A propos de Ugo Pandolfi

Journalist and writer based in the island of Corsica (France) N 42° 46' 0.12'' E 9° 26' 59.999’’ • son blog Ugo Pandolfi Scriptor

#anthologie #26 | anéchoïque

pas longtemps et pas dans le noir | seul dans la chambre sourde de Château-Gombert on ne l’est pas | on ne l’est plus | un autre de moi occupe tout l’espace, tout le volume de la chambre calme | bruit sourd, lourd | je suis lui, je m’entends, sans échos | les dièdres disposés sur toutes les parois absorbent Continuer la lecture#anthologie #26 | anéchoïque

#anthologie #25 | artefact

A l’autopsie, la puanteur du cadavre d’un mort en odeur de sainteté demande autant d’huile de menthe poivrée sous le nez que le cadavre d’un mécréant. Dans les rues passantes de nos jours les odeurs de pains au chocolat et de croissants sont des illusions : les boutiques de viennoiseries sont désormais équipées de diffuseurs d’odeurs attirantes. Une société parisienne Continuer la lecture#anthologie #25 | artefact

#anthologie #24 | gens qui mangent

Quelque part dans ma tête tout était parti des images du premier volet de la trilogie inquiète de Godfrey Reggio. Depuis Koyaanisqatsi je n’ai jamais pu manger dans un lieu public sans fixer mon regard sur la bouche, les dents, les gestes des gens qui mangent, portent la nourriture à leur bouche, mordent, arrachent, mâchent, avalent. Souvent une folle envie Continuer la lecture#anthologie #24 | gens qui mangent

#anthologie #23 | stationnements réglementés

Qu’attendiez vous ? Des miracles, des machineries, des monstres, des sources, des œuvres, du beau, du sale, du généreux, du sordide ? Tout cela n’est pas en dessous. Tout cela est au niveau zéro où l’on reste parce qu’il n’y a pas d’ascenseur, ni d’escaliers. Parce qu’il n’y a rien en dessous. Rien de rien. C’est pour cela que tout Continuer la lecture#anthologie #23 | stationnements réglementés

#anthologie #22 | quand le soleil est encore

au bout de l’allée, entre un figuier qui n’a que des feuilles et un mur de vignes et de chèvrefeuilles emmêlées, le mur de pierres finissant dans l’eau du bassin, elle est là sur le rebord où le soleil est encore, dans le silence d’après le bain; je la vois comme quand elle avance, seule, intrépide, libre sur les pistes Continuer la lecture#anthologie #22 | quand le soleil est encore

#anthologie #21 | paratexte et bad pages

je ne saurai jamais pourquoi Sherlock Holmes, cet ami véritable dont la compagnie me manque, s’est érigé en juge et transformé en bourreau. J’ai été son complice. J’emporterai avec moi ce lourd secret. Pourquoi avons-nous assassiné les frères Moriartini ? Pour éviter, certes, cette humiliation à la justice d’être une nouvelle fois un jeu d’escrime illusoire contre le crime (1). Mais mon Continuer la lecture#anthologie #21 | paratexte et bad pages

#anthologie #20 | dans l’œil de toi

dans ta main, le très gros plan de l’un de tes yeux, ton attente que nos caméras soient éteintes, ton sourire malin à décrire ce que tu vois dans l’œil de toi, vieil homme aux cheveux blancs qui va mourir. je bois le vin que tu nous offres. je veux suivre avec toi les fils d’un tissus de Rembrandt, comprendre Continuer la lecture#anthologie #20 | dans l’œil de toi

#anthologie #19 | après sapiens

Avec la brume, les nuages et la mer, les scénographes italiens mentent parfois pour faire croire qu’il n’y a pas d’îles à l’horizon. Longtemps, bien longtemps après la disparition de sapiens, l’image mensonge d’un horizon sans terre devient réalité. La brume, les nuages, les mers, les océans me font donc voir ce qu’il advient.

#anthologie #18 | mal les yeux

Rollei B 35 Le plus petit des boitiers n’échappent pas aux yeux des gardes du corps de l’homme qui sort d’une Mercedes immatriculée à Naples. Les dockers de la CGT protègent ma fuite. La photo sera publiée. Yashika 635 Toutes brulées, une par une, au bord d’une route, dans une grande boite métallique de biscuits. Elle ne voulait pas que Continuer la lecture#anthologie #18 | mal les yeux

#anthologie #17 | mon ami, mon complice

je ne saurai jamais pourquoi Sherlock Holmes, cet ami véritable dont la compagnie me manque, s’est érigé en juge et transformé en bourreau. J’ai été son complice. J’emporterai avec moi ce lourd secret. Pourquoi avons-nous assassiné les frères Moriartini ? Pour éviter, certes, cette humiliation à la justice d’être une nouvelle fois un jeu d’escrime illusoire contre le crime. Mais Continuer la lecture#anthologie #17 | mon ami, mon complice