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Je me réveille dans la nuit, pas tout à fait. J’évite l’heure. L’heure figure le jour, ses rythmes, ses preuves. Quelque chose en moi continue de dormir, veille autrement. Comme on habite une frontière sans choisir sa terre. Je ne connais que la vie sur les bords. Ni dormir ni me lever : tenir dans l’entre-deux, lignes posées l’une sur l’autre, sans qu’aucune ne cède. Je dors encore, alerte à l’intérieur. Et j’écris parfois. Sans crayon ni page, l’errance des mains sur les draps, sur le presque noir. Je ne me lève pas, je me promets de m’en souvenir au matin. Je suis réveillée endormie et les mots viennent, faciles presque donnés. Sans yeux pour me lire, sans dictionnaire à questionner. Il manque ces voix anonymes qui jugent, ralentissent les phrases. J’écris parfois la nuit, c’est simple : je suis seule et je ne suis pas là.