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Tout le monde a en mémoire cette toile d’Edward Hopper (en tête de l’article) où le train — probablement celui qui le ramène de son atelier dans Manhattan à son domicile dans le Queens — quitte le mode souterrain pour rouler à l’air libre. Quand je passe à cet endroit précis, au-dessus du RER B, immanquablement je repense à cette toile, une de celles de Hopper que je considère importantes, symboliques. Mais si je veux photographier cette sensation en écho, je m’y prends (…)
chronique photos et journal, par François Bon
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2019.09.11 | dépouillement de l’image
11 septembre 2019, par François Bon -
2019.09.09 | de la ville comme surface peinte
9 septembre 2019, par François Bonprécédent _ suivant
Ou plutôt, il faudrait dire, « malgré soi peinte ». Ce qui m’était le plus cruel, dans ces 3 ans sans rien photographier, c’est de pouvoir stoker la récurrence des lieux qui sont pour soi hale ou passage réguliers. Bien sûr, je l’ai fait avec la fonction vidéo de mes appareils successifs : sur le RER A, l’usine en démolition de Nanterre, le cimetière d’Achères et autres repères. Mais c’est plus approximatif. Ou alors via l’iPhone et Instagram, mais c’est platte comme (…) -
2019.09.07 | ruines non-ruines de la honte coloniale
7 septembre 2019, par François Bonprécédent _ suivant Quand il n’y aurait que Sétif (mais il n’y a pas que Sétif, et on n’en finit pas de découvrir épaisseur et ramifications des crimes), on aura à assumer la mémoire coloniale, dans l’ensemble de nos gestes y compris intellectuels, on a eu bel échange sur cette question à Natashquan avec Rodney Saint-Eloi. Mais aussi on est libéré de l’assumer comme culpabilité : l’assumer est un geste libre, c’est même malheureusement bien trop souvent un geste citoyen. Et quelquefois ça (…)
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2019.09.06 | enterrons les cantines
6 septembre 2019, par François Bonprécédent _ suivant
J’ai pu assister à cet événement qu’on garde en principe le plus discret possible : les scellés hermétiquement mis sur une cantine souterraine en vue de sa conservation pour le futur. Des fragments souterrains de la ville, en période de décadence amorcée, choisis et répertoriés pour leur représentativité, mis à l’abri pour servir de témoignage, à quelque date indéterminée du temps que ce soit. Des archéologues viendront, de quelque espèce humaine ou non-humaine qu’ils (…) -
2019.09.05 | la ville habite ses creux
5 septembre 2019, par François Bonprécédent _ suivant Rien qu’une cour, mais une cour quadrangulaire, et en avoir exploré les points de vue depuis deux des parois contiguës, ceci à trois niveaux différents (le bâtiment d’où je photographiais faisant quatre étages, plus un sous-sol). Au début tu te dis que tu aurais pu faire une vidéo avec les plans de cour, les plans d’intérieur, les plans du sous-sol. Puis non : on fera trois pages successives, mais ce n’est pas limitatif, puisque c’est une nouvelle page qui semble s’écrire (…)
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autoportrait par jour | 2019.09.03
3 septembre 2019, par François Bonprécédent — suivant
Chaque soir, un autoportrait est ajouté aux précédents. Cette rubrique est uniquement accessible via le site, et non relayée sur les réseaux sociaux. Elle a commencé le 3 août 2020 dans la condition intérieure de se prolonger jusqu’à impossibilité physique avérée. Matériel utilisé (en principe) : GH5 + objectif Laowa 9mm. L’évolution du geste et du contexte de représentation sera un élément de réflexion aussi important que l’évolution du sujet même. -
2019.09.03 | autoportrait de tes angoisses
3 septembre 2019, par François Bonprécédent _ suivant
Si le texte de Georges Perec, inventaire des objets qui sont sur ma table de travail nous colle tant à la peau, des années durant, est-ce que ce n’est pas pour être le portrait le plus direct qu’on puisse faire chacun de ses peurs ? Je m’attache à ce « journal images », il me renforce dans un rapport au cadre, à la fragmentation, au récit mais surtout au temps qui rejaillit sur l’ensemble du travail, les textes, le terrain, tes vidéos. Pourtant, à retrouver la table (…) -
2019.09.02 | non-lieu est mort
2 septembre 2019, par François Bonprécédent _ suivant
C’était devenu une vraie scie, cette expression du sociologue Marc Augé. On en avait marre de toujours la faire reprendre. Michel Lussault, dans son livre Hyper-lieux, avait repris le chantier : d’où historiquement Auger l’avait tirée, pourquoi il l’avait déformée et en quoi conceptuellement il y a beau temps qu’elle était fausse. Des vides ou ces croisements laissés vacants de signes par l’expansion urbanistique, peu qui n’ont pas été rattrapés par la machine (…) -
2019.09.01 | documenter la nuit
1er septembre 2019, par François Bonprécédent _ suivant Discussion avant-hier sur Facebook, à propos de ce journal : qu’en photographie, j’avais dû laisser entendre, le plaisir qu’on a à documenter nos petits timbre-postes de réel traversé suffit à légitimer l’appareil, l’archive, le geste. Ce n’est pas ce qu’on photographie qui ait besoin ou qui légitime qu’on le fasse. On réinvente rétrospectivement cette archive du monde photographié : ainsi quand la National Library avait mis en ligne plus de 25 000 images du New York des (…)
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autoportrait par jour | 2019.08.31
31 août 2019, par François Bonprécédent — suivant
Chaque soir, un autoportrait est ajouté aux précédents. Cette rubrique est uniquement accessible via le site, et non relayée sur les réseaux sociaux. Elle a commencé le 3 août 2020 dans la condition intérieure de se prolonger jusqu’à impossibilité physique avérée. Matériel utilisé (en principe) : GH5 + objectif Laowa 9mm. L’évolution du geste et du contexte de représentation sera un élément de réflexion aussi important que l’évolution du sujet même.