SEMAINE 1
1 – UN MONDE QUI HESITE ENTRE DECIDER CHOISIR ET LAISSER VENIR PEUT TOURNER EN ROND LONGTEMPS
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3 – la nuit il fait nuit. elle a quitté le lit pour le salon. le vent décolle lentement une feuille du carnet ouvert. entre deux moments sans sommeil il y a eu le rêve du père dont le crane explosé rejoint et se confond avec l’humus de la terre. le vent passe entre les cordes et produit un petit son. les yeux qui ne dorment pas se posent sur tous les objets qu’il aurait fallu ranger. une tasse vide, des livres empilés, des fils et des câbles, un stylo, un carnet, le couteau. une minute passe. une autre. le type de la cassette de relaxation dit qu’il faut lâcher la respiration d’avant, ne pas penser à celle d’après, c’est la respiration présente qui est la plus importante. et celle là. et celle là. et celle là. et celle là. et celle là. et celle là. et celle là. et celle là. et celle là. et celle là. et celle là.
on jure que l’on n’a pas dormi mais enfin le jour vient et on sait que la voix du type de la cassette de relaxation s’est arrêtée un moment dans la nuit sans que l’on sache pour autant dire à quel moment.
4 – chantier en cours – exercices à moi même : amplification.
Protocole :relire un extrait déjà écrit – prendre une phrase qui ouvre quelque chose – en faire un déclencheur pour écrire plus, pour amplifier
Extrait du chapitre Histoires de la Lune
« parfois il valait mieux anticiper ce dont le vide peut rendre les hommes capables. »
=> inventer la liste de faits divers foireux ayant eu lieu à cet endroit durant les dernières années :
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5 – anima
à chaque fois qu’elle avait mis un pied chez la vieille, elle avait comme ouvert un œil plus grand sur ce qui trainait là. Comme si la première fois, lors de la première visite, on était tellement sidéré par le personnage que le reste des informations devait rester loin, à la marge, en périphérie de ce qui se passait ici. et pourtant chacune des foutues babioles qui composaient le décors avait une incidence sur le fait qu’on se sentait ici comme nul par ailleurs et qu’on avait surtout envie que la visite ne dure pas trop. avant ce jour où elle avait pris conscience que les gros bocaux de verres posés derrière le canapé étaient en fait rempli de longs serpents couleurs de terre, elle s’était souvent dit qu’elle comprenait qu’ayant grandi avec une femme comme ça, Z. n’ai pu devenir autre chose que ce qu’il était devenu. un fou qui avait fini par disparaitre. quand l’œil enfin avait accepté l’idée des serpents, ceux -ci avaient comme pris toute la place, d’abord dans les bocaux, puis dans la pièce, contaminant les murs de leur couleur craquelée, fixant leurs yeux jaunes au fond de la rétine, et faisant glisser comme un froid le long du bras alors même qu’ils ne quittaient pas les parois de verre pourtant ouvertes qui les contenaient.