livre numérique : quoi tue qui ?

en avant-première, entretien à paraître pour le Salon du livre dans Arts et Métiers Magazine


On en parle à Bruxelles le 7 février prochain, donc j’anticipe ici sur ces problématiques. Le Salon du livre de Paris, en mars, est toujours l’occasion d’entretiens et dossiers, là c’est Arts & Métiers Magazine (étrange rendez-vous pour moi, qui avais été viré de façon assez humiliante de cette école en 76, mais bon, ça a aussi probablement aussi été ma chance – même si ça on ne le comprend que loin après...). Merci à Pierre Rabutin.

Deux remarques concernant l’entretien ci-dessous :
- concernant le livre numérique danger pour les librairies physiques : à l’heure actuelle, via ePagine.fr plus de 40 librairies indépendantes distribuent le catalogue publie.net, plus Dialogues, Bibliosurf, ainsi que les groupements Cultura, Furet du Nord, Fnac etc. (outre les plateformes numériques comme Immatériel, FeedBooks, iBook Store). Dès à présent, la part de nos ventes directes sur ventes totales c’est 34% – et les librairies d’éditeur (Gallimard Raspail + Divan, Kléber etc, Flammarion, Fayard, Corti...) ce n’est pas une nouveauté. La question, c’est que si la médiation reste un métier, et un rouage nécessaire, elle s’effectue aussi en partie sur le web.
- quand les questions sur le livre numérique émanent d’acteurs industriels, comme c’est le cas pour Arts et Métiers Magazine, la position de repli protectionniste du SNE paraît de plus en plus incompréhensible. Le lobbying pour la loi Prisunic, l’incapacité à élaborer des offres commerciales attractives, la carapace à tout ce qui est web : côté acteurs économiques, c’est les yeux écarquillés qu’ils voient ça. M. Gallimard et ses chéris de l’UMP ont loupé l’étage com’, vis-à-vis de leurs propres pairs... Alors c’est à nous autres qu’on vient demander des explications, mais moi là, je peux pas trop les donner...

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Le livre numérique va-t-il changer notre manière de lire ?


Vous êtes aujourd’hui auteur et animez le site tiers livre. Qu’est ce qui vous a poussé, dans votre parcours professionnel et personnel, à vous intéresser au livre numérique ?
La question est légitime, parce que, de toutes les corporations scientifiques, techniques, artistiques, les auteurs (français, du moins), sont très à la traîne pour la présence web. J’ai beaucoup de mal à comprendre cette passivité. Et la question est en même temps non légitime, puisqu’il y a beau temps que tout le processus d’édition, fabrication, diffusion du livre imprimé est numérisé. Je pratique le web littéraire depuis 1996, c’est un espace passionnant d’invention, d’apparition de nouvelles formes, le « livre numérique » n’est que l’étage « lecture dense » qu’on rajoute au grand bouillonnement web.

 

Quelle pratique avez-vous du livre numérique ? Dans quels cas privilégiez-vous les livres classiques ou journaux papier et dans quels cas le livre numérique ?
Il y a bien, bien longtemps que je n’ai acheté un journal ou magazine papier, des années pour la presse quotidienne. L’an passé, j’ai séjourné un an au Québec (prof invité création littéraire à Montréal et Québec), bien sûr on a emporté 2 malles de livres et c’est ce qui a coûté le plus cher dans le déménagement provisoire, mais c’est sur mon Sony Reader que j’avais ma bibliothèque. Désormais je me sers principalement de l’iPad. Le premier changement de paradigme, c’est qu’au lieu d’emporter un livre, on emporte sa bibliothèque. Le deuxième changement de paradigme, c’est la lecture ouverte : on passe du texte au web, on glisse vers un dictionnaire, la recherche plein texte, les annotations exportables, un réservoir d’images, on est toujours dans la lecture dense, mais le livre papier, pour moi désormais, est vraiment un pis-aller. Sans compter la disponibilité immédiate du texte recherché, ou les fabuleuses bibliothèques qui commencent à s’ouvrir : voir Gallica...

