A propos de Pascale Sablonnières

photographe et professeure dans une école d'arts plastiques, j'écris. j'écris en lien ou pas avec des œuvres visuelles, ou avec ce qui se passe ou ne se passe pas. https://dungesteverslautre.blogspot.com/ http://www.pascale-sablonnieres.fr/

#photofictions #05 | Vous et moi

Vous et moi entrons dans un temple, le Centre d’art contemporain, présentant une exposition de photographies. Sur l’affiche de « Vous et moi » un visage en gros plan, à demi effacé, presque lépreux. Noir et blanc. Cauchemar en perspective. Vous n’avez lu aucune critique, moi non plus. L’artiste exposant, prometteur et soutenu, lauréat de la Villa Médicis. Vous et moi Continuer la lecture#photofictions #05 | Vous et moi

#photofictions #04 | l’homme assis

Si je faisais des photos de lui, dans son fauteuil roulant devant ce mur peint débordant de couleurs, je m’assiérais sur un tabouret. Pour être à sa hauteur, même si je suis petite. Debout il serait bien trop grand, je serais encore plus petite. D’ailleurs peut-il se tenir debout ? Alors il serait callé sur le dossier de son fauteuil, comme Continuer la lecture#photofictions #04 | l’homme assis

#photofiction# 03 | Elle

Elle Je fais comme si. Pas pour elle, pour moi-même. Je ne fais rien, comme si je ne la percevais pas. Je prends cette liberté d’être. Rester les yeux fermés, les membres stagnants. Comme si elle n’était pas présente. Je ne sais pas si je veux encore d’elle. Pourtant j’existe surtout à travers elle, dans son désir de moi. Son Continuer la lecture#photofiction# 03 | Elle

#photofictions #02 | Partie pour rester

D’abord le contexte général “ Partie pour rester “. Ça aurait été le titre d’un voyage immobile. Le titre d’un moment, ou plutôt d’un ensemble de petites séries de photos représentant, en pointillé, mon séjour à Novis. Ça aurait été durant un confinement. Avant de partir, j’aurais pu projeter de rester longtemps, sans limite dans la durée, dans cette maison Continuer la lecture#photofictions #02 | Partie pour rester

#photofictions #01 | l’arbre noir

DESCRIPTION Photo de format carré, en couleur, nette. Les 9/10 de la photo sont occupés par la représentation d’une façade de maison rustique, ancienne et basse. La façade, un mur, est photographiée presque frontalement, mais pas tout à fait. La ligne de fuite est très réduite. Il n’y a quasi pas de perspective sur cette photo. Cette façade, un mur Continuer la lecture#photofictions #01 | l’arbre noir

#40 jours#40# Comme un sommaire

Que dissimule l’éminemment, le trop visible ? Qu’y a t-il derrière moi? Qu’y a t-il sous la trappe ? Qu’éclipse le premier plan? Que cache la porte fermée ? Sur quoi donne la dernière des portes de l’enfilade? Où mène de jouer au passe muraille ? Qu’y a t-il sous les couches du palimpseste ? Poursuivre jusqu’à buter. Pourquoi imaginer l’intérieur des plis de la vie des Continuer la lecture#40 jours#40# Comme un sommaire

#40jours #39 | Champagne

Les bulles pétillaient encore. Quelques fonds de champagne dans les flûtes posées sur la table basse. Peut-être de moins en moins de bulles, mais assez pour moi, lors de cette fin de soirée, dans ce salon, d’où les adultes s’étaient éloignés. Sensée m’être endormie dans la chambre des enfants, aux lits superposés. Ce soir-là chez le couple d’amis de mes Continuer la lecture#40jours #39 | Champagne

#40jours #double | aimer marcher ou lire

J’aime marcher, surtout l’été, sur les sentiers escarpés de montagne. Particulièrement sur les lignes de crêtes, là où les rapaces, ailes grandes ouvertes, planent, portés par les courants. Spirale ample, lente. Je les admire. Je suis leur vol. J’aime l’immensité du ciel pur, m’enveloppant, le vent chaud, sec et doux, étirant les nuages légers et hauts. À mes pieds, sur Continuer la lecture#40jours #double | aimer marcher ou lire

#40jours #38 | flux avec sans reflux

En 2011, des instances politiques décident de la mise en place du Grand Paris, développant nombre de projets reliant entres elles les proches, lointaines banlieues et la capitale. Prévisions de flux et reflux. Pour les parisiens, le Boulevard Périphérique, plus de 10 ans plus tard, ceinture toujours leur Ville. Frontière étanche, tranchée bruyante, où circulent en permanence en triple voie Continuer la lecture#40jours #38 | flux avec sans reflux

#40jours#37# Bleus

Je ne comprends pas. Je ne me comprends pas. Je n’aime pas le bleu et pourtant je viens voir, revoir, encore et toujours, tel un pèlerinage esthétique, le « Triptyque Bleu I, Bleu II, Bleu III » de Joan Miro. Sans doute n’y a t-il rien à comprendre, rien à décider, rien à choisir, seulement à accepter. Vivre cette attraction, cette histoire Continuer la lecture#40jours#37# Bleus