1. le monde
Comment ça va sans dire
2. le réel
6h La fenêtre ouverte sur la rue, rez-de-chaussée.
6h15 Soleil bas, bitume orangée, ligne blanche infranchissable.
6h30 Chat qui ronfle, me colle, me bave, se blottit.
6h45 Les titres de la presse
7h As-tu bien dormi ?
7h15 Bruit du passage du café très chaud.
7h30 Douche malgré tout
7h45 Des brides sur ses birkenstock
8h Deux mugs de café pour deux
8h15 Flèches de bruit, voitures qui passent.
8h30 Personne sur la place, sol d’ombre.
8h45 Une personne me regarde sans me voir.
9h ne pas oublier de ne pas oublier
9h15 replay replay pas replay
9h30 le bruissement double vitré
9h45 bonjour
10h carillon du beffroi et la clef qui lève le rideaux
10h15 comment tout ranger, livres d’hier au fond des caisses
10h30 je vends deux Zoe, Alice Rivaz, La paix des ruches, et Le meilleur coiffeur de Harare.
10h45 Histoires de la nuit et Voir clair de Moati.
11h La scierie, anonyme, La bagarre de Lauren Goff et un troisième livre.
11h15 Aki Shimazaki, le premier d’Une clochette sans battant, L’analphabète d’Agota Kristof, Elixir dans une vallée bulgare.
11h30 L’enfant dans le taxi de Sylvain Prudhomme
11h45 L’anniversaire de Bajani
12h De Comment trouver, comment chercher une première vérité de Jules Lequier, je rate la vente. Il est 12h02 j’avais kiné à 12h.
3. Un tableau
C’est une rue en pente. Dans Paris. Un immeuble au travail, et un autre à dormir. Deux ateliers, des livres. Je regarde souvent de jour ce tableau de Lucien Genin. Il est au mur dans mon bureau. Je l’avais vu avec A, à la galerie S et V me l’a offert. Vers un rêve, une promesse, mon regard glisse dans cette rue en pente. Je la descends plus que je ne la remonte. Je lis les affiches sur les murs en montant, mais le tableau me propose de redescendre la rue vers le livre. La nuit il serait probable que je sorte par les toits, mais de jour au travail je sors par la descente. Est-ce cette promesse d’une course aidée d’apesanteur, ce grand plaisir qu’il y a courir la descente de montagne. Est-ce que le travail de l’atelier au livre c’est aussi se laisser aller dans l’été ? Allez-va.

Lucien Genin
4. bureau
Un catalogue d’espaces libres. Trois piles usagées. Une brosse à dent du paro. Deux verres de bières vides pour un. Une souris débranchée. Une autre souris. Leçons d’un siècle de vie, Pluriel. Un marque page Comment dire, Rennes. Ordonnance d’Alprazolam. Une vis. Un demi cachet de xanax. Un bout de scotch. Deux batteries. Une lampe de camping. Un sous-bock souvenir. Une gamelle alu. Mon mac book air gris métal, son chargeur blanc. Mon mémoire de master. Une carte format A4 de bonne chance pour la suite. Un cahier A4 bristol, vierge. Un crochet de broderie à redonner. Une lampe de bureau moderne à charger. Un crayon mine Arthaud. Un crayon de couleur vert, à tailler. Une carte de voeu. Deux dessins de J. Un miroir autoportrait. Un moule de gant provenant d’une usine de maroquinerie anglaise. Un petit cerf gallo-romain déboité du bois gauche. Une multiprise.