 

Pourquoi le livre est-il le dernier support culturel à être touché par le numérique (bien après la musique et le cinéma) ?
La première fois que j’ai donné une disquette aux éditions de Minuit, c’était 1990. La résistance du milieu éditorial ce n’est pas « le livre » en lui-même, c’est juste l’étage commercial.

 

Le livre numérique va-t-il changer notre manière de lire ? La lecture de demain sera-t-elle connectée, c’est à dire constamment renvoyée à la consultation de liens vers d’autres textes, sons, vidéos ?
Bizarre que vous parliez au futur, alors que tant de nouvelles expériences pullulent. Effectivement, la lecture « connectée » est un autre changement majeur de paradigme. On n’a pas besoin de transférer matériellement le fichier sur son ordinateur pour continuer de le lire de chez soi à dans le métro, via son iPhone ou son Androïd. D’autre part, l’enjeu essentiel pour nous c’est l’ergonomie de la page écran. Le confort de la navigation, le repérage dans l’épaisseur du texte, la typographie des blancs, polices, césures, c’est ce qui nous occupe à 80%, mais ça évolue à une vitesse assez grisante. Rien n’empêche de lire sur son iPad le soir, de prolonger dans le métro sur son téléphone, de retrouver le texte acheté sur son ordi portable pendant les vacances suivantes. Autre gros chantier : l’éditorialisation des flux, aspirer des pans de sites web (pas seulement des articles) pour les lire de façon confortable hors de la navigation ordi. En même temps, le livre imprimé, qui est un empilement de fichiers xml, css, métadonnées, est lui aussi devenu un site web...

 

Qu’est-ce qui explique la percée du livre numérique aux États-Unis et quels sont les freins qui bloquent encore le marché français ?
Un des principaux éditeurs français m’a sorti l’autre jour : « on ne veut pas tuer le poche ». Pour préserver un circuit où les gains sont basés sur la distribution, camions et colis, ils freinent des quatre fers. Un autre des quatre « majeurs », lundi dernier : « Il est urgent de ne pas se hâter. » Alors par exemple le groupe La Martinière (Le Seuil, plus Bourgeois, l’Olivier et quelques autres) ne propose que 350 textes en ligne, moins que publie.net, le tout petit labo que j’ai créé il y a 3 ans, de plus bardés des DRM Adobe, qui sont une aberration commerciale (même pas de copier-coller d’extraits autorisés), et au prix quasi équivalent du livre papier. Disons qu’on observe de façon assez médusée ce comportement. Après, c’est à leurs risques, et si les usagers leur tournent le dos, c’est tout bénéfice pour les acteurs neufs que nous sommes.

 

L’industrie du livre numérique va-t-elle "tuer" celle du livre classique ? À titre d’exemple la vente directe des oeuvres numériques par les éditeurs signe-t-elle la mort des librairies physiques traditionnelles ?
Ce discours binômial est horripilant. La question n’est pas épicière. La question, c’est : quels textes souhaitons-nous proposer à lire, quelle nécessité nous pousse à ces explorations d’un rapport neuf de la langue au réel ? Ou bien : si notre tâche (ou notre responsabilité) de transmission et d’éducation est la même, comment assurer la présence de contenus littéraires, de réflexion, d’idées, d’invention, dans les usages numériques qui sont – il n’y a qu’à se balader dans un couloir de fac – le rapport dominant à l’écrit ? Dans chaque précédente mutation de l’écrit (et c’est passionnant de revisiter l’invention du codex, ou le développement de l’imprimerie, dans un contexte qui remet les frontières en mouvement), les supports émergents et les supports finissants ont longtemps coexisté. La télévision ne « tue » pas la radio. D’autre part, si je regarde autour de moi, et si effectivement l’édition traditionnelle ni la librairie de ville ne créent beaucoup d’emplois, on voit se développer des dizaines de structures web très dynamiques et diversifiées, où souvent d’ailleurs ce sont d’anciens libraires ou d’anciens des maisons d’édition qui font le job.

