le livre de pierre d’Aliénor

le livre sur les gisants, à Fontevraud

Étrange, alors que nous avons cette discussion sur Ceci est-il un livre ?, d’entrer ce matin dans la nef de Fontevraud quelques minutes avant l’ouverture au public, privilège d’y avoir dormi, en suivant Julien, le guide porteur de clés. Et se trouver, dans ce miracle de lumières, face au gisant d’Aliénor d’Aquitaine et ce livre que depuis 800 ans elle tient ouvert. Livre de pierre, pérennité moins de l’écrit que de la relation qu’on a, soi, avec ce qui est écrit : la page de pierre est blanche depuis longtemps, elle médite encore, la morte, sur cette page à jamais ouverte. Est-ce que ce n’est pas cette part symbolique qui donne un tel exhaussement à nos discussions sur le numérique ? A Fontevraud on peut y méditer, dans l’espace comme dans le temps. En hommage et réponse à Virginie Clayssen.

© François Bon _ 8 août 2009


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