#chroniques #06 | L’expérience se poursuit

Le monde devra trouver suffisamment de force pour s’élever, force humaine, force d’humanité

2. MANGER

Sortir la tarte aux quetches du four pour la manger ce soir – manger chaque jour à sa faim n’est pas le lot de tous dans ce monde.

Injonctions : mange, finis ton assiette, ne mange pas avec les doigts – tu peux manger le poulet avec les doigts, mange, finis ton assiette, goûte au moins avant de dire que tu n’aimes pas ! MANGE – MANGE – MANGE – manger bio – ne manger plus de saumons, plus de viandes, plus de produits acheminés en avion, plus de boites, petites boites, finir dans une boite, mourir d’avoir trop mangé !

Plaisir : A 6 mois, manger seul avec les doigts, touiller sa purée, la malaxer, la mettre en bouche, manger seul – retrouver les saveurs de l’enfance, écrire manger et se souvenir des beignets aux pommes de Rose, du nouilles maison de mon père, de la choucroute de ma mère, de la confiture de Rosalie, des tartes aux fruits qui font le régal des plus jeunes, tartes aux pommes pour mon fils, aux abricots pour ma nièce, aux myrtilles pour ma fille, aux quetches pour mon compagnon, manger chaque jour avec parcimonie, délectation, manger avec gourmandise, MANGER – MANGER – MANGER

3 Enfoui sous le sable depuis 30 ans 

Il était là assis sur son canapé, amaigri, je le rencontrais depuis un certain temps, atteint du Sida, il n’était pas en grande forme. Il m’explique ce jour-là qu’il va partir travailler assez loin et se soucie de sa femme et de sa fille qui vont rester là. Évoquant sa fillette, il me demande si elle va être placée. Perplexe, sa question reste en suspens un temps. Pourquoi pose t’il cette question ? je reste dubitative, partagée entre son allure maladive et son projet de travail, besoin d’aide ce jour-là, personne à qui demander, à lui peut-être, je n’ai pas osé… Maladroitement sans doute, je tente une réponse pour le rassurer et repart, je ne le reverrai plus.

J’ai eu le sentiment que quelque chose m’avait échappé. On m’annonce son décès, quelques jours plus tard. 

Je passe l’après-midi, au cinéma, je vois Sous le sable d’Ozon, je pleure toute la séance sur un malentendu irréparable, il m’a aidé à entendre différemment, à ne pas de comprendre trop vite, à oser poser des questions même si…

4 16 AOUT 2026  

Au bout de ma rue, je démarre au 70, quasi le bout de cette rue, une impasse, Combien sont-elles, ce matin à hurler ? Voix de femmes, de filles qui se chamaillent, qui parlent fort, sons indistincts, que font-elles de bon matin ? Au 75, ils ont fait la fête toute la nuit, bruits des enfants qui se baignent tard, la voisine suisse adore boire un petit verre de vin blanc malgré ses maux de ventre incessants, j’entends déjà la voix de son mari vieux rocker au cheveux long rassemblé par une queue de cheval, quelques bruits légers indiquent que certains sont déjà levés peut-être jamais endormis, le petit déjeuner se prépare.

Au 77, le père au premier étage et le fils à l’étage du dessus dorment encore enfouis sans doute sous leur couette, le silence s’est réinstallé, au 72, le vieux monsieur de 90 ans a déjà ouvert ses volets, il ouvre toutes les fenêtres, aère toutes les pièces avant de refermer, s’enfermer pour la journée dans la fraicheur et l’obscurité de sa maison. En face, au 79, le musicien, petit homme discret, à la sobriété heureuse, au regard tourné vers son monde, a annoncé son déménagement, il louera sa maison et ira vivre à Vennes. Au 81, il y a lui, le chauve au sourire chaleureux, formé à la gemmothérapie, et elle sa compagne, brune pétillante, couple recomposé comme ils disent, qui reçoit les gens, les femmes surtout pour leur offrir soin et bien être. Au 83, ils sont deux, lui petit, amoureux des chevaux, et l’autre grand et charpenté, au regard enfantin,  proches et amoureux, ils baladent leur petit chien en décalé pour ne pas rencontrer celui blanc et immense du 78 qui n’en ferait qu’une bouchée.

5 EXPERIMENTER

1 le noir des montagnes 

le surplomb du noir des montagnes

les nuages du surplomb du noir des montagnes  

Le blanc des nuages du surplomb du noir des montagnes

Le ciel du blanc des nuages du surplomb du noir des montagnes

Le gris du ciel du blanc des nuages du surplomb du noir

L’infini du gris du ciel du blanc des nuages du surplomb

L’immensité de l’infini du gris du ciel du blanc des nuages

L’infiniment grand de l’immensité de l’infini du gris du ciel du blanc

La dimension de l’infiniment grand de l’immensité de l’infini du gris du ciel 

La multiplicité de la dimension de l’infiniment grand de l’immensité de l’infini du gris   

  1. L’imagination du réel

L’expérience de l’imagination du réel

Les fils de l’expérience de l’imagination du réel

Les mots des fils de l’expérience de l’imagination du réel

La création des mots des fils de l’expérience de l’imagination du réel

La recherche de la création des mots des fils de l’expérience de l’imagination  

Les jeux de la recherche de la création des mots des fils de l’expérience  

Le défi des jeux de la recherche de la création des mots des fils

La ténacité du défi des jeux de la recherche de la création des mots 

La poésie de la ténacité du défi des jeux de la recherche de la création

La liberté de la poésie de la ténacité du défi des jeux de la recherche

L’expression de la liberté de la poésie de la ténacité du défi des jeux 

La force de l’expression de la liberté de la poésie de la ténacité du défi

Le pouvoir de la force de l’expression de la liberté de la poésie de la ténacité

La teneur  du pouvoir de la force de l’expression de la liberté de la poésie.

A propos de Caroline Burgy

Lire, écrire, faire écrire, trois mots, marqueurs de ma vie, animatrice d'ateliers d'écriture, ils ont jalonné ma vie depuis quelques années, des rencontres avec quelques passeurs m’ont donné l’occasion de soutenir cette place avec les autres. Marguerite Duras écrivait "l'écriture c'est l'inconnu. Avant d'écrire on ne sait pas ce qu'on va écrire..." sans doute suis je portée par cette part d'inconnu à découvrir au fil du temps...

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