#anthologie #39 | appartements

L’appartement de la dame du dessous qui crie le nom de son fils la nuit est cossu. Il est cossu comme le sont les appartements des vieilles dames qui ont eu beaucoup d’argent et qui se retrouve seule dans un appartement de cent-quarante mètres carré avec pour compagnie leur aide de vie et leur fils, quand celui-ci n’est pas en Continuer la lecture#anthologie #39 | appartements

#anthologie #11 | du soir à la nuit

Du soir à la nuit je roule Je quitte Vite Partir Prendre la route Je ne sais pas ce que ça veut dire Traverser la forêt Les lumières à travers les arbres Suivre la lune Continuer l’histoire Je ferme la maison Bientôt je serai là-bas Dans le sud Et ce sera bien comme ça Vider les tiroirs Laisser les lettres Continuer la lecture#anthologie #11 | du soir à la nuit

#anthologie #28  | Edouard Levé | œuvres

#2# La vache a quitté le tableau elle est venue prier avec la vraie celle de l’étable elle s’est libérée du cadre pour goûter le foin et se faire traire et téter, échapper aux regards fixes de ceux qui voient passer un train. Se rouler dans la bouse chaude. #16# Sur sa chaise elle s’est mise à bouger sur une Continuer la lecture#anthologie #28  | Edouard Levé | œuvres

#anthologie #38 | 7 octobre 2023

7 octobre 2023 Samedi. Comme c’est samedi, il n’y a pas de réveil le matin. On peut se réveiller à n’importe quelle heure entre 9h et 11h. On peut même prendre son temps dans le lit pour se réveiller. Prendre le temps de pianoter sur son téléphone, de regarder son fil sur Instagram, de regarder les nouvelles vidéos sur Youtube Continuer la lecture#anthologie #38 | 7 octobre 2023

#anthologie #13 | La place Saint-Sulpice en 745 mots

#13 | La place Saint-Sulpice en 745 mots En sortant de l’école des Beaux-Arts, le midi, j’allais régulièrement sur la place Saint-Sulpice, à deux rues, pour y chercher et peut-être trouver cet homme qui, aux yeux de tous avait l’apparence d’un clochard, étant presqu’un motif dans le décor, ou encore un monument de Paris au même titre que la tour Continuer la lecture#anthologie #13 | La place Saint-Sulpice en 745 mots

#anthologie #27  | Manganelli | Centuries

Il semblait connaître ce bourdonnement comme une palpitation de ses pensées. Comment s’évader de sa propre fuite amplifiée de son sifflement. Une stéréo qu’il aurait voulu débrancher comme on arrête une mauvaise sono, il lui manquait les codes ou des plugs. Il tâtonnait dans l’obscurité cherchant en vain l’interrupteur quand la source est soi-même, un écho sans origine ni fin   #26# Continuer la lecture#anthologie #27  | Manganelli | Centuries

#anthologie #37 | engloutis

Je vis des regards se détourner du mien alors que mon regard parcourait la ligne des visages parfois très proches l’un de l’autre à cause de la perspective. Le kaléidoscope des visages se déformait à chaque passage de mes yeux, car les visages se tournaient de droite à gauche, parfois de gauche à droite, soit pour éviter soit pour rencontrer Continuer la lecture#anthologie #37 | engloutis

#anthologie #26  | Manganelli | acouphènes

Tes pas te suivent te traquent féroces sur le gravier grinçant ils mordent ils croquent chaque caillou la douleur irradie descend remonte en un écho, un bourdonnement incessant envahit ton esprit, tu trébuches sur tes propres pensées, des vieux mensonges. Cet acouphène insidieux comme une rumeur une sirène qui clame à l’intérieur de ton crâne, une vrille qui fouille creuse retrouve Continuer la lecture#anthologie #26  | Manganelli | acouphènes

#anthologie #36 | sur mon visage

On arrive devant la bouche de métro, place de Clichy. Lui est à vélo, il l’a déjà partiellement enfourché, nous sommes sur le départ, je dois descendre les marches. Pour l’instant je tourne le dos à l’escalier, je le regarde, comme si j’attendais sa permission pour partir. Je ne sais pas comment dire au revoir. « J’ai envie de t’embrasser partout Continuer la lecture#anthologie #36 | sur mon visage

#anthologie #12 | Villes

#12 | Villes Au plus loin, j’étais allée en Grèce, à Athènes, puis à quelques heures de bateau sur l’île de Sifnos, étymologiquement signifiant vide, ce que je découvrais à mon retour, et qui sonnait alors en moi comme une évidence.  Athènes la merveilleuse empestait les éboueurs étaient en grève depuis deux semaines les poubelles s’amoncelaient éventrées sur les Continuer la lecture#anthologie #12 | Villes