J’entre dans ma ville,
mais ce n’est pas ma ville,
c’est une ville vide, les yeux collés aux fenêtres,
suivant badauds et passants
traversant, s’arrêtant, se faufilant par les allées sans issue,
par « La rue des trois demeures », une seule est éclairée,
l’hôpital de jour, c’est frappant, le gardien s’est endormi
j’entre dans ma ville, mais ce n’est pas ma ville,
« La rue du Val de la Belle » court son chemin jusqu’au bout de la route
le fossé, le bois, le pont de l’écluse,
Evadée, je suis
J’entre dans ma ville,
elle a l’odeur de pluie,
des feuilles rousses tombent et s’ennuient
J’entre dans la ville sans savoir comment,
au loin le clocher de l’église, des tuiles grises,
caravanes, fourgons et camping-car
vont, à la file indienne, pour habiter le premier champ venu, au milieu des fleurs sauvages et des herbes hautes, les uns ont coupé le contact, les autres ont arrêté de grogner, tapis dans le foin.
Dans les premières lueurs de l’aube, des hommes, des femmes debout ont manifesté,
sur leur pancarte « vas-t-en ce n’est pas ta ville !»,
mais, un champ, sans eau, ni électricité, ni maison, ce n’est pas une ville…
Alors je marcherai à travers la ville
contre tous les vents mauvais, les inimitiés, les injustices
j’irai par la « rue des rosiers », « des marronniers », « de traverse de rochers »,
à grandes enjambées pour réclamer un bout de champ
et y poser ma toile, mon cirque, ma destinée.
Que demander, sinon l’hospitalité sur de l’herbe déséchée, abandonnée au frimas et au givre.
Alors je bondirai à travers la ville en mille habits d’espoir,
en conteur d’histoires. contre les déferlantes de haines,
de violences assassines.
Puis je marcherai, là-bas, vers la seule,
et nous nous rencontrerons
Regarder ma ville du haut d’un pont
pour les observer tous, un à un,
minuscules rampants, allant venant, poussant leur bousier
renversés, pattes en l‘air.
regarder du haut d’un pont,
herbes, champs, villes, pays, continents, mers et océans
d’en haut, une fois, et, pour toutes les autres,
guetter l’asphyxie des forêts brûlantes
le brouillard fumant des montagnes d’immondices,
odeurs nauséabondes,
regarder les villes du haut d’un pont, très haut,
jusqu’à percer les nuages d’oxygène,
et redescendre doucement,
se poser
et d’un coup, reverdir les champs de feuilles rousses.
ai tenté l ‘expérience vertigineuse de « cette maquette à monter », j ‘espère que vous vous y retrouverez, car il manque surement des pièces…
Et bien moi, je trouve que tu t’en es très bien sortie. Tu as trouvé le moyen de rester dans ton histoire, tu ne nous as pas perdus. Tes versets sont pleins de poésie;
« et redescendre doucement /se poser / et d’un coup, reverdir les champs de feuilles rousses. »
Merci pour cette fin optimiste.
merci Emilie de ton retour et j ai hâte de te lire !!!
je me suis complètement laissée prendre et porter dans ton ciel… et quel souffle, quel voyage…
et tu sais, je te donnerai un bout de champ pour te poser
merci Carole de m’insuffler tout l’élan nécessaire….
merci de ta lecture Françoise, allez ,prends de l ‘élan et fait nous découvrir les villes de ton univers… hâte de te lire
et merci, pour ta proposition, dès que les vents me seront favorables, je viendrait me poser délicatement vers chez toi sans troubler ta tranquillité…
Deux dans quatre, c’est ainsi que je reçois le texte. Il y a bien les quatre parties proposées pour ce #06 mais l’ensemble me fait faire une sorte d’aller-retour, donc quelque chose en deux parties. Un aller rythmé par le refrain « mais ce n’est pas ma ville » et un retour où les choses se précisent et se précisent même de façon inespérée…
je ne sais pas pourquoi , tu trouveras mon commentaire à ta lecture , plus bas …
Merci pour cette traversée poétique d’une ville qui n’est pas la tienne, vertigineuse du haut d’un pont… et c’est amusant, la mienne aussi était vide quand j’y suis entrée, et celle allée et venue entre la ville et les champs, les fleurs, les herbes hautes, un sujet récurrent chez moi, aussi
merci Catherine, plaisir partagé donc! je vais vite aller te lire…
merci Phillippe , on ne perçoit pas toujours l’effet produit de son texte, car en écrivant chacun d’eux je les ai associés à des personnages différents, mais ils forment aussi des familles de personnages par leur appartenance à des groupes différents, ou leur destin commun.
merci de cette fine analyse, tous ces échanges font avancer …merci merci