A propos de Patrick B.

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##gestes&usages #04 | d’un seuil à l’autre.

Cette proposition 4 me tanne. Dix fois que je recommence. Mais rien. C’est désolant. La difficulté se situe dans l’obstination pavlovienne de ce dialogue intérieur à s’interposer entre les petites choses et mon regard.. Alors qu’à l’origine, c’est très simple. L’idée est simple comme bonjour. Encore que bonjour ne soit pas toujours si simple qu’on le pense. Bref. Le marcheur Continuer la lecture##gestes&usages #04 | d’un seuil à l’autre.

#gestes&usages #03 | chez le coiffeur

Je suis chez le coiffeur, peut-être celui qui est à l’angle de la rue du Puits sans Tour, assis sur ce drôle de fauteuil. Le jeune type, ce n’est pas le patron, mais un nouvel employé. Il ne parle pas français, il ne sourit pas non plus. Tant mieux. Il appuie sur une pédale pour relever le fauteuil, et attrape Continuer la lecture#gestes&usages #03 | chez le coiffeur

#gestes&usages #02 | La barre fixe.

De l’âge de 12 ans à 15 ans, il est pensionnaire dans le privé. L’institution Saint-Stanislas, à Osny, près de Pontoise. Une sorte de château avec un grand parc et un petit bief, la Viosne. Au milieu du parc un bassin circulaire rempli d’eau et, juste à côté des installations sportives de plein air. Il regarde les grands évoluer à la Continuer la lecture#gestes&usages #02 | La barre fixe.

#gestes&usages #01 | Ernaux, à cause de la couleur

A cause de la couleur cette année là— 1975— une couleur chaude entre l’orange la terre de Sienne l’ocre et toutes nuances, tons, valeurs se heurtant, s’épousant et se heurtant encore —au froid bleu du ciel, aux reflets de turquoise de la mer vineuse— mais qui ne sont pas plus désormais qu’ une photographie jaunie semblable à toutes ces autres Continuer la lecture#gestes&usages #01 | Ernaux, à cause de la couleur

#enfances#09 | quelques chambres

Ce n’est pas un rectangle, pas un carré, pas un cercle, c’est un polygone, si l’on suit la plinthe celle-ci se brise en segments consécutifs, avec, à chaque changement de direction, des angles plus ou moins aigus ou obtus.Un grand lit, placé au milieu d’un mur car on ne pouvait pas le placer dans un coin, aucun coin convenable ne Continuer la lecture#enfances#09 | quelques chambres

#enfances #08 | trois moments en suspens

Pendant que grand-père s’enferme dans la chambre pour faire la sieste, grand-mère fait la vaisselle, range la cuisine, puis elle vient à la salle à manger, baisse le son de la télévision et dit : Puis, sans attendre de réponse, elle ouvre le bas du buffet et prend le jeu, une grosse boite en bois qui lorsqu’on l’ouvre d’un côté présente Continuer la lecture#enfances #08 | trois moments en suspens

#enfances #07 | chambres à air

Avant que je n’oublie son nom de la même façon que j’ai oublié son visage, sa voix, sa corpulence, son odeur, et, pour en arriver à lui ou à elle, à cet objet fascinant tant il recèle encore de potentiel pour fabriquer toujours, au sein de l’ennui, une diversion, cet objet si insignifiant pour mon entourage à cette période de Continuer la lecture#enfances #07 | chambres à air

#enfances #06 | Des voix fantômes à présent

Peu assurée, mais parfois tout de même oui , dans sa volonté de fermeté surtout et qui doit lui couter beaucoup, la voix de ma mère. Les intentions souvent contradictoires de celle-ci. Si différente en présence des autres, ou quand elle veut nous gronder, nous rappeler les règles, que lorsqu’elle s’ approche du lit, son visage tendu vers un front, Continuer la lecture#enfances #06 | Des voix fantômes à présent

#enfances #05 | Liste de merveilles dans l’enfance

Le rai de lumière, la porte de la chambre qui s’ouvre, sa silhouette, c’est elle. Et le bisou du soir sur le front, la joue ; ce baiser qui rend invulnérable pour traverser la nuit, rejoindre l’aube prochaine. Tout ce qui surgit de l’ombre en pleine lumière et doucement le fil de vierge qui passe lentement au dessus de toutes Continuer la lecture#enfances #05 | Liste de merveilles dans l’enfance

#enfances #04 | Terrassé par la fièvre

Le mot «terrassé» provient certainement d’un de ces livres de contes dont j’étais extrêmement friand entre 7 et 9 neufs ans. Le héros s’y retrouve toujours terrassé par les épreuves. Et quand j’essaie de me figurer ce mot c’est un espace plat recouvert de pierres plates, de planches, tout à fait comme on peut se figurer une véritable terrasse. Chose Continuer la lecture#enfances #04 | Terrassé par la fièvre