 

Pourquoi privilégier (ou pas) une liseuse dédiée à une tablette multimédia de type Ipad ?
Pour ma part, les liseuses e-ink sont reléguées au fond d’un tiroir, elles me servent juste pour mes tests, alors que je me sers en permanence de mon iPad (mais pas pour le boulot, plutôt pour les heures hors ordi). Même le Kindle évolue discrètement vers des fonctions « tablette ». Mais l’autre vecteur essentiel, dans l’intimité et l’efficacité du texte, c’est ce qu’on arrive à faire sur téléphone. Le livre imprimé n’était un support « dédié » que par ses limites technologiques, l’expérience du langage au monde, pour chacun, ou même le rapport de l’écrit au monde n’a jamais été liée, même du temps des tablettes d’argile, à la seule reproduction du texte.

 

Comment préserver le droit d’auteur avec la diffusion numérique, caractérisée par le partage massif des oeuvres ?
Suis mal placé pour répondre, puisqu’à publie.net on a choisi au contraire une diffusion sans DRM, autorisant ce partage – notamment via la lecture par abonnement, et l’accès depuis les bibliothèques partenaires. Notre pari, c’est qu’à se cantonner à un prix résolument accessible, le « service » qu’on propose, mise à jour, bibliothèque personnalisée, accès à communauté web, c’est plus facile que le piratage. Et comme on propose à nos auteurs 50% de la recette nette, ils n’y perdent pas. Par contre, bien se mettre dans la tête que le « droit d’auteur » est un outil récent, né du théâtre du XIXe siècle, et qui recoupe de moins en moins la rémunération réelle des auteurs d’aujourd’hui. Un site d’auteur est une sorte de poumon vivant, de lucarne sur l’atelier, et pas d’abord un vecteur de commercialisation d’oeuvres sous droits. Il s’invente des tas de pratique, lectures, streaming, mise en place d’accès et de services via les bibliothèques, qui ne relèvent pas du droit d’auteur. A preuve que la quasi totalité des auteurs « pro » ont basculé – par force et non par goût – dans le régime « auto-entrepreneurs ». Par exemple, en France, le régime de la propriété intellectuelle interdit le paiement des auteurs à la recette (et non selon prix de vente) comme dans les pays anglo-saxons, et en France (en France seulement, pas en Allemagne ni Italie ni US ni Québec), les contrats d’éditeurs continuent de faire exception au droit commercial (limite à dix ans) en s’établissant sur la totalité du temps de propriété artistique : ce sont les deux points principaux où le « droit d’auteur » est obsolète, verrous à faire sauter rapido. Aux juristes de suivre, mais pour moi le fait que chacun dispose via le web de ressources profuses, d’un massif de ressources d’usage libre, c’est un paradigme désormais incontournable. Juste : ça n’empêche pas l’invention.

© Pierre Rabotin & François Bon, Arts et Métiers Magazine, à paraître.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 janvier 2011
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Messages

  • Bel entretien clair et ... net, très efficace et convaincant.
    Mais qu’un grand lecteur considère le livre papier comme "un pis-aller" me dépasse...
    C’est la lecture sur iPad, liseuse, téléphone, etc. qui me sera toujours un pis-aller par rapport au plaisir infini que procure un beau livre, sa couverture, son papier, l’odeur de son encre, le doux froissé de son feuilletage, le poids de son volume dans la main et j’en passe. Proust en a tout dit, même s’il eût sûrement apprécié de retravailler ses textes sans risque de perdre ses paperoles !
    Ces machines, pour écrire, travailler, annoter, ou transporter sa bibliothèque sans se bousiller le dos, partager des liens, ouvrir des discussions, quels outils fantatisques !
    Mais pour lire en solitaire, le livre papier reste incomparable, non ?

