Il est remarquable qu’une goutte d’eau suffit à troubler le regard. Les lignes au-dessus d’un quai perdent de leur netteté, elles s’éloignent en s’effilochant, tout est soudain gris dans le bleu, les vies deviennent parallèles, il pleut sur le souvenir. La pluie qui embue l’horizon se distingue pourtant à longs traits diagonaux, qui ricochent sur le sol en innombrables geysers miniatures, dont l’écume fait mousser de blanc un espace qui pourrait s’étendre, carré après carré, dans toutes les directions, indéfiniment. L’œil suit, comme sur un chemin du temps, des pavés.