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l’état du monde ? gazeux, vous sentez ?

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voir ses jambes sous la table en verre nouvelle du bureau, comment le corps est là avec ses plis ses vaisseaux rouge vif et ce qu’on écrirait si ce n’était pas ce corps-là
la chaleur derrière les volets qui étouffe les cigales plus tard nous chanterons plus tard
les pales du ventilateur poussent l’air dans mon dos comment se fait-il que je perçoive l’air par paquet alors que les pales tournent avec la régularité d’une horloge ?
le stress que tout cet air qui souffle en permanence se transforme en facture énergétique quel est le coût du kilowatt/heures ?
comme tout semble tourner autour du refroidissement de mon corps et des tours par minute de mon ventilateur je décide qu’il est temps de quitter la pièce et me prépare à sortir, constat du temps qui a passé et si mon corps était immobile, comme savoir si je dormais ?
j’ellipse je pars au frais dans les Alpes le décor a changé les touches de mon clavier et le bureau aussi avec vue sur le jardin qui grimpe mais trop petit et trop haut le bureau je n’arrive pas a reposer mes poignets
ivresse le père ne demande plus si je prends du rosé à midi « tu veux des glaçons ? combien ? » et voilà comment terminer son verre en même temps que le café, dans le salon la finale de la marseillaise à pétanque, les gens brûlants dans la ville que je viens de laisser
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le visage de ces femmes se confond avec l’île · j’étais enfant venue de la ville je ne savais pas que la réalité pouvait revêtir autant de couleurs qu’un dessin · et ces femmes étaient là, dans leurs paréos avec leurs colliers de fleurs sous leurs cheveux noirs, l’eau était trop bleue les fruits trop rouges la pluie trop forte · une réalité autre, les pieds en bas · Tahiti Moorea Raiatea Tahaa · et tout se confondait qu’on apprend en même temps, et ce tableau d’un œil adulte venu de l’occident, le vert des plantes et le sable fin qui échappait à mes doigts de douze ans
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troublante coïncidence que la description de la table de travail de Perec puisque j’ai depuis deux jours installé mon bureau – et après des années à faire sans, table basse, table à manger, le lit, comme on s’inflige des choses parfois –
surprise car la table de travail est né après cette plaque de verre trouvée vendredi 3 juillet dans la rue – et j’avais apprécié que la personne qui en était propriétaire l’ait protégée dans du papier bulle
surprise car la plaque de verre repose sur une support métallique aussi et qui n’est autre que le stand de mon piano numérique – fiable si la charge est verticale mais beaucoup moins dès qu’un levier se crée – écrire sans s’avachir, forme et matière me le rappelleront
surprise j’avais mesuré l’objet : un mètre quarante de long pour soixante-quinze de large – notons que je dispose de cinq centimètres supplémentaires, en ferais-je usage ou pas ? – enfin épaisseur six millimètres – là Perec ne le précise pas mais quelque chose me pousse à penser que d’après les deux époques depuis lesquelles nous écrivons, la sienne serait d’une épaisseur plus grande – à moins que le départ de cette réflexion ne se fasse dans un ramassis d’idées reçues concernant nos deux époques
enfin oui la surface de ma planche de travail je la souhaite vide – si l’on exclut le clavier quatre-vingt-huit touches qui s’étire sur la partie la plus éloignée de mes bras – il fallait bien le mettre quelque part et il était là avant enfin il contribue à – je cite – « la maintenir d’aplomb »
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identifier un détail sous mes yeux que personne ne regarde et dans un flux unique sans frein et sans ponctuation écrire son interaction avec moi