#anthologie #37| Quand je vois ce que je vois…

JE VIS… une jeune fille s’asseoir en face de moi, les yeux baissés, ayant un peu de mal à respirer. Aller chercher un verre d’eau, le poser devant elle. Elle avait déposé son manteau sur le siège à côté, dégagé ses cheveux longs en arrière, et avala tout, d’un coup sec. Lui proposer de prendre son temps pour me dire Continuer la lecture#anthologie #37| Quand je vois ce que je vois…

#anthologie #37 | vision(s)

Je vis la promesse de la mer de Libye au sortir de la gorge de Samaria et le beau visage de la vieille marchande de bouquets d’origan. Elle demandait quelques drachmes de plus pour se laisser photographier. Un seul dans notre groupe fit semblant de ne pas comprendre et lui vola son image. Sur le bateau, il prit cher, entre Continuer la lecture#anthologie #37 | vision(s)

#anthologie #19 | toutes les images disparaîtront

sa silhouette s’éloignant vers le potager suivie par le chat se frottant à ses jambes, cueillant fraises et mirabelles, ramassant les œufs, apportant une feuille de salade aux poules, retenant le tout dans un pli de son tablier les feuilles de tilleul étendues sur un grand drap blanc au grenier attendant de sécher avant de remplir les bocaux Le Parfait Continuer la lecture#anthologie #19 | toutes les images disparaîtront

#anthologie #37 | Je vis d’autres choses et d’autres encore se préparaient à être vues

Je vis Jane Pierny sur l’affiche de Champignol, puis en photo, puis en vrai. D’abord, je l’ai vue sur l’affiche, placardée sur le mur du théâtre. Ça faisait une mise en abyme qui me fascinait. Au rez-de-chaussée de chez madame Vial, la façade affichait en travers, sur toute la largeur du théâtre, THÉÂTRE DES NOUVEAUTÉS. Au centre, au-dessus de la colonne Continuer la lecture#anthologie #37 | Je vis d’autres choses et d’autres encore se préparaient à être vues

#anthologie #36 | sur scène

« Toute forme n’est qu’un moment d’équilibre dans le jeu des rythmes dont le mouvement constitue partout toutes les formes, toute la vie. » Jean Epstein Et une nuit passa, une nuit orageuse, des éclairs que l’on aurait cru au ralenti tant il y en avait, il faisait jour. Il était sur scène et jouait son rôle. Devant des visages qu’il ne Continuer la lecture#anthologie #36 | sur scène

# Anthologie # 22 | les dinosaures de la rue de Paris

 Ils sont trois, trois immeubles en briques rouges face au RER de part et d’autre de la rue qui enjambe la voie en direction de l’autoroute, de l’autre côté, une rampe descend vers le pont qui enjambe la Marne. Ils sont trois dont deux dégoulinent le long de cette rampe, et là depuis toujours, du moins depuis qu’ils se sont Continuer la lecture# Anthologie # 22 | les dinosaures de la rue de Paris

 #anthologie #22 |La maison qui n’existe plus 

La première fois que je me souviens de cette maison, c’était en pleine nuit. On n’avait pas eu de bus à Rome. En arrivant de Thionville le soir, on arrivait à Rome le matin. Et on prenait le bus. Ce jour-là on avait attendu le bus, puis on avait dû prendre un autre train. Quand on est arrivés à Paganica, Continuer la lecture #anthologie #22 |La maison qui n’existe plus 

#anthologie #22 | Jour de gloire

Le Belvedere est à dix minutes de chez moi. De mon chez moi d’antan. Il y a tout ce que j’aime. Un parc sauvage, des allées civilisées, des fontaines, des escaliers, un palais et des musées.  A chaque visite, il faut que j’y aille. Sinon il y a comme un manque. La vue à travers le portail en fer forgé. Continuer la lecture#anthologie #22 | Jour de gloire

#anthologie #36 | au ralenti

Dans l’après-midi finissante, il marche, à travers les prés fauchés, épaules basses, cheveux détachés, d’abord attentif aux insectes – carabes dorés, sauterelles, criquets – comme s’il fallait fixer son attention sur quelque chose pour rester dans la réalité, son pas s’allonge, un souvenir l’assaille, sa jambe gauche fléchit légèrement, on pourrait croire qu’il va tomber, sa silhouette se désarticule dans Continuer la lecture#anthologie #36 | au ralenti

#anthologie #37 | Que d’histoires.

Je vis la pluie tomber drue violente sur le sol mouillé, pleurer sur le sol bitumé, s’écraser sur le sol boueux, laver à grandes eaux la ville et la forêt, décrasser les empreintes humaines, les salissures, les insectes collés, les papiers oubliés, pluie amie, tremper les toits des maisons, les carreaux des fenêtres, les tuiles glissantes, la sueur des murs, Continuer la lecture#anthologie #37 | Que d’histoires.