Je suis si divisé que je ne sais pas quel est le chemin à prendre
2 Absurde
Il m’a dit, par écrit, envoyé un court sms, une phrase dont je ne me souviens plus, ne me souviens pas de l’avoir dit ! il me l’a reproché, ne m’a plus parlé pendant plusieurs années, confirmé, affirmé, convaincu qu’il avait raison, une phrase que j’aurais dit à une autre, dont je ne me souviens plus, ne suis même pas sûre de l’avoir dite.
3 Elle fait comme si…
Elle fait comme si elle était une vieille dame seule au monde sans personne à qui parler, elle fait comme si personne n’était présent dans sa vie, se plaint d’être dépendante, elle fait comme si elle était abandonnée de tous, elle fait comme si elle était tellement dépendante qu’elle ne pourrait plus rien faire du tout, elle fait comme si la vie n’avait plus de raison d’être vécue, elle fait comme si tout ce qu’elle avait vécu était effacé, elle fait comme si les vieux objets liés à ses souvenirs étaient plus importants que les gens qui la soutiennent chaque jour, elle fait comme si elle allait mourir aujourd’hui.
Au milieu de la nuit, je lisais, lumière tamisée, pour ne pas déranger le dormeur d’à côté. Plongée dans le dernier livre de Yannick Haenel, je découvrais l’histoire d’un prof de français passionné de poésie, à ses débuts et je repense à une autre prof de français rencontrée en seconde.
4 Écrire l’inconnu
Éprouver le manque d’écrire, pour continuer
Attendre impatiemment les mots des autres qui vont soutenir les vôtres
Se lever à 5h du matin pour tenter de trouver les mots
Écrire au-delà de soi
J’aime tant la phrase de Duras sur l’inconnu de l’écriture
J’ai toujours aimé les mots des autres
Écrire avec modestie
Écrire pour écrire, pour voir, écrire comme parler est indispensable à ma vie
Partager pour écrire et faire écrire
Reçu par sms l’autre jour, un court texte de mon fils qui m’avait demandé si je n’avais pas une proposition…
Tenir
La main du temps qui passe
Dans l’impasse du présent qui défile
Sans retour en arrière
En équilibre sur un fil
Des instants qui s’écoulent
Debout – F.
Être avec l’enfant qui ne sait pas encore qu’un monde va s’ouvrir à lui en écrivant
5 Deux fois la 5
Je me revois récitant le dormeur du Val de Rimbaud lors d’une inauguration au lycée, essayant de me souvenir de ce poème, ce sont les vers de Victor Hugo qui surgissent « Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin, de venir dans ma chambre un peu chaque matin. Je l’attendais comme un rayon qu’on espère… ».
Dans le train, je m’éloigne de chez moi, la brume dehors fait écho à mon état d’esprit
Dans le train, à l’arrêt, gare de Lyon, silence dans le wagon, des gens sont là assis, ils lisent leurs messages, je perçois le bruit des feuilles de papiers, des mouvements corporels, mon stylo sur la feuille s’active
Dans le train, 5h40 en route pour Paris, deux hommes parlent de météo, de la pluie qui devrait s’arrêter au milieu du voyage. Je pense à mes pratiques d’écriture, à des projets d’écriture non aboutis, je repense à cette phrase de P. Vallet « l’impossible est au commencements ».
Dans le train, je relis mon carnet dans lequel j’avais noté cette citation de R.Char « les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons « .