L’évidement est d’abord intérieur. Ce qu’il faudrait faire semble peint sur les murs, à distance, avec tous les il faudrait accrochés, ternes, inaccessibles. On pourrait essayer d’écrire, de danser ou marcher, il faut un enfoncement – c’est trop de distance autour, qui vaut aussi bien pour les cloisons que pour le temps. C’est peut-être à ce moment-là que la musique devient irrépressible, qui ne se fait pas avec la tête, qui est mouvement d’une matière : on entre enfin dans la nuit.
chronique photos et journal, par François Bon
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évidement
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2009.11.26 | de pleurer
26 novembre 2009, par François BonJ’ai appris progressivement que ce n’était pas si grave, de pleurer, en atelier d’écriture. Ça finit toujours par arriver une fois. L’important, c’est que la beauté du texte soit suffisante pour conjurer ce qu’on évoque, que ce conflit de forces vives passe devant – mais c’est bien pour ça, les pleurs, quand ça advient. Et on était parti de Francis Ponge, la rage de l’expression ou ces expressions salutaires, genre Celui qui crève les cercueils à coups de talons de souliers ou d’autre chose, (…)
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2009.11.24 | Montréal, perspectives villes dans les rêves
24 novembre 2009, par François BonÇa fait partie des projets : se concentrer uniquement, dans les rêves, sur ce qu’on y aperçoit de fragments de villes. Juste les noter. Brièvement décrire. Ce n’est pas la même couleur, ce n’est pas la même circulation. Si c’est immobile, si c’est en mouvement. Juste accumuler ça, sur semaines et mois. Ça fabrique quoi, comme ville, à qui appartient-elle, et qui l’habite ?
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où est la source du roman ?
23 novembre 2009, par François BonCes jours-ci c’était dans ma tête : écrire un long article pour tiers livre, dont le titre aurait été où est la source du roman ? Et s’en tenir à ce principe simple : des paramètres essentiels de la relation du langage au monde pré-existent aux formes littéraires, qui résultent de l’interférence précise, époque par époque, avec les modes de production et diffusion – cela allant bien sûr jusqu’au roman d’aujourd’hui. Ainsi, avec les étudiants dont j’ai la charge, affronter qu’il n’y ait pas (…)
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2009.11.22 | salons du livre
22 novembre 2009, par François BonComme je venais d’entrer, j’avais gardé mon badge autour du cou, ça devait faire officiel, un gars qui ressemblait à Philippe De Jonckheere (mais n’était pas lui) m’a attrapé par l’épaule : – Dis donc toué où qu’il est-y René Angelil ? à peu près en un seul mot. J’ai hésité, puisque j’avais dû me frayer passage par là-bas, mais je l’ai quand même envoyé dans la bonne direction. Le soir ce serait l’incendie du Hilton. Et là, les amis Daniel Pennac et le grand Martin Winckler.
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celui qui crève les cercueils
19 novembre 2009, par François Bon"Celui qui crève les cercueils à coups de talons de souliers ou d’autre chose, par définition c’est un ange.
Cet ange-là – que veux-tu que j’y fasse ? – je l’emm... comme les autres.
Rimbaud, Vaché, Loti, Dupneu, Barrès et France... : il n’y a pas à dire, quand on parle, ça découvre les dents.
Viens sur moi : j’aime mieux t’embrasser sur la bouche, amour de lecteur..."
Lu ce texte de Ponge (in La rage de l’expression) ce matin dans l’heure cinquante d’approche. Puis passer aux objets : (…) -
où tu crèches ?
16 novembre 2009, par François BonCrèche de Noël version indienne. Ils n’ont pas bonne conscience, ici, de n’avoir pas vraiment inversé la barre par rapport au génocide initié par les Européens, tous Jésuites en avant, mais voilà, pas à nous de venir leur donner des leçons. En attendant, je découvre progressivement – pas possible ici d’aborder l’imaginaire et l’espace sans passer par le leur, ceux du Nord.
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2019.11.14 | inventaire progressif ligne Montréal Québec, 3
14 novembre 2009, par François BonLumières naissantes sur la route Québec Montréal, suite.
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2009.11.14 | pensées de route
14 novembre 2009, par François BonLe bus Québec-Montréal va légèrement plus vite que les camions, alors on les remonte très lentement, et pendant un instant – mais chaque fois – cet échange très vague avec le visage du chauffeur routier, lui-même regardant ce qui se passe dans le bus. Un homme seul et taiseux [1] dans le déroulement lent du temps, et paysage mouvant. Je mets discrètement l’appareil et je clique, mais la plupart des photos sont floues ou hors cadre. On n’arrache pas la pensée des autres. Ce qui réciproquement (…)