    • "Mais pour lire en solitaire, le livre papier reste incomparable, non ?"

      C’est bien cela que vous dérange : que le support numérique remette un question un certain nombre de croyances quant à ce qui fait la valeur de la lecture. Moi, la lecture numérique m’a fait prendre conscience que l’odeur du papier, le touché du papier, ne sont que des leurres et que c’est le contenu qui prime sur tout le reste et non le contenant. Et quand vous lisez avec une liseuse ou un iPad (mais vous n’avez pas fait l’expérience alors comment pouvez-vous porter un jugement sur quelque chose que vous ne connaissez pas et que vous ne voulez pas connaître), cette notion de solitude est exactement la même quand vous tenez un livre papier entre les mains. Ce qui vous isole, Madame, dans vos lectures, c’est lorsque vous plongez dans l’histoire. Qu’est-ce que cela change qu’elle soit imprimée ou qu’elle soit numérisée cette histoire ? Croyez-vous que l’odeur de l’encre et le froissement des pages la rend meilleure ? Si c’est le cas, vous n’aimez pas réellement la littérature pour ce qu’elle est. Quand la communauté du papier sera plus ouverte sur la communauté du numérique, alors la communication sera parfait et c’est toute la littérature qui en sortira gagnante.

      Voir en ligne : http://www.comprendrelelivrenumeriq...

    • oui, Françoise, même si ça semble brutal, tu définis parfaitement bien la bascule telle que je la ressens en ce moment – les auteurs qui m’importent au plus haut, prenons Michaux et Gracq, je préférerais vraiment les lire sur mon iPad, avec recherche d’occurrences, grossissements, notes etc...

      et passion symétrique à explorer textes qui naissent comme ils nous naissent aujourd’hui, avec images, vidéos, jeux de strates du réel au texte, du texte à ses sous ou sur textes, et trouver les formes de surgissement matériel qui peuvent en accompagner le récit

      pas à une perecquienne comme tu es qu’on va avoir du mal à expliquer cette sensation...

    • Je ne vous ai nullement contesté, j’ai juste posé une question ici ( pas à vous, mais à François que je connais bien ) pour ne pas participer à la guerre que vous livrait Mme Tamère (!).
      Vous avez mal lu, mal compris et voilà que c’est moi qui trinque... ce doit être un dommage collatéral !

      Quand au fond, il ne s’agit pas de mes"croyances", ni d’un quelconque jugement, mais de mon ressenti, c’est tout.

      Et qui vous dit, Môssieur, que je n’utilise pas de liseuse ?
      Je ne sais pas quelle mouche vous a piqué, mais ce n’est pas habituel sur le site de François Bon (dont je possède, à la fois, à peu près tous les livres papier sur mes rayonnages Billy et quelques uns dans ma liseuse...) et si vous voulez convaincre, songez à adopter un ton plus doux et à argumenter au lieu d’asséner votre vérité.

      Mais brisons-là !

    • Oui, François, j’imagine très bien la jubilation qu’aurait eue notre ami Georges à explorer toutes les ressources offertes par le numérique !
      C’est ton "pis-aller", brutal en effet, qui m’a fait sursauter.
      Je suis sûre que tu comprends la simple lectrice qui apprécie encore - mais serait-ce une question d’âge ? non ! - de tenir entre ses mains un bel objet en étant consciente à la fois du contenant, du contenu ET de l’environnement.
      Je ne pense pas que je me souviendrai plus tard précisément des conditions dans lesquelles j’aurai lu tel ou tel texte sur liseuse, mais peut-être n’ai-je pas encore assez de recul sur son utilisation.

      Je reste en tous cas toujours très curieuse du devenir de la Littérature qui, seule, importe, quel qu’en soit le support.
      Si l’on aime la lumière, on apprécie tout autant l’électricité, la bougie et le soleil !

