#chroniques #00, le prologue

1 Le monde ?

Il ne va pas bien. Ne tourne pas rond. Défaille. Déraille. Les glaciers fondent, les mers montent. La terre rétrécit. Et demain ?

2 du réel

Au lever regard par la fenêtre. Le ciel, les nuages, le vent, le premier soleil timide. Petite météo personnelle…. Odeur suave du café qui réveille, qui installe dans la journée…Première halte dans la véranda, ouverture sur la vallée, une nuée de papillon blancs qui me cachent la vue, qui volètent,  dansent, tournoient, entrent dans la maison, invasion inattendue et surprenante, désagréable, il semble que ce soient des pyrales du buis, je n’en ai jamais vu ici, il n’y a pas de buis chez moi…. petit tour dans le jardin déjà  écrasé par la chaleur, les hortensias baissent la tête, mais les hémérocalles dressent leurs flammes vers le ciel et les petits lauriers roses pointent leurs fleurs roses et rouges pour la première fois, il faudra arroser ce soir, à moins que, je cherche dans le ciel des promesses de pluie, de gros nuages blancs, mais pas de menace d’orages, tout est beau et chaud…un parapente dans le ciel qui glisse vers la rivière…bruit de tondeuse chez la voisine, l’herbe a poussé pendant son absence, une forêt vierge, il faudra du temps pour arriver à bout…un bip du smartphone, une vidéo qui vient du Québec, visite de baleines, en canoé sur le St Laurent, c’était beau, on revient dimanche…La chaleur monte, pas envie d’aller au marché, trop de monde, les touristes arrivent…tiens, un son de cigales qui monte des pins en face, c’est rare, ici ce n’est pas encore le Midi…mais avec le réchauffement, sait-on jamais… ?

3 des couleurs qui explosent

Un portrait ? Un paysage ? Des couleurs avant tout ! La rencontre avec le peintre expressionniste Emil Nolde. Un choc. Des ciels perturbés, des nuages emballés, une mer déchaînée, du rouge, du violet, du jaune cru, du bleu indigo, des jets de flammes, des cercles de lumière, des soleils ardents, des ombres de bateaux dans des creux de vagues, une explosion…Ce n’est pas le cri de Munch, ce n’est pas l’âpreté de Schiele, c’est une fulgurance. Pour Nolde, les tonalités des couleurs peuvent exprimer toute une palette d’émotions, si le peintre sait écouter et suivre les humeurs de la couleur sans réfléchir… Le jaune peut peindre le bonheur ou la douleur, il y a le rouge du feu, le rouge du sang et le rouge des roses, il y a du bleu argenté, du bleu ciel et du bleu d’orage…des sons, des couleurs, de la musique et des émotions. Et la géométrie des lignes et des parallèles qui souligne la force de l’explosion. Et tous ces tableaux ont jailli d’un paysage froid du Nord de l’Allemagne, mer grise, nuages gris, villes grises, son pays de naissance où le peintre a vécu une grande partie de sa vie…

Je ne sais pas si j’aurais aimé l’homme. Mais ses peintures me parlent, ses mers rouges et ses nuages violets me renversent, ses soleils et ses ombres m’emportent…

4 projets en vue…en pointillés

Il me faut une table, assez grande, de quoi poser un bloc pour noter, un grand cahier à petits carreaux pour développer, crayons et Bics, rallonges, chargeurs, mon smartphone à peu près apprivoisé, et mon ordinateur voyageur, un peu tsigane, qui accepte de s’acclimater ailleurs…une chaise un peu rembourrée… et une fenêtre lumineuse pas loin … et du silence…Ensuite, il s’agit de tout ordonner dans sa tête et dans les autres mémoires plus matérielles. Beaucoup de matière, de choix possibles, de décisions à prendre. Ma ville attend. Mon personnage se morfond. Mes projets s’entrechoquent, puis se font timides. Et il faut puiser dans la force intérieure pour démarrer, dessiner, mettre en musique, écrire…. et ne plus lâcher ce qu’on écrit, ce qu’on a écrit…ne pas douter surtout, pas tout de suite…et y croire

A propos de Monika Espinasse

Originaire de Vienne en Autriche. Vit en Lozère. A réalisé des traductions. Aime la poésie, les nouvelles, les romans, même les romans policiers. Ecrit depuis longtemps dans le cadre des Ateliers du déluge. Est devenue accro aux ateliers de François Bon. A publié quelques nouvelles et poèmes, un manuscrit attend dans un tiroir. Aime jouer avec les mots, leur musique et l'esprit singulier de la langue française. Depuis peu, une envie de peindre, en particulier la technique des pastels. Récits de voyages pour retenir le temps. A découvert les potentiels du net depuis peu et essaie d’approfondir au fur et à mesure.

2 commentaires à propos de “#chroniques #00, le prologue”

  1. Bonjour Monika,
    J’aime beaucoup ce bureau espace temps et espace mental pourtant très concret, comme le carnet des quarts d’heure ou la force du peintre, tu nous donnes ta touche, bien perceptible, alors oui y croire ! Bon été de chroniques et de chantier,
    Cat

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