ouvrir l’armoire de la chambre en grand trouver derrière d’innombrables boîtes en carton piles de linge l’écrin presque cubique recouvert en simili cuir d’un blanc terne surpiqué au fil jaune ouvrir l’écrin délicatement en sortir l’alliance morte la reposer tout aussi délicatement sur son coussin lui aussi blanc et rembourré mettre l’écrin dans le sac à main aller rue Emile Augier c’est indiqué achat-vente sur une pancarte dressée sur le trottoir devant la boutique sonner en poussant fort c’est écrit sur la porte au voyant vert franchir une première porte blindée au bruit mat puis une deuxième saluer la femme assise derrière une épaisse paroi en verre ouvrir le sac à main en retirer l’écrin l’ouvrir et jeter dans le bac d’une sorte de tiroir à glissière l’alliance morte pour que la marchande d’or s’en saisisse la pèse – même pas deux grammes – après l’avoir frottée énergiquement sur une petite pierre rectangulaire plate et noire et dure puis avoir recouvert la légère trace laissée par la poussière d’or d’un produit incolore à l’aide du petit pinceau dont on se servirait pour étaler un vernis à ongle – même pas deux grammes dit-elle quatre-vingt-six euros le gramme – je me déleste donc de ce qui n’aura pas pesé plus de deux grammes à mon doigt – même pas deux grammes d’or pendant deux décennies à peine même pas deux grammes c’est quoi deux grammes – l’équivalent de cent-soixante-douze euros me direz-vous – et le sentiment que ces même pas deux grammes d’or pesaient une tonne à mon doigt à ma main à mon bras maintenant libérés de toute poussière dorée
Un commentaire à propos de “#construire#06|Poussière d’or”
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je me disais « il y a peut-être quelque chose d’écrit dedans » mais maintenant plus moyen de savoir…