Ici commence la suite
« Ici commence la suite » titre le magazine municipal, le premier depuis les élections de mars qui ont vu l’unique liste reconduite avec 86% des voix exprimées (et 14% de bulletins nuls). C’est un bon titre, vous trouvez ? ça sonne un peu Harlan coben : nous sommes là pour longtemps et vous n’en êtes qu’à la saison 2.
Les municipales à Lyon, vous y étiez ? vous avez suivi ? À Lyon l’ennemi c’est le vélo et celles et ceux qui montent dessus.Vous n’êtes peut-être pas sensibles au déchainement contre les écolos-gauchistes, les écolos cyclistes, la haine du vélo et de celles et ceux qu montent dessus. C’était drôle à force de rage et de mauvaise foi et un peu triste à la fin. Un candidat donné gagnant depuis septembre qui perd à la fin, un candidat qui se fait écarter par sa colistière dès avant la première réunion suite à une sombre affaire de viol sous substance non déclaré par l’intéressé pour protéger son directeur de communication (un parisien, tête de chien !). Les ennemis du vélo ont quand même gagné la métropole, les écolos ont gardé la ville, la bataille continue. Ici commence la suite. Le week-end dernier une maire a pris un arrêté pour interdire le vélo dans sa commune aux sportifs qui ne respectent ni les stop, ni le 30 à l’heure et font peur aux voitures. Elle a été contrainte de retirer l’arrêté le lendemain sous la risée des wokistes et l’amical conseil de ses troupes.
S’ausculter tous les quarts d’heure
Comme en salle de réveil, rythme cardiaque, oxygénation du sang. Coeur lyonnais ils s’appellent les nouveaux élus de la métropole, enfin ceux qui ne sont pas déjà entrés dans l’opposition à leur champion d’avant.
à suivre (comme dit Christophe) même un suicidaire, on ne le suit que toutes les demi-heures, mais promis, je vais le faire. Là, j’essaie juste de prendre date pour ne pas perdre pied
Zwischen den Jahren
S’il faut choisir, je prends celle-là. C’est une photo de Valentin Goppel, pas une peinture. Je ne connais pas de peinture qui parle du monde d’aujourd’hui.
Il y a deux filles dans les sacs de couchage, l’une debout face au fleuve, l’autre assise adossée à la voiture garée face à l’eau. Elles ont dormi dans la tente igloo qui est sur la berge. Elles viennent de se réveiller et n’ont pas l’ait très gai. Elles sont jeunes, juste l’âge d’avoir le permis et leur première voiture ou celle des parents.De l’autre côté de l’eau, la pente est boisée et retient quelques filets de brume d’un petit matin frais. Au centre de la photo, un esquif accroché à une bouée et un cygne. Au premier plan, la boite de la pizza qu’elles ont mangée la veille, le sac de sardines et le maillet de bois qui a servi à les enfoncer pour monter la tente. Simple, frontal, bien composé.
Tout le livre est consacré à des photos prises pendant le confinement de 2020. C’est triste et familier. Ça fait réfléchir.
Ruralité, territoires et autre France périphérique
Il y a des dates comme ça : 2020 en est une, où plus rien n’est pareil après.
Moi je lis pour chercher des lueurs d’espoir. Je lis ces filles qui sont nées à la campagne, y ont grandi, en sont parti et défendent la ruralité, les territoires (ce qu’on appelle aussi la France périphérique)et leurs habitants . Où du moins essaient de les comprendre, de comprendre pourquoi ils votent RN beaucoup plus que les autres, même les jeunes. Elles essaient de cerner cette fracture entre deux mondes. Une fracture qui n’est pas celle vécue par un Pierre Bergougnioux ou une Marie Hélène Lafon, mais qui reste une fracture de soi.
Elles s’appellent Lumir, Camille, Salomé, elles écrivent des livres, sont journalistes, activistes, entrepreneuses sociales, podcasteuses et postent sur Instagram tous les jours. On en reparlera.