
Archives des auteurs : Lisa DIEZ
#40jours #03 | Camille Claudel, un centre
Abritant les anciens avec leurs noms d’arbres, les fous avec leurs noms de fous, les structures spécialisées sont aussi des centres avec un grand C : CMP, CMPP, CREHAB, CH, CHU… Camille Claudel avec deux grand C est un nom de centre avec un grand C, centre de jour surtout, 20 rue Gaudichaud par exemple, non loin du centre commercial Continuer la lecture#40jours #03 | Camille Claudel, un centre
#40jours #02 | tombent les nuits
Au long des années 80, le motif se répète, lancinant, je me revois tracer quatre lignes sur la page horizontale pour séparer les étages d’un immeuble à la façade invisible. C’est (toujours) Noël car j’aime dessiner les sapins, les cadeaux, les boules du sapin, la famille toute entière réunie. C’est (toujours) le soir. J’habite alors dans une cité à Sarcelles, Continuer la lecture#40jours #02 | tombent les nuits
#40jours #01 | en se dépliant
en se dépliant son fémur claque son bassin ouvert amorce une rotation externe son nombril profond à peine enveloppé de duvet tourne son pubis ordonne l’immobilité à ses cuisses larges mais le genoux dirige le pied qui rythme le carrelage blanc sous un mollet tendu car l’autre pulse avec les seins qui dansent sous les bras les mamelons regardent à Continuer la lecture#40jours #01 | en se dépliant
#40jours #prologue | blocs rapides
l’intérieur de la station RER Châtelet les Halles lumière blanche murs carrelés sols élimés une femme blanche à droite presque floue dans son tailleur noir se dirige quelque part vers les machines elle est loin derrière un homme fatigué qui pousse son cadis rempli de coussins couvertures tas d’objets en désordre aux coins noircis il ne bouge pas il regarde Continuer la lecture#40jours #prologue | blocs rapides
transversales#05 | écrire ou rêver d’écrire
Dans ma famille, personne n’a jamais eu de bureau à soi. Je suis seule à avoir désiré un bureau, seule à avoir conquis une existence dont la condition est d’avoir un bureau. Je parle de la pièce, qui est aussi l’atelier où je dessine, brode, colle… Je parle de la table, immense. Depuis que je sais écrire j’ai une table Continuer la lecturetransversales#05 | écrire ou rêver d’écrire
vers un écrire/film #05 | les grottes n’ont pas de porte (et le chantier déborde)
soudain je veux saisir la domestique de Monet à cet instant précis où elle observe les gestes du peintre par la porte entrouverte de l’atelier, je veux saisir ce qui la saisit à cet instant précis où ses pieds évitent de faire craquer le parquet, où le pinceau mélange les couleurs onctueuses, où un rayon de soleil caresse la pièce, Continuer la lecturevers un écrire/film #05 | les grottes n’ont pas de porte (et le chantier déborde)
hors-série #impératif | la pluie ne lavera rien
Ne te calme pasNe te tais pasNe te détends pasN’écoute pasGarde les mains salesNe me fous pas la paixNe me croie pasNe m’aime pasNe me donne pas ta mainQuitte-moiN’invente rienNe demande rienNe pardonne rienNe pardonne pas les costumes en grappe sur les tapis de sang Ne pardonne pas la peur de vivre la peur de ne pas vivre la peur de Continuer la lecturehors-série #impératif | la pluie ne lavera rien
transversales #02 | écumes
Comme souvent le flic traine un tas de blessures qui génèrent chez lui addictions, éclats de colère, de chagrin, débordements, destructions, sabotages, nuits blanches. Bien sûr, c’est lui qu’on choisit pour la mission délicate. Tenu par le fil de l’enquête, il n’est qu’intuitions, sensibilités, et ses casseroles le rattrapent aux moments charnières — il est si doué qu’il doit être Continuer la lecturetransversales #02 | écumes
vers un écrire/film #04 | corps, espace, bascule
