« Chroniques 08 » Faire ses gammes !

Je suis si divisé que je ne sais pas quel est le chemin à prendre

2 Absurde

Il m’a dit, par écrit, envoyé un court sms, une phrase dont je ne me souviens plus, ne me souviens pas de l’avoir dit ! il me l’a reproché, ne m’a plus parlé pendant plusieurs années, confirmé, affirmé, convaincu qu’il avait raison, une phrase que j’aurais dit à une autre, dont je ne me souviens plus, ne suis même pas sûre de l’avoir dite. 

3 Elle fait comme si…

Elle fait comme si elle était une vieille dame seule au monde sans personne à qui parler, elle fait comme si personne n’était présent dans sa vie, se plaint d’être dépendante, elle fait comme si elle était abandonnée de tous, elle fait comme si elle était tellement dépendante qu’elle ne pourrait plus rien faire du tout, elle fait comme si la vie n’avait plus de raison d’être vécue, elle fait comme si tout ce qu’elle avait vécu était effacé, elle fait comme si les vieux objets  liés à ses souvenirs  étaient plus importants que les gens qui la soutiennent chaque jour, elle fait comme si elle allait mourir aujourd’hui.

Au milieu de la nuit, je lisais, lumière tamisée, pour ne pas déranger le dormeur d’à côté. Plongée dans le dernier livre de Yannick Haenel, je découvrais l’histoire d’un prof de français passionné de poésie, à ses débuts et je repense à une autre prof de français rencontrée en seconde.

4 Écrire l’inconnu  

Éprouver le manque d’écrire, pour continuer

Attendre impatiemment les mots des autres qui vont soutenir les vôtres

Se lever à 5h du matin pour tenter de trouver les mots 

Écrire au-delà de soi

J’aime tant la phrase de Duras sur l’inconnu de l’écriture 

J’ai toujours aimé les mots des autres 

Écrire avec modestie 

Écrire pour écrire, pour voir, écrire comme parler est indispensable à ma vie 

Partager pour écrire et faire écrire

Reçu par sms l’autre jour, un court texte de mon fils qui m’avait demandé si je n’avais pas une proposition…

Tenir

La main du temps qui passe

Dans l’impasse du présent qui défile

Sans retour en arrière

En équilibre sur un fil 

Des instants qui s’écoulent 

Debout – F.      

Être avec l’enfant qui ne sait pas encore qu’un monde va s’ouvrir à lui en écrivant

5 Deux fois la 5

Je me revois récitant le dormeur du Val de Rimbaud lors d’une inauguration au lycée, essayant de me souvenir de ce poème, ce sont les vers de Victor Hugo qui surgissent « Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin, de venir dans ma chambre un peu chaque matin. Je l’attendais comme un rayon qu’on espère… »

Dans le train, je m’éloigne de chez moi, la brume dehors fait écho à mon état d’esprit

Dans le train, à l’arrêt, gare de Lyon, silence dans le wagon, des gens sont là assis, ils lisent leurs messages, je perçois le bruit des feuilles de papiers, des mouvements corporels, mon stylo sur la feuille s’active

Dans le train, 5h40 en route pour Paris, deux hommes parlent de météo, de la pluie qui devrait s’arrêter au milieu du voyage. Je pense à mes pratiques d’écriture, à des projets d’écriture non aboutis, je repense à cette phrase de P. Vallet « l’impossible est au commencements ».

Dans le train, je relis mon carnet dans lequel j’avais noté cette citation de R.Char « les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons « .

A propos de Caroline Burgy

Lire, écrire, faire écrire, trois mots, marqueurs de ma vie, animatrice d'ateliers d'écriture, ils ont jalonné ma vie depuis quelques années, des rencontres avec quelques passeurs m’ont donné l’occasion de soutenir cette place avec les autres. Marguerite Duras écrivait "l'écriture c'est l'inconnu. Avant d'écrire on ne sait pas ce qu'on va écrire..." sans doute suis je portée par cette part d'inconnu à découvrir au fil du temps...

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