En descendant l’escalator du métro Jean-Talon, je sais qu’il sera là. Il apporte son tabouret avec lui, il a une bonne tête et surtout une pratique musicale pas banale : il regarde les gens qui descendent, et improvise des notes (avec un peu trop d’effets de coude, ça peut-être) en fonction de ce que leur tête lui inspirent. C’est ultra-court, une toute petite démonstration, mais littéralement à la tête du client. Il n’a pas de partition, il ne joue pas son Bach de service ni rien. Juste ces (…)
chronique photos et journal, par François Bon
Articles les plus récents
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2009.10.08 | le violoncelliste de Jean-Talon
8 octobre 2009, par François Bon -
2009.10.05 | classe vide (et non morte)
5 octobre 2009, par François BonLa classe morte, c’est le titre magnifique de Kantor, et rien à voir avec l’image. Juste, 2 fois par semaine, le mercredi à Montréal et le jeudi à Québec, arriver avec juste à la main un livre, en général le poser devant soi et parler 1h 20’, ai jamais trop compris pourquoi c’était ça mon rythme. Ensuite il y a les échanges, les textes lus, le travail, et puis soudain, à un moment donné, je suis tout seul dans la classe vide. Je suppose que c’est très banal et pour les étudiants, et pour les (…)
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2009.10.03 | perceptions du monde flou
3 octobre 2009, par François BonJamais réussi vraiment à démêler ce qui participe des problèmes récurrents et de plus en plus permanents de la vision floue, la non-reconnaissance des visages, l’adaptation à l’ordinateur, le rapport parfois de plus en plus exclusif à la lucarne qui devient carnet sous la main, ou celle agrandie de l’écran 20" pour les mises en page ou l’administration à deux fenêtres, et la façon dont on se déplace dans la ville parce qu’il s’agit d’identifier les orientations, les trajets, les mouvements (…)
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érables de langue
1er octobre 2009, par François BonBonne conversation hier avec Mahigan. Étrangeté, lui le Québécois rencontré à Paris, de l’accueillir dans mon bureau au 8ème étage de l’UdeM (enfin, celui que me prête Ugo Dionne – mais n’importe, Mahigan on avait aussi à parler travail). En descendant à la cafet, réflexions sur la langue : au bout de 5 semaines, commence tout juste à passer l’obsession auditive. C’est plus facile avec une langue étrangère, on la tient à distance. Lui, il dit qu’à Paris il a en en permanence l’impression (…)
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icitte
30 septembre 2009, par François BonC’était un drôle de gars, dans le bus 801, un gars un peu agité, un inquiet comme on ne s’étonne guère d’en croiser en France, mais ici catégorie plus rare (en surface), très maigre, émacié même, et odeur de tabac froid à un mètre, évidemment c’est à côté de moi qu’il s’est mis. Il avait déjà parlé à deux ou trois personnes avant que ce soit mon tour : il faisait trop chaud, j’ai dit que je ne trouvais pas, que ça s’était même bien rafraîchi. – Si, fait trop chaud, faut ouvrir la fenêtre. (…)
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Mégantic
28 septembre 2009, par François BonFranchi les Appalaches (pluie), vu le Mégantic (pluie), traversé Stratford, Audet, Nantes (pluie), vu les crassiers et usines fantômes de Thetford-les-Mines (d’amiante), n’irait pas vivre à Black Lake. Même pas de photos (pluie).
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mâcheurs de langue
26 septembre 2009, par François BonCe qu’il y a de plus étrange, dans la langue québécoise, c’est la permanente potentialité bilingue mais surtout, sous défense acharnée de ce que recouvre le mot francophonie que je déteste (rien à voir avec le tout-monde) parce qu’il relègue à la périphérie ces grandes ouvertures qui font respirer la langue, cette anglicisation invisible de la syntaxe, qui se glisse dans tous les interstices. C’est drôle de les découvrir dire « ma job, ma char », mais ce n’est pas le genre qui passe au (…)
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pauvres gens et vie de château
25 septembre 2009, par François Bon« Nommé président du Château de Fontainebleau, l’ancien directeur de cabinet de Christine Albanel est aussi chargé de la mise en oeuvre du projet de musée de l’Histoire de France. » Pauvres gens, comment voulez-vous croire après ça que le chômage fasse souffrir ? Au fait, vous vous en souvenez, d’Albanel ? (ô médaille des Arts et des Lettres remise au producteur de Plus belle la vie parce que c’était digne de Balzac...)
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2009.09.24 | Montréal, Martin Winckler journaleux
24 septembre 2009, par François BonEncore discussion avec Martin Winckler, dans cette cafétéria où le volume sonore est à égalité des restau U de chez nous, plus un écran géant lâchant brutalement des luminosités blanches qui chaque fois nous font nous retourner pour rien, comme si là-bas on avait ouvert la fenêtre (il n’y a pas de fenêtre). « Toujours été journaleux », il me dit, « le blog c’est le prolongement exact. » Je pense qu’il y a deux jours que je n’ai pas actualisé ce Journal, je ne me force pas, je ne suis pas de (…)
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service de presse à volonté
20 septembre 2009, par François BonBizarre, je reçois un mail insistant, d’un universitaire (France), à propos d’un "séminaire consacré à la littérature contemporaine" sans autre indication, adresse postale privée fournie, me demandant tout simplement d’envoyer un service de presse de mon bouquin pour le "présenter aux auditeurs". Bon, après tout, il a le droit d’occuper ainsi ses dimanches (je ne dois pas être le seul destinataire des e-mails de sollicitation, sur 560 bouquins parus en septembre, on doit forcément ainsi en (…)