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Je me réveille dans la nuit, pas tout à fait. J’évite l’heure, elle figure le jour, ses rythmes, ses preuves. Quelque chose en moi continue de dormir et de veiller autrement. Comme on habite une frontière sans choisir sa terre. Je ne connais que la vie sur les bords. Tenir dans l’entre-deux, dormir réveillée. L’alerte molle. Et j’écris parfois sans crayon ni page, l’errance des mains sur les draps, sur le presque noir. Je ne me lève pas, je me promets de m’en souvenir au matin. Je suis réveillée endormie et les mots viennent, faciles presque donnés. Sans yeux pour me lire, sans dictionnaire à questionner. Il manque ces voix anonymes qui jugent, ralentissent les phrases. J’écris parfois la nuit, c’est simple : je suis seule et je ne suis pas là.
c’est beau Gracia cette idée de l’insomnie comme un entre deux qui ne choisit pas, merci pour cette image là !
merci Line, peut-être à force de me sentir dans l’entre deux pays, langue… merci à toi
Merci Gracia pour le partage de ton insomnie. C’est tout à fait ça, cet entre-deux, ni vraiment endormie ni vraiment éveillée…
merci Catherine pour ta lecture !
« Comme on habite une frontière sans choisir sa terre. Je ne connais que la vie sur les bords. »
tellement touchée par ces deux phrases, gracia. cette idée d’habiter une frontière sans l’avoir choisi me questionne. je me sens toujours tiraillée par différentes frontières présentent en moi. je n’ose imaginer comment tu vis la tienne. merci pour ces mots qui résonnent /raisonnent fort en moi.
merci Dominique pour ta sensibilité et ces échos