A propos de Dominique Estampes Paillard

Un jour, j’évoquerai l’ici et l’ailleurs de mon existence, j’écrirai ma fascination pour le silence des mots, je dénoncerai l’emprise de mes gènes sur les terres lointaines, je dévoilerai mon doute quotidien, j’évoquerai l’élégance de ma ville de « bord de l’eau » et encore plus mon coup de foudre pour NY, je partagerai ma passion pour l’image, la photographie, je rigolerai devant mes grains de folie, je révèlerai les nuits blanches à écrire, à lire, je dénoncerai le manque de souvenirs de ma ville natale, Casablanca, je ferai la liste de tout ce qui aurait dû, de tout ce qui aurait pu, mais encore plus de tout ce qui a été tout en me délectant du présent. Un jour, peut-être. https://unmondeauboutdurivage.com https://www.instagram.com/hoalen64/?hl=fr

#construire #03 | celle qui tua l’idée du collage

Elle relit les pages écrites ce matin et observe le collage présent sur les premières pages du livre ancien. L’ensemble ne se tient pas. Le collage lui apparaît médiocre, le texte bizarre. Ça ne lui ressemble pas. Elle ne comprend pas comment elle a fait pour s’être autant égarée. Tout recommencer, c’est ce à quoi elle doit s’atteler. Éviter de Continuer la lecture#construire #03 | celle qui tua l’idée du collage

#construire #02 | bâtir un nom

Jules Leeds, pourquoi ne s’appellerait-il pas ainsi ? Imaginer sans trop de fantaisie que Jules Leeds habite à Leeds. Mais lequel ? Leeds dans le nord de l’Angleterre ou bien aux États-Unis, Leeds dans le Maine, Leeds dans l’État de New York, Leeds dans l’Alabama, Leeds dans l’Utah ou Leeds dans le Nord Dakota. Leeds en Angleterre, le premier de la liste, Continuer la lecture#construire #02 | bâtir un nom

#construire #01 | «ça a débuté comme ça»

Ça a commencé comme ça, une photographie en couleur découpée dans un journal puis collée sur la première page de l’introduction d’un livre ancien récupéré dans une boîte à lire. Située à la droite d’une reproduction d’un buste de Shakespeare, voué lui-même à disparaître sous un autre collage, cette photographie semble symboliser le début de quelque chose. Dans l’exécution de Continuer la lecture#construire #01 | «ça a débuté comme ça»

#rectoverso #06 | quelle triste affaire

RECTO Sur le devant de la façade du 17 rue du temps qui passe, une pancarte « À vendre ». Ma montre affiche 10 heures 08. J’attends. J’attends un couple de trentenaires en retard au rendez-vous fixé la veille. Des mots me reviennent à la mémoire, envie de se fixer, stabilité de vie, télétravail, adopter un chien, vie sédentaire, sécurité, etc. Je ne rêve que d’ailleurs. Partir… Partir Continuer la lecture#rectoverso #06 | quelle triste affaire

#rectoverso #05 | de l’autre côté de la clôture

RECTO Fin des années 60, apprendre au tournant d’une conversation entre adultes la vente de la maison de Moissac a été un déchirement. C’était MA maison, celle qui m’avait recueillie lors de mon premier séjour en France après ma naissance. Je ne le savais pas encore, mais elle incarnait ce lien particulier avec mes origines que je découvrirai plus tard. Continuer la lecture#rectoverso #05 | de l’autre côté de la clôture

#rectoverso #04 | celle, là-bas

RECTO Ce désir intense de creuser dans ma mémoire. Te retrouver ma terre natale. Répondre à un appel inscrit dans la mémoire de la chair. Rechercher ces traces enfouies dans un souvenir trop lointain, absorbé par la mémoire inexistante d’un début de vie. Il est écrit sur mon acte de naissance née à Casablanca. Ce mot, je n’ai cessé de le Continuer la lecture#rectoverso #04 | celle, là-bas

#rectoverso #03 | le ferry du lendemain

RECTO Il y a le vent dans tes cheveux, sauvage et parfumé. J’aime me souvenir de cet instant. Il y a cette côte dessinée à l’encre de Chine, puis aquarellée. Carte trouvée dans une brocante un matin, sur le port. Il y a ce cri dans la nuit, glaçant. Il y a cet horizon imprenable. Chaque jour, il défie ma Continuer la lecture#rectoverso #03 | le ferry du lendemain

#rectoverso #02 | ombre solitaire

RECTO à ce stade de la nuit, plus rien n’existe. Les réverbères municipaux se sont éteints et la nuit glisse sur la ville jusqu’à engloutir la moindre lumière résistante. Je retiens mon souffle. Peu à peu, mes yeux s’habituent à l’obscurité. De la fenêtre de la chambre, j’aperçois un chat ramper le long du mur d’en face. Ombre solitaire sans Continuer la lecture#rectoverso #02 | ombre solitaire

#rectoverso #01 | un été en travaux

RECTO Une banderole déployée à l’entrée de la plus longue rue piétonne d’Europe. Elle annonce une nouvelle édition de la braderie d’été, du jeudi 17 au samedi 19 juillet. Déjà une foule incroyable qui laisse présager un engorgement d’ici quelques jours. Piétinements, coude à coude. Yeux hagards et souffle court. Les potentiels clients malmenés par des températures incontrôlables défiant le Continuer la lecture#rectoverso #01 | un été en travaux

#été2023 #04 | c’est le dehors qu’elle observe

Elle marche pieds nus sur le carrelage froid. Elle entend les voix familières, elles viennent du salon où la famille échange sur les années passées à Dakar, à Casa, sur le présent, les terres familiales depuis de nombreuses décennies, sur la récolte de fruits précoce cette année. Mets tes chaussons, tu vas attraper du mal. Dans l’entrée, le piano. On Continuer la lecture#été2023 #04 | c’est le dehors qu’elle observe