arts de la fiction #1 | Lumière du matin

Je suis sur un vélo, c’est le matin. Il n’y a pas d’effort à faire, ça descend. La route oblique légèrement à droite et par esprit de contradiction je regarde à gauche. Un champ jauni par le soleil surplombé par un gros bâtiment cubique en béton. Une ruine qui a le charme d’un poteau électrique, gardée par de grands oiseaux. Peut-être faudrait-il accélérer. La route s’incline un peu plus pour m’aider. Je suis sillonné par des courants d’air. J’aimerais voler, il faudrait pédaler vers le haut. Pourquoi pas après tout. D’autres semblent avoir eu la même idée. Nous faisons la course vers des nuages qui noircissent à vue d’oeil. De l’autre côté il y aura de nouveau un grand soleil. Je me fraie un chemin entre deux masses grises. Le vent souffle fort maintenant et je reçois de l’eau. Pour prendre de la vitesse, je roule sur un nuage étonnament rugueux. Mon vélo s’enfonce dans un sillon qui devient un couloir. Je suis dans un labyrinthe. Avec de la volonté j’y arriverai, j’accélère, droite gauche gauche droite. Enfin la lumière, je sors ! Mais surprise, je sors du gros bâtiment cubique, je suis ébloui par un grand soleil, l’orage a disparu. C’est ce que je voulais mais je voulais y arriver à travers les nuages, pas en passant par le bâtiment ……………………………………………………….

Je roule sur un nuage dans lequel je m’enfonce comme dans un matelas à eau. A travers le nuage, qui est effectivement rempli d’eau, je vois des poissons qui vont et viennent. Il va pleuvoir des sardines. Si je n’y prends pas garde, peut-être qu’il va aussi pleuvoir des cyclistes. Je décide de prendre une grande respiration pour remonter tout seul à la surface mais l’eau se précipite dans mon nez. Je suis obligé de couper ma respiration et de nager vers le haut. Des algues s’enroulent autour de mes pieds

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Les poissons qui vont et viennent me regardent aussi. Ils sont effrayants. Cela grouille comme une colonie répugnante de scolopendres aquatiques. Pourtant je dois monter sur l’un d’eux pour qu’il me mène vers le haut. J’avance une main mais trois d’entre eux se jettent dessus pour la dévorer. Il faut feinter et les prendre de vitesse. Si j’utilise mes mains comme des nageoires, je pourrai me faufiler rapidement vers le haut.

J’arrive enfin au soleil mais son éclat est désagréable. J’oublie tout. Je ne sais plus. Je ne sais plus………………………………………..

A propos de Joachim Revol-Tissot

Surtout musicien mais aussi rat - conteur - de bibliothèque.

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