20-06-26
Décompensation d’un pied plat
Ça sent la bolognaise – la sauce – en bas de chez moi. Certains disent que la bolognaise – la sauce – n’existe pas.
Avis de la Justice de Paix, collé sur la porte d’entrée d’une maison située boulevard Émile de Laveleye, entre la librairie et la fleuristerie : Suite au décès de l’occupante…
Il n’y a ni date, ni jour, ni heure, le papier est jauni. Justice et paix, quoi d’autre ?
Je bois un vin blanc Pecorino – joli compromis entre Chardonnay et Sauvignon – à la terrasse du Président. La serveuse en chef critique l’organisation des horaires de service, décausant au passage, en termes peu amènes, l’une ou l’autre de ses collègues. Il fait chaud mais ça sent le tilleul.
À la table voisine, il y a sur une chaise un sac à main avec un chihuahua dedans : Elle ne marche plus parce que à 35° il en fait 40 au sol. On marchera ce soir, hein Chouchou ? À une autre table un client parle de son intestin noué qui a empêché le gastro-entérologue d’y aller voir jusqu’au bout. À chacun son appréciation de la discrétion.
J’ai parfois l’impression, malgré moi, d’être un ouïeur. Il n’y a pas d’heure pour les ouïeurs.
Je téléphone à J. pour prendre des nouvelles de M., elles ne sont pas bonnes. La température élevée fluidifie l’encre de mon Bic, pas encore mon écriture.
Avenue Reine Élisabeth, je m’arrête pour la première fois chez Les Petits Producteurs, attiré par la mise en vitrine d’une recette de soupe au céleri vert et persil plat, j’achète ce qu’il faut pour. Ça me fait repenser au diagnostic – ironique ? – d’un rhumatologue consulté pour des douleurs au pied droit … Il y a quelque chose mais je ne vois rien : Décompensation d’un pied plat. Cela ferait un beau titre pour une aventure d’Édouard Polders. Avec le risque que cela devienne chronique ?