1
Comment continuer sans un ange à mes côtés
2
à venir
3
Avant le livre, il y aurait le voyage. Un voyage avec pour unique objectif de vivre ce que le livre relaterait. Car, moi qui ai beaucoup voyagé, emportant mes carnets pour noter au jour le jour les idées nouvelles ainsi générées par la seule puissance du changement de décor. J’ai, chaque fois, rapporté des carnets vides de toutes pensées fulgurantes ou simplement dignes d’intérêt. Chaque fois, la joie de la découverte suffisait à combler mes journées, j’en oubliais mes carnets. Ce serait donc un livre de voyage dont le sujet serait un voyage anodin, sans aucune attente, sans enjeu. Un voyage cependant, pas question de tromper le lecteur en nommant livre de voyage la simple relation d’un trajet familier, régulier. Dans le prologue j’expliquerais ma méthode : je commencerais par un voyage sans préparation aucune, pas de carte, pas de guide, pas de modes de déplacement nécessitant une organisation préalable ou une réservation. Un voyage aléatoire, ce serait le titre. Il serait sans destination ni objectifs intermédiaires, ce serait un voyage à pied, il commencerait sur le pas de ma porte. J’aurais toutefois prévu un petit sac à dos avec un minimum vital, quelques carnets, des crayons et stylos, une bouteille d’eau, des fruits secs et un moyen de paiement. Si le voyage débute en été, des lunettes et une casquette. Si le départ à lieu en hiver, un bonnet et des gants. Dans les deux cas, l’objet indispensable sera un dé à six faces. Une seule règle : le dé guidera mes pas. Chaque embranchement sera choisit par lui à l’aide d’un jeté. Mon village est petit, très vite la distance entre deux embranchements s’allonge. Chacun des chapitres du livre présenterait à la fois, la sinuosité du trajet dont je m’attacherais à dessiner le plan de la journée sur la page de gauche, repérant les éléments notables du parcours et en regards les échanges oraux ou les rencontres, humaines et animales. Le découpage en chapitre n’est pas totalement arrêté, l’idée de clore un chapitre chaque fois que je passerais une nouvelle fois dans un lieu déjà visité me plaît assez. Peut-être en chemin en trouverais-je une autre. À la question qui ne manquera pas d’apparaître : et si l’embranchement ne possède que quatre directions ? Je répondrais simplement que je ne tiendrais pas compte des chiffres 5 et 6 et relancerais le dé. Et si l’embranchement dépasse le nombre de face ? La remarque est censée, je prendrais un deuxième dé à six faces pour les cas extrêmes. Je cheminerais ainsi au gré du hasard, laissant le sort décider de ma destination et de ma narration. Après quelques mois, ou quelques semaines, j’aurais ainsi accumulé suffisamment de matière pour mon Voyage aléatoire.
4
à venir
5
N’écrire que la moitié de ce que l’on voulait écrire ? Plutôt accumuler les extraits pour construire le monde dans lequel se déroulera le récit, même si finalement on n’en gardera que la moitié. Le décrire sous toutes ses facettes pour le faire exister et pouvoir ensuite conter.