1-
Comment va le monde ?
Les mondes tu veux dire ? Et une terre porte.
3-
On a cette façon, parcourir les lignes de droite à gauche comme d’écrire le monde dans la langue inversée, la première. On se souvient de ça : corps qui tourne à droite, s’arrête. Ce tableau surgi, hauteur inattendue. Il est là. Elle est là plutôt, une femme dedans. Se sentir petit. Plus petit, moins vivant que le crâne entre ses mains. On ne l’a pas vue, on n’a pas eu le temps de se séparer, debout à part devant une toile. On en fait partie. On est son profil perdu dans le peu de lumière, contre l’humilité d’une bougie. Tourner à droite, tomber en larmes, surprendre nos larmes tombées. On n’est pas là. Sans tristesse, sans émerveillement. Une sortie du réel, du temps. De la peau. Et nous fait face l’oublié de soi. Nos larmes, seule matière connue. Le tout immobile, comme agi. Une apparition peut-être. On ne se demande pas si on est athée après une enfance baignée de religion. On est pris par une présence ni humaine ni divine. Une sorte d’humanité sans soi.