Le monde devra trouver suffisamment de force pour s’élever, force humaine, force d’humanité
2. MANGER
Sortir la tarte aux quetches du four pour la manger ce soir – manger chaque jour à sa faim n’est pas le lot de tous dans ce monde.
Injonctions : mange, finis ton assiette, ne mange pas avec les doigts – tu peux manger le poulet avec les doigts, mange, finis ton assiette, goûte au moins avant de dire que tu n’aimes pas ! MANGE – MANGE – MANGE – manger bio – ne manger plus de saumons, plus de viandes, plus de produits acheminés en avion, plus de boites, petites boites, finir dans une boite, mourir d’avoir trop mangé !
Plaisir : A 6 mois, manger seul avec les doigts, touiller sa purée, la malaxer, la mettre en bouche, manger seul – retrouver les saveurs de l’enfance, écrire manger et se souvenir des beignets aux pommes de Rose, du nouilles maison de mon père, de la choucroute de ma mère, de la confiture de Rosalie, des tartes aux fruits qui font le régal des plus jeunes, tartes aux pommes pour mon fils, aux abricots pour ma nièce, aux myrtilles pour ma fille, aux quetches pour mon compagnon, manger chaque jour avec parcimonie, délectation, manger avec gourmandise, MANGER – MANGER – MANGER
3 Enfoui sous le sable depuis 30 ans
Il était là assis sur son canapé, amaigri, je le rencontrais depuis un certain temps, atteint du Sida, il n’était pas en grande forme. Il m’explique ce jour-là qu’il va partir travailler assez loin et se soucie de sa femme et de sa fille qui vont rester là. Évoquant sa fillette, il me demande si elle va être placée. Perplexe, sa question reste en suspens un temps. Pourquoi pose t’il cette question ? je reste dubitative, partagée entre son allure maladive et son projet de travail, besoin d’aide ce jour-là, personne à qui demander, à lui peut-être, je n’ai pas osé… Maladroitement sans doute, je tente une réponse pour le rassurer et repart, je ne le reverrai plus.
J’ai eu le sentiment que quelque chose m’avait échappé. On m’annonce son décès, quelques jours plus tard.
Je passe l’après-midi, au cinéma, je vois Sous le sable d’Ozon, je pleure toute la séance sur un malentendu irréparable, il m’a aidé à entendre différemment, à ne pas de comprendre trop vite, à oser poser des questions même si…
4 16 AOUT 2026
Au bout de ma rue, je démarre au 70, quasi le bout de cette rue, une impasse, Combien sont-elles, ce matin à hurler ? Voix de femmes, de filles qui se chamaillent, qui parlent fort, sons indistincts, que font-elles de bon matin ? Au 75, ils ont fait la fête toute la nuit, bruits des enfants qui se baignent tard, la voisine suisse adore boire un petit verre de vin blanc malgré ses maux de ventre incessants, j’entends déjà la voix de son mari vieux rocker au cheveux long rassemblé par une queue de cheval, quelques bruits légers indiquent que certains sont déjà levés peut-être jamais endormis, le petit déjeuner se prépare.
Au 77, le père au premier étage et le fils à l’étage du dessus dorment encore enfouis sans doute sous leur couette, le silence s’est réinstallé, au 72, le vieux monsieur de 90 ans a déjà ouvert ses volets, il ouvre toutes les fenêtres, aère toutes les pièces avant de refermer, s’enfermer pour la journée dans la fraicheur et l’obscurité de sa maison. En face, au 79, le musicien, petit homme discret, à la sobriété heureuse, au regard tourné vers son monde, a annoncé son déménagement, il louera sa maison et ira vivre à Vennes. Au 81, il y a lui, le chauve au sourire chaleureux, formé à la gemmothérapie, et elle sa compagne, brune pétillante, couple recomposé comme ils disent, qui reçoit les gens, les femmes surtout pour leur offrir soin et bien être. Au 83, ils sont deux, lui petit, amoureux des chevaux, et l’autre grand et charpenté, au regard enfantin, proches et amoureux, ils baladent leur petit chien en décalé pour ne pas rencontrer celui blanc et immense du 78 qui n’en ferait qu’une bouchée.
5 EXPERIMENTER
1 le noir des montagnes
le surplomb du noir des montagnes
les nuages du surplomb du noir des montagnes
Le blanc des nuages du surplomb du noir des montagnes
Le ciel du blanc des nuages du surplomb du noir des montagnes
Le gris du ciel du blanc des nuages du surplomb du noir
L’infini du gris du ciel du blanc des nuages du surplomb
L’immensité de l’infini du gris du ciel du blanc des nuages
L’infiniment grand de l’immensité de l’infini du gris du ciel du blanc
La dimension de l’infiniment grand de l’immensité de l’infini du gris du ciel
La multiplicité de la dimension de l’infiniment grand de l’immensité de l’infini du gris
- L’imagination du réel
L’expérience de l’imagination du réel
Les fils de l’expérience de l’imagination du réel
Les mots des fils de l’expérience de l’imagination du réel
La création des mots des fils de l’expérience de l’imagination du réel
La recherche de la création des mots des fils de l’expérience de l’imagination
Les jeux de la recherche de la création des mots des fils de l’expérience
Le défi des jeux de la recherche de la création des mots des fils
La ténacité du défi des jeux de la recherche de la création des mots
La poésie de la ténacité du défi des jeux de la recherche de la création
La liberté de la poésie de la ténacité du défi des jeux de la recherche
L’expression de la liberté de la poésie de la ténacité du défi des jeux
La force de l’expression de la liberté de la poésie de la ténacité du défi
Le pouvoir de la force de l’expression de la liberté de la poésie de la ténacité
La teneur du pouvoir de la force de l’expression de la liberté de la poésie.
C’est très réussi, Caroline, merci beaucoup !
Merci à vous