ouverture #3 | en long en bref mais quitter la ville

cycle été 2020 | outils du roman


 


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- ici les 30 exercices de John Gardner

 

en long en bref mais quitter la ville


petite préface complémentaire

Les premières contributions reçues, les discussions visio lors de nos rendez-vous Zoom, et je comprends mieux ce qui m’attirait là.

De John Gardner, j’avais repris les formulations : début de roman contre début de nouvelle, et c’est la première fois que je me risquais à une proposition de cette sorte : deux écritures en parallèle sur un même thème.

Je crois fermement qu’on ouvre quelque chose de fort : son propre rythme, sa propre amplitude de texte, on la trouve par nécessité, une nécessité qu’il est impératif de découvrir, puis de respecter.

Mais justement : ici on se force à écrire en un peu plus grand, puis on se force à écrire en un peu plus resserré. J’ai bien dit un peu plus : c’est ce paramètre de l’amplitude qui nous est si personnelle, qu’on cherche à débusquer en l’élargissant puis en l’étrécissant un peu.

Ne vous braquez pas plus que ça sur l’idée roman ou nouvelle, mais trouvez vos métaphores : un peintre (allez, je pense à cette magnifique expo de Berthe Morisot l’an passé) qui pose sur son chevalet une toile de 80 cm de large, ou une toile de 30 cm de large, peindra-t-il de la même façon, son geste sera-t-il semblable, la densité des couleurs et matières aussi, sans parler du cadrage pour ce qui est le thème, ou la même figure ?

Et je crois qu’on a levé une belle piste pour notre cycle. À preuve : dans nombre de contributions, quand bien même on n’est qu’à la 3ème, le thème a été puisé dans une des deux précédentes...

 

Restons toujours sur le principe d’exercices rapidement multipliés (les 2 suivants se préparent !), avec un seuil d’entrée minimal, mais qui nous permettent d’accumuler de la matière, faire surgir des univers et puis — techniquement — ce qui n’est pas une fin en soi, mais facilite les choses ! se confronter à des modes narratifs qui forcément reviendront dans l’aventure personnelle de l’écriture.

À nouveau je pars de ces inusables 30 exercices de John Gardner, qui révèlent d’étranges doubles-fonds lorsqu’on les regarde de près.

On va même repartir du n°6, sur lequel on a bâti l’exercice précédent, mais en s’attachant à une autre nuance de la proposition de Gardner : « écrire un début de roman... », ça oui, compris, et puis aussitôt : « écrire un début de nouvelle sur le même principe »...

Il y aurait donc, pour définir le roman, un ton, une manière d’aller, un pacte avec le lecteur différent de celui, plus âpre, plus rapide, plus compté de la nouvelle ? C’est ce que j’essaye de développer dans la vidéo.

L’idée — mais on a va explorer de nouveau dans l’exercice suivant, et d’autres probablement, ce principe de l’écriture double — va être de travailler le même thème, la même figure, selon deux approches distinctes.

J’insiste encore : un paragraphe bloc, pas de retour à la ligne (j’aurai beau en répéter l’importance, il y a toujours des réticences !à, mais cette fois on va écrire la même histoire, la même histoire exactement, selon deux approches distinctes :

- l’une selon le pacte du roman, elle prend son temps, elle va lentement ou rapidement mais embrasse large...

- l’une selon le pacte de la nouvelle, elle est beaucoup plus tendue, avec des coupes et des sauts...

Pour les deux écritures, une manière différente aussi de penser le non-dit : il s’est passé quoi avant ? il va se passer quoi après ?

Ensuite, pour qu’on soit tou.te.s ensemble, quel thème s’y prête le mieux ? Le livre de Stéphanie Arc, Quitter Paris (indépendamment de comment elle s’y prend, et de son propre récit) pourrait nous l’offrir : quitter la ville...

Toutes les variations bien sûr sont possibles, toutes les durées et conditions de séjour, toutes les motivations pour en partir. Dans les petites fiches, je suggère aussi de relire L’impossible retour d’Henri Michaux.

Et bien sûr ne pas oublier le codicille !

 

LES MOTS-CLÉS :

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1ère mise en ligne et dernière modification le 26 juin 2020
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