1
Je me préfère à celle que je rêvais d’être.
2
Je lui aurai dit : » Je crois qu’on a bien parlé. Je n’étais pas en colère, je n’avais pas. peur, j’étais calme et posée. J’ai pu tranquillement dire ma pensée, sans accroc. Mais maintenant, je me demande si j’aurai du lui dire tout cela. Je l’ai vu être touché, bouleversé par les phrases que je prononçais. Et comme je faisais attention à mes mots, je n’ai pas de suite observé ce changement. J’aurai peut-être dû le regarder en parlant. Mais les mots voulaient s’exprimer, creuser en l’autre et laisser une trace. Je sentais que ce que je disais avait une portée mais je ne pensais pas qu’elle serait si importante à ses yeux. Je trouvais même naturel que les choses soient ainsi et qu’elles puissent être avouées. Et je le pense toujours. Et je ne le regrette pas. Mais quelque chose me dit qu’il n’était peut-être pas prêt à entendre. Que je venais de briser une illusion, un rêve. Mais il voulait en parler alors je l’ai fait. Mais je n’aurai peut-être pas dû. Qu’est-ce que tu en penses toi ? (…) «
3
Elle fait comme si elle n’était pas qu’un petit point de l’univers qui criait sans écho, elle fait comme si elle voyait en chacun des êtres un coeur rouge saignant qui attendait de battre, elle fait comme si tout le temps, quelque part, quelqu’un pensait à elle, elle fait comme si elle était protégée par une entité mystérieuse et que jamais elle ne finirait sur un trottoir à tendre la main, elle fait comme si un jour, tout allait apparaître clairement à la conscience collective et se transformer radicalement en quelque chose de plus doux, elle fait comme si ses pensées étaient tellement fortes que la vie pouvait l’entendre, elle fait comme si son amour allait vivre éternellement et qu’ils s’éteindraient ensemble, elle fait comme si les arbres, les animaux et les insectes se parlaient mais se taisaient devant les hommes, elle fait comme si un jour ou la veille ou deux jours avant, elle se lèverait, comprendrait que c’est le dernier et saurait exactement quoi faire et penser.
4
A chaque fois que j’écris, je me rencontre.
Non que je me perde en n’écrivant pas mais, lorsque je me mets en relation avec les mots, je suis profondément au plus proche de moi-même. L’acte d’écrire m’oblige à arrêter mon corps, mon rythme et à me poser dans l’écoute de ce qui est et de ce qui surgit. Je sais qu’il me faut ralentir pour ne pas écrire à côté de moi-même. Je dois aussi veiller à ce que mon écriture traverse le coeur et quelques organes sinon mon esprit cherche à plaire, mon mot devient séduction et tout devient mensonge. Est-ce que j’écris pour moi ou pour les autres ? Ceci est une question que je n’arrive jamais à résoudre et que je ne suis même pas certaine de comprendre. J’écris parce que les mots doivent être dits. Et parce que la clarté de mon écriture surgit plus forte que lorsque je parle. Comme si parler m’était trop rapide. Je n’ai pas le temps de penser, de peser mes syllabes et d’ingurgiter mes verbes. Mais parfois, je parle et je le regrette car mes mots me dépassent à vive allure. Lorsque j’écris, je peux mieux m’entendre.
5
Nous étions là les pieds dans des bottes en caoutchouc à tracer des chemins dans les champs coupés à ras du sol, le ciel gris au dessus de nos têtes et l’horizon envahi de nuages. Nous étions là à deviser comme nous le faisions depuis la veille, en prenant soin de nos mots pour ne pas froisser ou de n’être pas bien entendu de l’autre, lorsque nous entrâmes dans un petit bois sans trop de charme. Les feuilles ni d’été ni d’automne semblaient mortes au bout des branches flétries, quelques mouchoirs de papier trainaient lamentablement à terre et des miradors de chasse trônaient violemment. Je commençais à regretter la promenade lorsque le bois se transforma au fur et à mesure de nos pas. Le chemin s’agrandit faisant place à une véritable allée où quelques menus rayons de lumière traversèrent le paysage, le vert des arbres semblaient avoir résisté à la chaleur de juillet et j’aperçus, non loin de là, un chevreuil magnifique qui se mit à bondir, à l’instar d’un danseur de ballet, avant de disparaitre en quelques micro-secondes. A cet instant précis, vint dans mon crâne, les mots de Khalil Gibran » Il y a un moment où les mots s’usent. Et le silence commence à raconter » et l’air se fit lentement plus doux jusqu’à la fin de l’après-midi.
Tout est magnifique, Clarence, merci.
J’aime toutes les rubriques! Et quelques phrases vont me rester en mémoire:
« Je me préfère à celle que je rêvais d’être. »
« Elle fait comme si elle n’était pas qu’un petit point de l’univers qui criait sans écho »
« A chaque fois que j’écris, je me rencontre. »
« Lorsque j’écris, je peux mieux m’entendre. » et la phrase de Khalil Gibran…Merci!
« Je me préfère à celle que je rêvais d’être. » (merci)
« A chaque fois que j’écris, je me rencontre. »
« elle fait comme si ses pensées étaient tellement fortes que la vie pouvait l’entendre, elle fait comme si son amour allait vivre éternellement et qu’ils s’éteindraient ensemble, elle fait comme si les arbres, les animaux et les insectes se parlaient mais se taisaient devant les hommes, elle fait comme si un jour ou la veille ou deux jours avant, elle se lèverait, comprendrait que c’est le dernier et saurait exactement quoi faire et penser. »magie, rêver encore
« Lorsque j’écris, je peux mieux m’entendre. »
» Il y a un moment où les mots s’usent. Et le silence commence à raconter » merci Clarence
Merci pour cette aventure en 5 que je n’ai pas tout à fait apprivoisée encore et qui m’accompagne dans mes marches