1.1 | DU MONDE
« Un monde qui s’écroule » est une suite de mots ordonnés dans une certaine langue à usage humain.
1.2| LE RÉEL, LE RÉEL, ENCORE LE RÉEL
10/07/2026 11h12 carrefour Chaumont sur Loire
J’ai réussi à trouver un peu d’ombre en surplomb du carrefour, passant, mais moins que d’habitude. Un camping-car en quarante-quatre monte la rampe du château. Le feu rouge pour en descendre. Une voiture arrive sonorement. Ah, non…un van avec sa pub en carrosserie, plein de plots rouge et blanc en logos. Un panneau pour l’entrée du château à gauche. Un camion-citerne « jetransporte.com » Loralait. La petite maison juste après le feu en face de l’entrée du château a toujours été « potentielle ». Dommage qu’il y ait un énième propriétaire-récoltant seulement.
1.3 | DE L’INTERIEUR
Une phrase :
« Mais qu’est-ce que c’est?»
10/07/2026, 7h26
Cette fois c’est carrément dans son rêve qu’elle est venue s’insinuer pour la réveiller. D’habitude, elle a au moins l’obligeance d’attendre qu’el ouvre un œil, voire les deux, avant de lui décoller les peaux. Juste le temps qu’un œil ou les deux absorbe-nt un peu du noir de la chambre, de l’absence de séparation entre le mental et le physique, c’est là qu’elle frappe le plus efficacement. Une image ou un mot d’abord ? Ni l’un, ni l’autre. Ou ça dépend. Et donc il doit y avoir quelque chose avant l’apparition du mot ou de l’image. Mais qu’est-ce que c’est ? Cette unité d’information minimale qui finit toujours par trouver une forme à lui donner à mâcher pendant qu’elle continue son chemin à l’intérieur ? quel besoin biologique l’a fait naître là, dans son corps à el, alors qu’el dormait ? les repères physiques sont invariables : suées, sensations de froid internes par membres, parfois dents qui poussent. Il y a quelque chose à l’intérieur qui n’y était pas à l’origine. Avec les années, el a au moins appris à s’isoler le mieux possible pour ne pas laisser ce liquide se répandre sur un Autre dans l’immédiateté de son expérience, mais n’aura de cesse de la faire apparaître d’une manière ou d’une autre dans l’œil, l’oreille, le nez, etc. de l’autre dans la simple perspective de ne pas être se sentir coupée des autres, seule face à cet ennemi de l’intérieur.
1.4 | FULGURE DU JOUR, BONJOUR

Quand je est arrivé-ent là…comme chaque un, je a eu l’étrange impression de découvrir un endroit tout en ayant l’intime conviction de reconnaître un envers. Comme si monter les trois marches qui menaient à cette terrasse équivalait à signer un contrat avec l’espace-temps, d’être à la fois spectateur et acteur d’un imaginaire réel. Je n’avait heureusement pas le courage d’en avoir tout-à-fait conscience, ce qui lui permit d’accepter ce contrat en parfaite inconscience. On y mange, promet la pancarte, des produits locaux cuisinés sur place. Et déjà cette étrange impression que la nourriture débordera gaiement de tout contenant. Pour les plus cultivables, l’accroche se fera par le faux-marbre, autrement appelé stuc, datant de 1910 et fait rénover par la locataire du lieu depuis dix-sept saisons maintenant. Pour d’autres, ce sera la collection de magazine parlant de Gestes qui sera l’entrée la plus évidente, surtout s’ils retrouvent l’article à l’intérieur qui parle de leur propre travail. Et pour d’autres encore, d’autres encore. Il semble que ce lieu offre autant de point d’entrées que d’yeux qui en cherchent un.Je essaye depuis lointemps de trouver l’équation exacte pour mettre en évidence les qualités intrinsèques de cet endroit/envers, et je n’en a jamais été aussi proche qu’en s’en éloignant un peu, pour trouver la distance nécessaire à la retranscription des perspectives potentielles. Je a du se noyer dans ses propres nœuds avant qu’il se défassent d’eux-mêmes. Et toucher du bout de la conscience ce qui fait non pas sens, mais suspension du besoin d’en trouver un.
1.5| BUTTER FLY OR NOT BUTTER FLY?
Des papillons. Je n’en ai jamais vu autant que cette année dans le jardin que j’ai enfin eu le temps et l’espace d’entretenir un peu. Des petits blancs, ceux-là j’en avais déjà vu, mais pas autant que cette année. L’un de ceux dont je me souviens le plus, virevoltait devant ma chaise de camping aux motifs orangés des années soixante-dix, et je voyais la féline s’approchait tout doucement, j’attendais la rencontre pleine d’émerveillement de cette vision simple quand elle ouvrit la bouche et le goba d’un coup. Depuis, le spetits blancs, je les vois comme des crackers pour félins. Et c’est en y repensant que je me suis demandé si la féline n’avait plus d’anglicitude que sa servitante…Des oranges à tâches symétriques, dont j’aime ne pas connaître le nom et ne pas avoir capturé en photos pour me forcer un peu la mémoire. Je me souviens d’un bleuté, le plus beau que j’y ai vu, il avait des couleurs irisées et est resté presque une minute avant de s’enfuir. Jusqu’à ce matin et Blanche, triomphante : « c’est la première fois que je vois un papillon sphinx dans le jardin ! ». Celui-là, je ne l’ai pas vu, mais je la crois, elle, sur parole.
Attirée par le 1, j’ai lu la suite et ai beaucoup aimé. Superbe dissection du rêve et l’étrangeté de la Fulgure du jour… Ces papillons blancs, je réalise que j’en ai aussi vu beaucoup cette année mais aucun gobé par un félin de passage