2020.09.18 | réglages


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En photographie je me sens toujours débutant. J’ai bien retenu la leçon des copains photographes : un appareil, ça se pratique tous les jours, comme un instrument de musique. La semaine prochaine, ce sera 4 jours in situ, où l’objectif ce sera un texte mais pour comprendre le texte que je veux faire j’aurai besoin de beaucoup photographier et filmer : ou alors, ne serait-ce que parce que lorsque tu filmes tu passes du temps immobile et tu provoques des interactions arbitraires. Donc j’aurai mes 2 appareils, le GH5s pour les vidéos et le GH5 si polyvalent pour photos et vidéos. Je suis vraiment accro à mon objectif Sigma 16 1.4 (sur le GH5, il faut multiplier par 2, donc c’est du 32 en équivalent plein format). En photo c’est souvent 2 écoles : on travaille au 35 ou au 50. Est-ce que c’est lié à la myopie, j’ai toujours eu plus d’attirance pour les focales plus larges, en particulier le 24. Mais le 24 Canon que je monte sur le GH5s avec sa bague Viltrox, ça me fait encore un équivalent 30, la même chose que le Sigma 16, au point que j’ai hésité à me racheter un deuxième objectif grand-angle, genre l’Olympus Zuico 12, qui m’aurait fait un vrai 24 à dispo, et permet aussi de « vlogger ». Suis par contre toujours dans cette curiosité des objectifs « fixes » par rapport aux zoom (j’ai commencé le GH5 avec le 12-25 2.8, avec en prime la double stabilisation), qui vous dictent l’endroit où il faut venir mettre les pieds pour filmer, mais qui vous offrent une image bien plus aiguë en récompense. Sur un coup de tête, comme souvent, j’ai complété mon Sigma par son frère presque jumeau, le 30 1.4, soit équivalent 56 ou 60 par là (il est prévu pour équivalent 50 mais sur les Sony APSC...). Alors ce matin j’apprends à regarder avec sa manière à lui. Sa façon de détacher les détails, mais surtout de poser le cadre un peu plus loin que ma vue myope ne sait le faire. J’ai traversé la frontière photographique, je me suis provisoirement installé dans le clan des 50... Il me semble qu’un champ large donne toujours plus de place à des histoires simultanées dans l’image, tandis qu’un champ plus lointain vous emmène plus côté des peintres — je ne connais pas assez l’histoire du cinéma pour savoir comment eux ils choisissent. J’ai aussi un ultra-large, un petit Laowa 9 (donc équivalent 18) pour mes éditos vidéo, mais ce n’est quand même la qualité ni le piqué du Sigma. Sauf qu’avec le Laowa on peut filmer dans l’intérieur d’une maison, là où le Sigma 30 ne voit que des timbre-postes. Un petit coin de soleil sur les feuillages d’automne, on verra bien la semaine prochaine si ça marche cette idée, les vidéos en extérieur faites sur le GH5s avec le 30 1.4, et des photos ou compléments vidéo main levée sur le GH5 avec le 16 1.4. C’est quand même pas une petite chose, après 7 mois de claustration, et ce qui s’annonce pour la suite, de se retrouver enfin sur le terrain des signes. Et désolé si tout ça ne vous parle pas beaucoup, c’est cet éternel paradigme : ne compte pas le matériel, compte le regard — mais pour construire le regard, bien forcé de le penser à travers le matériel. Sans parler du vrai crève-coeur que c’est de cultiver si peu ce journal images, mais quand tant de jours entre 4 murs (et l’éternel conflit vidéo-photo)...

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 octobre 2020
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