  • Lecteur isolé, à des centaines de kilomètres de la première librairie où on trouve autre chose en français que des livres d’école, je lis du français sur mon ordinateur (en me faisant mal aux yeux) et depuis peu sur une liseuse (enfin se remettre à lire au lit et, au printemps prochain, sur un banc de jardin public ; dans l’autobus, je lis le journal, pas en français).

    J’ai donc découvert les ressources en ligne (tout Jules Verne, tout Proust gratuit, les mémoires de Matteo Ricci imprimées en 1616, très bien) et j’ai prétendu lire des romans contemporains. Le Prix Goncourt de l’année par exemple. Il n’était pas proposé par l’éditeur mais en téléchargement gratuit et illégal quelque part en Suisse. Malgré mon très haut sens moral, j’ai téléchargé et lu ; j’ai même corrigé quelques erreurs de scan pour me faire un exemplaire propre. Depuis, dans un mouvement méritoire, l’éditeur l’a mis en ligne, mais vraiment trop cher. Deux fois plus que la future édition de poche, et pourtant l’éditeur se vantait de faire une réduction généreuse sur le prix du papier. J’ai donc cherché et trouvé sans peine (sur un serveur russe cette fois) toutes les oeuvres du même auteur, numérisées par un enthousiaste. Je suis allé voir à la FNAC : je n’ai pas compris grand-chose sinon qu’il fallait que j’achète la machine qui va avec (pour le prix d’une dizaine de livres papier un peu chers) et que j’achète les livres immatériels, qui seraient tenus enfermés dans cette machine, au même prix que les livres en papier que je pourrais prêter à d’autres lecteurs comme moi.

    Toute loyauté envolée, j’ai téléchargé et lu illégalement l’ensemble des romans et commencé les poèmes. Tant pis pour les éditeurs ; si l’auteur avait été pauvre, je lui aurais envoyé une somme raisonnable.

    Depuis, j’ai découvert qu’il y a des gens qui sont allés plus loin que moi : militants du partage comme l’enthousiaste ci-dessus, ils fabriquent des livres numériques avec des exemplaires achetés ou empruntés, et les mettent à la disposition des autres. Il y a un site, hébergé quelque part dans le Middle West américain, qui mutualise les romans Harlequin. Un autre, hébergé en Hollande, où ceux qui ont scanné un livre en publient une critique et annoncent où ils l’ont mis, en toute légèreté d’âme ; le même, payant, n’existe pas.

    Le cas des éditeurs français est désespéré. J’ai lu il y a quelques jours dans Le Monde en ligne l’article de M. Gallimard où il dit qu’il ne sait pas encore combien ça coûte de faire un livre numérique (et de le "protéger" contre la lecture, la copie, le prêt, le prélèvement de citations ; je crois que c’est le mot qu’il répète le plus souvent). Il va falloir que les auteurs en français s’organisent pour proposer leurs oeuvres sous forme numérique, à un prix correct, faciles à acheter, charger, lire sur la machine qu’on veut, copier pour prêter aux copains. Et en faisant appel à la loyauté de l’ami lecteur pour ne pas distribuer à tout vent. J’en ai déja acheté quelques uns (chez Feedbooks ; j’aurais pu acheter chez Immatériel).

    Sinon, le militantisme du partage (ce n’est pas rien de scanner un livre et de remettre au point, même sommairement, le texte qui sort ; je fais ça bénévolement pour le domaine public et je sais de quoi je parle) va faire de plus en plus de petits. Et, je me répète, le lecteur, qui a pourtant un sens moral plus élevé que l’écouteur de musique moyen (enfin, je pense), se sentira tout à fait libre de lire gratuitement, en volant un inepte (l’éditeur) et en faisant du tort à quelqu’un qu’il aime (l’écrivain).