Le portail

 Un portail en fer, sur rail unique, très lourd à manier, avec ce bruit significatif de roulements qui se termine par  un claquement final vif, quand il est ouvert, un claquement sourd quand il est fermé, diffusion de bruits métalliques, assourdis, huilés, une forge rythmée/ roulements silence/roulements silence/roulements silence/ distance électrique, le mur du son. Des arabesques en fer forgé, Continuer la lectureLe portail

volubilis

Un fil électrique couleur cuivre s’introduit dans la deuxième tige et arrive probablement jusqu’au culot où l’on a introduit l’ampoule ordinaire. Çà doit être un culot à baïonnette puisque l’éclairage fonctionne. Le volubilis herbacé – annuelle de la famille des convolvulaeae, originaire du Mexique, végétation exubérante, grandes fleurs en entonnoir. Nom scientifique : ipomoea purpurea (ipomée) sous-classe : asteridae sous-règne : tracheobiontos ordre : Continuer la lecturevolubilis

Ô toi ronce artificielle

Seize centimètres de fil de fer rouillé. Deux fils entortillés à pointes perpendiculaires. Ronce artificielle imaginée d’après la tige du roncier, ton nom vernaculaire « ronce » vient du latin rumex, rumicis qui signifie « dard ». Un jour, on a fabriqué des pointes torsadées sur un fil de fer avec, pour les maintenir en place, un autre fil enroulé autour de ces dernières. Continuer la lectureÔ toi ronce artificielle

Stylo Safety Waterman plume rétractable 1908-2

Histoire d’un stylo. La compagnie Waterman a été créée en 1884. Elle est une des dernières encore en activité parmi les entreprises pionnières des stylo-plumes à réservoir (avec Parker, Sheaffer…). En anglais: Fountain pen. Stylo-plume pour stylo-fontaine, fontaine je ne boirai plus de ton encre dans laquelle j’ai trempé ma plume. Un stylo fontaine pour s’y abreuver de mots qui Continuer la lectureStylo Safety Waterman plume rétractable 1908-2

CROCHET TOIT



Il retient une ardoise au bord du toit, près de la gouttière. Un parmi d’autres, celui qu’on ne verrait pas sans un point de rouille à l’attache. Pointillé vertical qui dépasse en bas,  au milieu de l’ardoise, parmi d’autres pointillés bien rangés sur la longueur. Partie émergée de l’idée, de l’invention ingénieuse et nécessaire : en forme de petit saxophone dont le son serait la force de porter un petit morceau de temps rectangulaire.  Contributeur dans la couverture, signe de ponctuation incognito, entre ciel et terre, au-dessus des corps réfugiés à l’intérieur, ou des passants au-dehors, petit lien métallique entre volige et extérieur, squelette et ailleurs. Une pointe de solidité dans le grand désordre. Le  martellement dont il a fait l’objet quand le couvreur musicien du toit l’a fixé à l’endroit voulu, a laissé des traces invisibles : écho d’un galop régulier dans la lumière déclinante, ou petits pas des gouttes de pluie sur le toit. Répercussions.  S’il pouvait parler, il dirait la résistance au milieu de la tempête, la patience équitablement répartie entre tous les crochets, minuscule peuple des hauteurs scellant un pacte de protection. Il ne parlerait pas de ce qu’il voit, là où il est : rue qui descend vers les ombrages et lointain, habitant la douceur du gris-bleu dans le nid montagneux des ardoisières.  C’est de là que  vient la plaque grisée qu’il porte au-dessus de la mêlée, celle qu’il  maintient en pleine immobilité, poignée serrant fort le rectangle d’un carton à dessin qui est lui-même dessin parmi les dessins bien accrochés  formant en silence le toit.  

#03 La bougie

1. C’est d’abord la lumière. Sa fonction première. Son heure de gloire rencontre la nuit, partage l’obscur. Cire muette. Mais tant de mots entendus, de phrases murmurées. Conciliabules. Soliloques. C’est ça, les loques à venir. Celles de la cire qui fond. Blanche, en l’occurrence. Être de mèche avec la flamme et éteindre la peur. Je brûle de vous revoir demain. Continuer la lecture#03 La bougie

5 FOIS SUR UN…FÉTICHE ( ? ). Suite.

2. Offert par petit-fils.Heureux. Argent de poche. Léger à la main. Nécessaire dans un sac, une poche, sur une table, un bureau. Il est ma tête. Combien de pages noircies! pour fixer, garder. Dés que j’en vois un je le saisis, je prends, touche. un mince cylindre de quatorze cm. tout droit. Absent de certaines maisons, tout plastique un peu Continuer la lecture5 FOIS SUR UN…FÉTICHE ( ? ). Suite.

La frontière

C’est un mur de peu qui sépare le terrain de l’immeuble de la fin des années 70 où nous vivons d’une grande et belle cour pavée en surplomb, flanquée de deux bâtisses du début du XIX ème siècle, fermée sur le faubourg par un immeuble ouvrier de l’ère Haussmann. C’est une frontière composite entre deux siècles, un mur enduit de Continuer la lectureLa frontière