1
Force d’un écroulement
Du monde disparaissant
Victime de ses mauvais élèves
2
Des pois sans parchemin | oui, j’adore les mange-tout | c’est parce que tu es gourmande comme un pois | avec un pois chiche dans la tête | allons par le chemin | chiche
3
Besoin d’indiquer une personne de confiance. Merci d’accepter. Au cas où, pas d’acharnements thérapeutiques.
Il est plus qu’un voisin. Il a depuis longtemps l’habitude de venir prendre de mes nouvelles. Nous partageons les mêmes idées. Au cas où, il a toute ma confiance.
Pas d’acharnements. Mon ami voisin me donne sa confiance. Au cas où, mon Dieu, non. Nous en rirons quand il sortira de l’hôpital.
4
Des années qu’il traîne dans un tiroir de mon disque dur. Il est censé être la suite d’un premier polar publié en 2011. Quinze ans à ne pas finir un quelque chose tout en place. Plus de cent pages déjà écrites, relues, corrigées. Deux à trois heures d’écriture par jour suffiraient : le roman serait achevé dans les deux mois. Il trouverait sa place dans la même collection de l’éditeur du premier. À quoi bon ? Pourquoi ? Quel intérêt ? Au fond je crois que seul le titre que j’aimerai voir imprimé m’intéresse vraiment. Pas l’histoire, pas le texte. Le titre, le titre provocateur. Trop misogyne ce titre m’a dit une amie proche qui m’incite pourtant à terminer mon roman policier.
5
le mur de la piscine
les pierres du mur de la piscine
les fougères entre les pierres du mur de la piscine
le lézard blotti dans les fougères entre les pierres
le moustique devant le lézard blotti dans les fougères
le moustique happé par le lézard blotti dans les fougères entre les pierres du mur de la piscine
avec des mauvais élèves, un pois chiche dans la tête, un voisin qui prend des nouvelles, un titre misogyne qui ne dit pas son nom et un lézard occupé à happer un moustique on dire un monde …
La 5, qui joue le jeu avec de jolies transgressions, comme un haïku en arborescence