui? Elle, lui, les uns et les autres?), la focale, la focale, la focale. Et le point de cognée? Donc, un bureau itinérant (l’ordinateur portable), un chantier dont j’ignore ce qu’il deviendra, un atelier d’été qui peut-être recoupera le chantier, l’augmentera (les structurera, qui sait?), le haïku quotidien.
5 | À vous la cantonade!
Qu’est-ce qu’un livre? (Réponse nécessaire pour transformer un projet, un manuscrit en un livre. Question qui ne se pose pas au lecteur. Une évidence. Aporie quand il s’agit d’en écrire un).
tu te faisais attendre ! 🙂
J’arrive!!!!